Une crise identitaire . Les élections générales hier ont donné une faible majorité à la gauche, sanctionné la droite et porté l’extrême-droite à son niveau le plus haut dans l'histoire de la Suède. 12,7% soit 49 députés.

Le logement, les privatisations et l'immigration sont les thèmes qui ont animé la campagne.

On a voté en Suède
On a voté en Suède © / CTC

Voilà désormais Stefan Löfven, ancien syndicaliste et ouvrier, nommé à la tête du gouvernement. Mais ce premier ministre dispose aussi d'une faible majorité. Avec 31,3% des voix, les sociaux démocrates doivent composer avec les verts et le parti de gauche pour former un gouvernement et disposer d'une majorité solide au Parlement. Problème, les trois formations se sont présentées aux élections sans programme commun et avec des divergences qu'il faudra effacer.

Le centre droit paie ses privatisations excessives dans l'éducation et la santé, et ses accords avec des fonds de pension douteux pour gérer des secteurs publics. Qui plus est, en période de crise, personne n'a évoqué l'inquiétude de l'immigration. 80 000 arrivants annoncés cette année avec un chômage à la hausse.

Pour séduire un plus grand nombre, le discours de l'extrême-droite sur l'immigration s'est adouci. Comme le sujet était tabou dans la campagne, il était facile d'arguer quela Suède n'avait pas vocation à accueillir la misère du monde pendant que les autres pays européens développent une politique de dissuasion.

Mais surtout, l'extrême-droite a surfé sur le social et les effets désastreux des privatisations d'écoles ou de maisons de retraites, sans compter le scandale des personnes âges maltraitées dans les établissements.

Nous ne sommes pas à un paradoxe près. En prétendant défendre le sacro-saint modèle suédois d'une société solidaire et tolérante (alors qu'elle fustige les immigrés), l’Extrême -droite a doublé son score en quatre ans. De 5,8 à 12,7%. Troisième force politique du pays, les Démocrates de Suède jouent désormais un rôle d'arbitre sur l'échiquier politique.

Entretien avec Johan Tollgerdt, journaliste, correspondant suédois free-lance en France

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