Les Nations-Unies en passe de ratifier un traité sur le commerce des armes /// Porter une arme est toujours aussi facile aux Etats-Unis, le Sénat ne complique pas les conditions d'obtention /// Enquête sur la disparition d'un journaliste, JPK , il y a 15 ans en Polynésie. Et autour de cette affaire, des histoires de corruption, détournement, abus de pouvoir, et financement occulte.

Aux armes etc

Historique. L'Assemblée Générale des Nations Unies a adopté à une large majorité le premier traité sur le commerce international des armes conventionnelles , un marché de 70 milliards de dollars par an.

Pour parler des arrêtés de cette résolution, imparfaite, mais qui a le mérite d'exister, Zobel Behalal, qui suit ces questions depuis des années pour le CCFD (Comité Catholique contre la Faim et pour le Developpement). En tant qu'observateur de cette ONG au siège new yorkais des Nations Unies, Zobel Behalal pointe les avancées et les faiblesses de cette résolution. Un sujet essentiel mais qui ne bénéficie pas d'une couverture médiatique.

Le texte ainsi adopté, impose à chaque pays signataire, "qui exporte du matériel d’armement à l’étranger, d’évaluer, avant toute transaction, si les armes vendues risquent d’être utilisées pour contourner un embargo international, commettre un génocide ou d’autres violations graves des droits de l’homme. "

Les Etats-Unis ont voté cette résolution. Le secrétaire d’État américain, John Kerry, a salué un traité qui « peut renforcer la sécurité internationale mais qui n’empiète pas sur la Constitution américaine garantissant le droit de posséder une arme ». C'était la condition sine qua none des USA.

Etre armé
Etre armé © / CZK

Aux USA, le Sénat blinde sa position sur le port d'armes.

Le Sénat a donc rejetté la proposition de Barak Obama d'imposer des restriction sur les armes à feu, interdire les armes d'assaut et limiter la contenance de magasins de munitions dans le commerce. Rien ne change. Un échec pourBarak Obama .

En duplex et direct de Washington , Fabienne Sintes , la correspondante de France Inter aux USA.

Au Bangladesh, les islamistes contre le reste du pays

Depuis deux mois, des millions de jeunes, mobilisés à travers blogs et réseaux sociaux, occupent régulièrement l'une des principales places deDhaka et réclame l'interdiction du principal parti islamiste,le Jamaat e islami. Les responsables de ce parti viennent d'être condamnés à mort pour des massacres perpétrés lors de la guerre d'indépendance de 1971. Ils n'avaient jamais été jugés. Ce conflit avait fait plus de 400 000 morts civils, et s'est apparenté à un génocide.

Ce procès historique a réveillé la jeunesse et les forces laïques d'un Bangladesh sous influence islamiste. Ces organisations ont fait défiler plus de 500 000 militants dans les rues de la capitale, des jeunes hommes habillés en habits blancs des musulmans traditionnels, appelant au meurtre des jeunes "athées" et des blogueurs.

Depuis deux mois les affrontements réguliers entre les deux camps ont fait cent morts.

Cette gigantesque manifestation islamiste exigeait du gouvernement des réformes extrêmes : L'enseignement islamique obligatoire jusqu'en secondaire, la séparation des garçons et des filles dans toutes les écoles, la condamnation à mort en cas de blasphème, etc...

Non seulement force politique, ce parti du Jamaat détient un empire économique, avec des banques, des hôpitaux et des universités, et reçoit beaucoup de dons des pays du Golfe. Son influence est énorme et son interdiction s'annonce difficile.

Le bras de fer ne fait que commencer. Reportage sur place deLuca Santi et ici son dossier multmedia

La Polynésie sous Gaston Flosse : affaires et disparitions mystérieuses

Le 16 décembre 1997, le journaliste Jean-Pascal Courraud dit JPK disparait.

15 ans après, le journalisteBenoit Collombat publie chez Nicolas Eybalim un livre enquête : un homme disparait. Mais l'investigation sur ce qui apparait être un assassinat politique amène l'auteur du livre à reprendre les dossiers que traitait JPK avant sa disparition.

Stelle à la mémoire de JPK
Stelle à la mémoire de JPK © Radio France / BC

C'est tout le système Gaston Flosse qui est alors disséqué et analysé.

450 pages à partir d'auditions judiciaires, de faits sourcés, d'entretiens qui mettent au grand jour des affaires de corruption, de liens étroits avec des banquiers véreux japonais, des paradis off shore, des comptes en banque où se croisent les intérêts de Gaston Flosse et Jacques Chirac. Des détournements de fonds pour financer les campagnes électorales de 1995 et 2002, un trafic d'armes avec la Corée du Sud et des abus de pouvoirs manifestes sur l'île.

Gaston Flosse recrute des anciens de la DGSE et monte une agence de renseignements (le GIP ) qui espionne tous les faits et gestes de l'île. Ce GIP n'hésite pas à monter des opérations d'intimidation et de menaces vers ceux qui enquêtent sur les affaires de Gaston Flosse.

Affaire JPK : un homme disparait
Affaire JPK : un homme disparait © Radio France / NE

Outre la disparition de JPK en 1997, à priori tabassé, amené au large et coulé avec 4 parpaings accrochés à chaque pied (version rapportée par les anciens du GIP, témoins directs et indirects), un avion disparait des écrans radars en 2002. A son bord, toute l'opposition en campagne électorale va d'île en île pour tenir des meetings. L'avion ne s'abime pas en mer. Il disparait. Jamais ne furent découvert les débris de l'appareil et les corps. Faute d'adversaire, Gaston Flosse alors qu'il était donné perdant avant la disparition de l'avion, enlève les élections.

Argent du contribuable français détourné pour corrompre hommes d'affaires et banquiers douteux, disparition mystérieuses, climat de peur, affairisme, clientelisme, trafic d'armes, financement occulte, ainsi irait le sysyème Flosse. De tels agissements en France métropolitaine provoquerait indignations et réactions en chaine, mais c'est en Polynésie, c'est loin, c'est ailleurs et l'indifférence prévaut.

Comme le souligne Jean-François Probst , ancien collaborateur de Charles Pasqua et Jacques Chirac cité par le livre, "on parle souvent de la Françafrique, mais avec les DOM-TOM, on a fait cent fois pire

Entretien avec Benoit Collombat à réecouter en podcast.

Partout Ailleurs sur franceinter.fr : Mariel Bluteau, Eric Lainé, Eric Valmir

Partout Ailleurs sur twitter : @ericvalmir

Partout Ailleurs le générique : Valentin Couineau & HerveDejardin

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.