Outre le journalisme, la littérature et les arts en général savent porter une réalité de terrain. Pour cette dernière émission de l'année 2013, Partout Ailleurs livre une lecture de l'actualité internationale par la musique. Ce soir en Afghanistan, au Mali, en Californie, en Tunisie, en Syrie et en Allemagne. Avec en prime les découvertes de Djubaka.

L'actualité par la musique
L'actualité par la musique © / WC

La Syrie, une mère qui assiste impuissante au massacre de ses enfants

Dans "Elle va nue la liberté ", un recueil de poèmes de Maram Al Masri, l'auteur met ses vers au service de la révolution. Puisque le journalisme est muselé, voire assassiné, les reporters citoyens syriens sont abattus et les envoyés spéciaux occidentaux enlevés, la poétesse écrit une rage sourde destinée à rester à huis clos. Le cri des mères qui pleurent la perte de leurs enfants.

Dans le recueil de poèmes, les vers sont écrits en arabe sur la page de gauche et en français sur celle de droite. Reproduisant ce modèle en radio, Maram Al Masri lit à l'antenne la version arabe et la comédienne Sonya Mellah reprend ces mots en français.

Le Mali

Dans le Nord Mali, les griots portent une valeur culturelle, sociale et informative. Ils interviennent dans des veillées.

Les textes portent la mémoire d'une histoire passée, mémoire mise en corrélation avec les situations du présent. Les griots ont toujours maintenu ainsi une tradition de littérature orale que ce soit par le conte ou le chant. Dans la région de Tombouctou, les islamistes les ont chassés et persécutés l'an dernier. Depuis ils se sont réfugiés dans les rues de Bamako, la capitale au sud. Mais ici, la tradition des griots ne trouve pas le même écho. Qu'importe, ils continuent de chanter les joies et les peines.

En podcast après diffusion, le reportage de Laetitia Kretz, et ici les vidéos qu'elle a tournées au Mali.

L'Afghanistan

On a souvent comparé la musique à un vecteur de paix.Les fameuses partitions qui adoucissent le monde.

A Kaboul, ces derniers jours, cette expression fatiguée a subi un sérieux lifting. Un concert pour la paix a révélé que la notion n'était pas une vue de l'esprit mais une réalité.

Réunissant des groupes indiens et pakistanais d'un Cachemire déchiré depuis des décennies, les formations réunies ont montré la voix d'une entente qui ne relève pas de l'utopie.

Et si les déchirures et conflits ne résultaient que de gouvernants et de classes dirigeantes dont les intérêts personnels ?

Et si ces affrontements ne reflétaient pas les positions de peuples instrumentalisés par la logique de la guerre ?

C'est l'idée qui sous entend le reportage de Nicolas Ropert, notre correspondant en Afghanistan. Avec ici le groupe indien Faridkot qui interprète "Patjhad-Ek".

Généalogie d'un tube en Tunisie

Rien ne prédestinait Houmani de Mohamed Hamzaoui et Kafon à devenir un tel tube en Tunisie .

Les chansons qui portent les espoirs déçus de révolution sont nombreuses mais ne connaissent ni diffusion massive, ni succès grandiloquent.

Qui est plus est__ Houmani est chanté dans un argot des quartiers populaires de Tunis et les FM n'ont pas pour habitude de diffuser ce type de production.

Double surprise à l'arrivée et5 millions de connexions sur Youtube pour ce duo qui a l'impression de vivre comme des "détritus dans une poubelle". Un véritable hymne où toutes les générations se reconnaissent en cette fin d'année 2013. Comme le souligne le reportage de Thibault Cavailles, notre correspondant en Tunisie. Reportage disponible en podcast après la diff de l'émission.

Thibault s'est rendu sur le marché où a été tourné le clip d'Houmani

Les choix de Djubaka

Partout Ailleurs a sollicité Djubaka , programmateur musiques du monde sur France Inter , encyclopédie vivante. Ses coups de coeur en cette fin d'année.

L'hommage à Junior Murvin , mort le 2 décembre et qui laissera à la postérité un titre "Police and thieves" , repris notamment par les Clash . Un reggae porte drapeau musical des conflits sociaux qui animaient la Jamaique et que l'on retrouvait dans la communauté jamaicaine de Londres .

S'attarder sur Juana Molina "Ferocisimo " qui vient d'Argentine (elle chante l'actualité de son pays)

Et sur la scène bruxelloise avant gardiste et carrefour de toutes les cultures, Est/Ouest, Nord/Sud, avec Melani de Biasio . (une session jazz) et pour connaitre les liens entre ces artistes et l'actualité, écoutons Djubaka dans le podcast de l'émission.

Mélanie de Biasio "I'm gonna leave you "

Les rues de Los Angeles par Pharell Williams

Après lesDaft Punk et Robin Thicke , le californien de l'année Pharell Williams s'offre un tube sur mesure "Happy" , un groove funky, ôde au bonheur.

Ce clip, dans la veine du titre, met en scène 350 danseurs sur 24h. Des professionnels mais pas seulement, des portés volontaires pour venir se déhancher 3/4 minutes. On devient vite accroc du procédé. A chaque séquence, le titre dans sa durée. Puis rebelote avec d'autres danseurs et ce pendant 24 heures. Avec en guest star, Magic Johnson chez lui et Jamie Fox pas loin de la plage.

Dans ce clip signé de deux Français vivant en Californie, Pierre et Clément l'intérêt est aussi de découvrir Los Angeles avec un autre regard. Cette ville dont la connaissance se limite à Sun Set Boulevard, cette ville entièrement dédiée à la voiture se découvre à pied, à travers les improvisations chorégraphiques des uns et des autres.

A Los Angeles, le reportage de Coralie Garandeau avec les auteurs du clip, des urbanistes et des caiforniens.

Anissà Bensalah

Carrefour indentitiaire et melting pot culturel. Anissà Bensallah , père algérien, mère brésilienne, née à Haiti est notre invitée ce soir. Elle interprète en direct live Yemenja . Anissa très marquée par le tremblement de terre qui a secoué ses terres il y a maintenant 4 ans.

Et joyeuses fêtes de fin d'année à tous.

Secret de fabrication, l'émission du 27 décembre a été enregistrée dans les conditions du direct

Partout Ailleurs sur franceinter.fr : Sarah Masson & Eric Valmir

Partout Ailleurs sur twitter : @ericvalmir

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