Porter le sang et les larmes contre les occidentaux dans des pays où la sécurité est plus faible aux frontières et sur le territoire. La menace du groupe de l’État Islamique en ce sens n'apparaît pas comme un fait nouveau. La semaine dernière, en Australie, un réseau sur le point de perpétrer une action a été démantelé, mais surtout en Amérique du Sud, les réseaux islamistes implantés dans les années 1980, ont régulièrement frappé des cibles occidentales et israéliennes.

Carte de la drogue et du Jihad
Carte de la drogue et du Jihad © / CTC

Des réseaux fortement implantés désormais dans les pays producteurs de cocaïne, la Bolivie, la Colombie, le Vénézuela. Le trafic de drogue est la première source de financement des Jihadistes. La passerelle part directement d'Amérique du Sud pour rallier le Sahel, et l'argent récolté est blanchi avec la collaboration de banques anglo-américaines peu regardantes sur la provenance des flux.

Entretien ce soir avec Sebastian Rotella , spécialiste éminemment reconnu des questions de terrorisme international. Journaliste et écrivain,il vient de publier chez Liana Levi, Le Chant du Converti qui apporte un éclairage salutaire sur la complexité des réseaux qui se croisent à travers la planète.

Avant la chute du mur, la guerre froide dissimulait mal en souterrain des affrontements entre services secrets, avec des double et triple jeux, et des alliances contre nature. L'occident contre les communistes.

Après la chute du mur, l'opposition n'est plus Est/Ouest, mais Nord/Sud, et la relation à l'Islam sert un terreau pour les propagandistes. Partout dans le monde, et en épousant les causes révolutionnaires d'hier.

Les mêmes mécanismes régissent les coulisses. Des services secrets ou des nations puissantes qui forment et financent des réseaux jihadistes qui finissent par échapper à tout contrôle. Ensuite, l'on peut s'étonner qu'ils connaissent si bien le monde occidental et sa culture. Ils ont été, pour la plupart, éduqués ici.

Rien de mieux que la fiction pour éclairer à la fois ces nombreuses zones d'ombre où tout est fait pour entretenir la confusion et les discours de propagande qui servent un schéma clair et limpide (qui arrangent toujours les parties belligérantes). Dans son livre, Sebastian Rotella assène que les logiques binaires ne peuvent rien expliquer. Et qu'une amitié d'enfance entre un homme proche des occidentaux et un autre qui va devenir terroriste peut résister à l'horreur et au mensonge.Troublante condition humaine, comme les eaux troubles de ces dossiers

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