Les choses bougent sur la planète LGBT : la suite de la série "Sex and the City" arrive en 2022 avec des actrices et scénaristes racisé-e-s. Aux Pays-Bas, une banque permet aux personnes non binaires d'inscrire leur nom d'usage sur leur Mastercard.

Les actrices Kristin Davis, Sarah Jessica Parker, Cynthia Nixon et Kim Cattrall sur le tournage du film  "Sex And The City" en 2007
Les actrices Kristin Davis, Sarah Jessica Parker, Cynthia Nixon et Kim Cattrall sur le tournage du film "Sex And The City" en 2007 © AFP / Ray Tamarra / Getty Images

Entre 1992 et 2004, la série culte "Sex and the City" révolutionnait les codes du genre, et vous secouait la ménagère… Elles sont quatre, quatre héroïnes, toutes new yorkaises, elles sont avocate, journaliste, attachée de presse et galeriste. Trentenaires joyeusement indépendantes, ou presque, en tous cas. Souvent culottées, elles s’appellent Carrie, Miranda, Samantha et Charlotte. Avec elles, le sex toy devient un doudou qu’on cache à peine dans le tiroir de la commode, et on parle un peu plus souvent de masturbation que de layette.

Elles sont belles, elles sont brune, rousse, blonde et blonde aussi tant qu’à faire. Mais surtout elles sont… toutes blanches. Une uniformité qui passe mal, aujourd’hui… Au moment où les créateurs de la série annoncent une suite, ils s’adaptent : la bande sera rejointe par trois femmes racisées, pour refléter, dit la production, le New York de 2021 – alors oui, New York, il y a 30 ans, était tout aussi varié, colorimétriquement parlant, donc argument fallacieux, certes, mais l’essentiel, c’est ce mouvement d’ouverture. 

Pas seulement à l’image, d’ailleurs : des auteurs racisés aussi rejoindrons le pool de scénaristes de la série. A priori, les nouveaux personnages ne seront pas qu’un prétexte ; ils devraient être aussi bien servis que les héroïnes historiques. Rendez-vous courant 2022, pour en être 100% sûrs. 

L'air du temps souffle sur une carte bancaire 

Pour la première fois, une banque européenne va permettre aux personnes transgenres ou non binaires d’inscrire leur nom d’usage, celui qu’elles se sont choisi, sur leur Mastercard. C’est l’hollandaise Bunq qui saute le pas, après une expérience réussie en 2019 aux Etats-Unis. Les associations LGBT saluent un geste très concret pour reconnaître le parcours de celles et ceux qui, au quotidien, buttent encore très souvent sur une administration peu adaptable, et sont coincé-es dans leur identité de naissance. 

Donc on dit bravo, donc on dit c’est beau, et quand même on se demande si ça ne serait pas un bel exemple de Pink Washing... Vous savez, cette manie qu’ont les marques de se passer un petit vernis LGBT pour surfer sur la vague et draguer un nouveau public. Sur le communiqué, quand on vous parle « d’améliorer l’expérience client », on reste très, très marketing, quand même. 

La vraie question étant de savoir comment l’entreprise, en interne, traite la question : comment sont accueillies les personnes trans ou non binaires, comment on leur parle, comment on parle d’elles… 

À ce sujet, la branche canadienne de l’Unesco vient d’éditer un petit bréviaire à usage des journalistes. Nous avons, c’est vrai, le pouvoir ou la possibilité de lutter contre toute forme de discrimination et ça commence par le vocabulaire. Alors si vous dites transgenre, certes, c’est toujours mieux que transsexuel. Cela relève le nez de la culotte et permet de considérer la personne dans son ensemble, mais on peut faire mieux encore. 

Parce qu’en fait, avec le préfixe trans, vous partez quand même du principe que la norme, donc la normalité, c’est une femme née femme et un homme né homme. Alors entre autres suggestions de l’UNESCO, je vous donne ma préférée : « personne aux deux esprits », c’est la traduction littérale d’un terme utilisé par les populations autochtones en Amérique du Nord. C’est joli, c’est poétique, et surtout ça rappelle qu’on a tous du masculin ET du féminin en nous. Si si, même vous, Franck. 

Et on termine avec le sourire, celui de Riley O Keefe

C’est une adolescente de Saint Johns, en Floride. Son joli visage vient de mettre le feu aux réseaux sociaux… Pourquoi ? Parce qu’une étrange barre noire lui cache le décolleté. La photo d’origine était à peine plus dénudée. Mais Riley, comme 80 autres jeunes filles de la Bartram Trail High Scool, se sont retrouvées retouchées, et rhabillées pour l’album de fin d’année. 

Inutile de préciser que les garçons, eux, mêmes torse nus, même en slip moulant, n’ont pas du tout été jugés indécents. Et leur photo, bien évidemment, a pu paraître telle quelle. Comme quoi, le monde bouge… Avec quelques remugles, quand même… J’aime bien remugles, pas vous ? Allez ! Bon appétit !

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