Entre des négociations stériles àMontreux et une situation qui empire de jour en jour sur le terrain, où en est la Syrie aujourd'hui ? Émission spéciale avec les protagonistes de la crise syrienne en marge d'un week end de rencontres à Marseille. Le MuCEM reconstitue les traits qui composent le visage fragmenté de la Syrie.

Alep en temps de guerre
Alep en temps de guerre © / WTC

Yassin al-Haj Saleh

Né à Raqqa en 1961. Il étudie la médecine à Alep quand il est arrêté en 1980. Son tort : avoir une carte au Parti Communiste Syrien. Il n'a jamais touché une arme. Nous sommes en 1980. Dans la même vague d’arrestation figure tout ce que la Syrie compte comme opposant politique au Parti dirigeant de l’Etat et de la société , en clair le clan Assad .

Yassin al-Haj Saleh
Yassin al-Haj Saleh © / WTC

Pour cette raison, il passera 16 années en prison. 11 dans une cellule au nord d’Alep. Interrogatoires et tortures.

La douzième année il est transféré à Damas, la prison d’Adra et traduit devant la Haute cour de sureté de l’Etat. Son procès ainsi que celui des 600 autres opposants est une parodie de justice. Sans avocats et sans prise de paroles, il ne peut se défendre et écope de 15 ans de prison.

Il en a purgé 13, il lui en reste 2 mais comme Yassin ne renonce pas à la politique en sortant, il purgera une année supplémentaire au bagne militaire de Palmyre. Il vivra un enfer sur lequel il ne veut pas s’étendre aujourd’hui. Les conditions effroyables de détention cherchaient à briser les individus. Yassin qualifie ce bagne plus abominable que La maison des morts de Dostoievski.

Il a 35 ans quand il sort. Depuis le début de la révolution, il est passé dans la clandestinité, toujours sans prendre les armes. Il écrit en esperant que ses articles serviront la révolution.

Charif Kiwan

"Si nous laissons la télé et les réseaux sociaux filmer tout et son contraire, on arrive à une confusion totale. Ce qui tue la révolution, c’est la confusion. Il ne faut pas donner l’impression que tous les points de vue se valent. "

Porte parole du mouvement Abou Naddar, un collectif de jeunes cinéastes syriens qui participe à la révolution en mettant en ligne chaque vendredi un court métrage d’une à cinq minutes. Cet apport à la révolution cherche à préserver une dimension cinématographique. Par l'art, donner la somme de nuances qu'il est parfois difficile d'apporter avec des vidéos brutes.

Une seule fois, le collectif a décidé de reprendre les images d'un film amateur mais en l'édulcorant pour apporter à la tragédie filmée une dignité que les Syriens ne veulent pas perdre. Ce film est intitulé Apocalypse here . Ame sensible s'abstenir

Le régime tue les caméramen qui enregistrent les soldats en train de commettre des exactions. Des réalisateurs ont payé de leur vie pour avoir filmé de simples manifestations. Le populaire Bassel Shedaheh a été tué à Homs.

Ammar Abd Rabbo

Photographe 47 ans, né à Damas . Pour avoir réalisé les clichés de Kadhafi, Ben Ali et la famille de Bachar Al Assad, il est surnommé le photographe des tyrans et des dictateurs. Mais il épouse la cause des révolutions arabes et particulièrement celle de la Syrie qu'il soutient activement. Son dernier travail remonte à l'automne dernier dans les faubourgs d'Alep avec l'universitaire français Jean Pierre Filiu .

Visage de la Syrie
Visage de la Syrie © Radio France / Mucem

Autres invités de l'émission, le politologue libanais Ziad Majeb , le chercheur français François Burgat, l'archéologue syrien Cheikhmous Ali ...

Et le groupe franco syrienBabassalam

Partout Ailleurs sur twitter : @ericvalmir

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