Les derniers américains se retirent dans les semaines qui viennent et le niveau d'insécurité grandit. Les élections de juin n'ont pas dégagé de majorité claire et un gouvernement d'union nationale aurait du être investi aujourd'hui.

Que sera l'Afghanistan demain ?

Provinces afghanes
Provinces afghanes © / CTC

Tout était prêt pour la cérémonie d'investiture aujourd'hui. Le Dr Abdullah Abdullah , ex-chef de la diplomatie, et l'ancien économiste de la Banque mondiale Ashraf Ghani avient donné leur aval à la formation d'un gouvernement d'union nationale et se s'étaient engagés à coopérer au nouveau dépouillement des huit millions de bulletins pour dissiper les soupçons de fraude.

Mais les deux camps et la commission électorale craignant que le délai ne puisse être tenu, la date de la cérémonie d'investiture, repoussée une première fois, a dû l'être à nouveau.

Si elle n'est pas reportée une troisième fois, le président prendra ses fonctions à l'avant-veille du prochain sommet del'Otan, qui aura lieu les 4 et 5 septembre à Newport, au Pays de Galles. Tout un symbole.

La Force internationale d'assistance et de sécurité (FIAS ) quitte le pays laissant derrière elle une économie ruinée par la guerre. Le taux de chomage à 80 % contraint les jeunes Afghans à travailler dans les plantations d'opium ou de se joindre aux talibans pour trouver les moyens de subvenir à ses besoins.

Les talibans avaient déposé, là aussi symboliquement les armes, mais en exploitant par le verbe le terreau de la misère et de la colère, les fondamentalistes ont repris le contrôle de plusieurs villes du sud.

Les talibans quand ils ont déposé les armes
Les talibans quand ils ont déposé les armes © / CTC

Le pays est le plus pauvre de la planète, les milliards de dollars d'aide humanitaire ont alimenté la corruption. Les infrastructures n'ont jamais vu la couleur d'un argent qui a enrichi les élites afghanes.

Dans les provinces, on assiste même à un pernicieux conflit de générations. Les grand pères qui ont combattu l'URSS, les pères qui se sont battus contre les talibans ont réussi à repousser l'envahisseur mais leurs fils qui ont grandi avec la présence occidentale et son cortège de bavures et de corruptions, montrent des signes de sympathie envers les talibans qu habilement pointe les dysfonctionnements occidentaux. Les familles se retrouvent disloquées.

Le problème de l'Afghanistan est aussi et surtout celui de la drogue. Sa production a triplé pendant la présence de l'OTAN sur le territoire afghan. L'Afghanistan est devenu, de fait, le numéro un mondial dans la production des opiacés livrés en Russie et en Europe via les pays d'Asie centrale.

Les analystes militaires reconnaissent que les profits tirés du trafic de drogue afghan sont utilisés pour financer les organisations terroristes dans la région. Celles-ci regroupent de nombreux originaires des pays d'Asie centrale. La multiplication des incidents sur la frontière afghano-turkmène en est un exemple.

Les observateurs estiment que la situation en Afghanistan pourrait se retrouver au centre des discussions du Conseil des chefs d'Etat de l'Organisation de coopération de Shanghai dont le sommet sera accueilli à l'automne par le Tadjikistan.

Sans compter que dans les écoles coraniques pakistanaises à Rawal Pindi et Karachi, les fondamentalistes ne prennent plus la peine de se cacher et oeuvrent avec la bénédiction des services secrets d'Islamabad habitués au double voire au triple jeu...

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