Il y a six mois, le BJP, le parti nationaliste hindou de Narendra Modi prenait le pouvoir et succédait au Parti du Congrès miné par les affaires de corruption et son incapacité à relancer la croissance.

Aujourd'hui, les résultats économiques médiocres et des clivages politiques toujours tendus. Le premier budget a été adopté dans la douleur. Alors que les dépenses publiques doivent être maitrisées, le gouvernement lance le chantier de nouvelles infrastructures favorisant une urbanisation du pays : la création de smart cities , la construction d'aéroports dans les villes secondaires et le lancement de trains à grande vitesse. L'opposition aurait préféré des mesures sociales en faveur des plus défavorisés et un train de mesure visant à réduire les inégalités entre villes et campagnes. Les désaccords entre majorité et opposition empêchent donc toute réforme économique d'envergure qui doit passer une adhésion nationale consensuelle.

promouvoir le made in india
promouvoir le made in india © / CTC

Narendra Modi, que l'on présentait comme l'ultranationaliste était très attendu sur sa pratique du pouvoir.

Le nouveau premier ministre exerce un contrôle serré de son gouvernement et essaie de soumettre une bureaucratie corrompue.

Le Made In India est porté comme un étendard face aux influences étrangères néfastes au pays .

Les fondamentalistes font pression sur le gouvernement, le nationalisme hindou réclame une régénération morale pour réactiver une fibre nationale en perdition.

La paix sociale peut elle tenir avec desfondamentalistes qui rêvent de communautarisme ?

Quel peut être l'efficacité d'un pouvoir centralisé dans un système fédéral dominés par de puissants gouvernements locaux ? Ces partis locaux en partie responsable des campagnes de stérilisation qui ont tué et tuent encore des femmes indiennes. Ces opérations massives où des chirurgiens peuvent stériliser une centaine de femmes en six heures dans les provinces les plus reculées cherchent un impact direct sur la démographie galopante.Contre l'équivalent de 20 euros, les Indiennes qui le souhaitent sont invitées à subir une intervention. Mais les médicaments utilisés et la qualification des praticiens soulèvent la polémique. Logique, puisque la semaine dernière, 13 femmes sont mortes dans l’État de Chhattisgargh dans le centre du pays.

Pavan K.Varma
Pavan K.Varma © / CTC

Entretien avec Pavan K.Varma, ancien diplomate, ambassadeur de l'Inde au Royaume du Bouthan (2007/2012), essayiste, et aujourd'hui sénateur dans l'opposition.

Il est aussi l'auteur d'un roman qui fait dialoguer un hindouiste avec un bouddhiste sur le fil de la vie Les Falaises de Wangsisina publié chez Actes Sud.

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