Cette semaine, pour le tour du monde du droit des femmes et de la communauté LGBT, on parle du sacre de la footballeuse Megan Rapinoe pour le Ballon d'Or, si peu commenté dans les médias. En Espagne, une candidate de télé-réalité voit son viol lui être dévoilé sous le regard des caméras...

Elle a 34 ans et chacun de ses discours fait le tour de la planète. Elle a refusé une invitation de Donald Trump à la Maison Blanche. Elle est de tous les combats : pour l’égalité salariale, contre le racisme, contre l’homophobie et c’est ? Lionel Messi. Ah ben si, on parle que de lui depuis hier… 

Pour la sixième fois, le Ballon d’or revient, côté foot masculin, à l’attaquant argentin, qui, du coup, a pris toute la place dans nos journaux comme dans nos cerveaux, passant sous silence ou presque que, dans la même soirée et pour des performances au moins similaires, Megane Rapinoe recevait le même prix. Capitaine de l’équipe américaine et donc championne du monde en juin dernier, elle était, fin septembre, sacrée joueuse Fifa de l’année… 

Lionel Messi aussi, et quand Messi dit merci, ça donne ça. « Ce soir est une soirée très spéciale pour moi. J’ai la chance d’avoir ma femme assise ici. Et surtout, deux de mes trois fils assis avec elle. C’est la première fois que mes enfants sont là . C’est vrai que Tiago était déjà venu une fois et il ne se souvient plus de rien. »

Euh, on arrête là parce que ça continue encore 2 minutes comme ça… Et alors oui, hein, c’est touchant de voir un homme fendre l’armure, un champion dans l’émotion, se dire qu’on peut avoir une très belle paire de pieds, mais aussi un cœur de père, je sais, ça fait chialer… Mais comment vous dire, ça nous en touche un peu l’une sans faire bouger l’autre, voyez. 

Alors que Megan Rapinoe, le 23 septembre, à la remise des prix de la Fifa… Voilà à quoi il lui sert, son micro.

« J’avais envie de vous parler de certains parcours qui m’ont inspirée, cette année…Ceux des deux internationaux, Rahim Sterling et Koulibaly, pas seulement pour leurs performances incroyables sur le terrain, mais aussi la manière avec laquelle ils ont affronté le racisme dégoûtant auquel ils ont dû faire face cette année, et probablement tout au long de leur vie. Et puis cette jeune iranienne, qui s’est immolée par le feu parce qu’on lui  interdisait de jouer au foot. » 

On ne compte pas non plus toutes ces joueuses LGBT qui se bagarrent si durement tous les jours, pas seulement pour faire le sport qu’elles aiment, mais aussi contre l’homophobie galopante qui est toujours notre réalité. Megan Rapinoe

Ah ben voilà, ça, ça a de la gueule… Du coup, les gars, j’ai une idée : vous vous occupez des gosses – et pas que devant les caméras - vous les consolez, vous les couchez, et vous nous laissez la marche du monde,  ça nous changerait. 

Et de la marge, on en a encore un peu, si l'on en croit cette image qui nous vient encore de la planète football - à croire que j’ai muté, ce week-end, mais bref. C’est une photo de la confédération asiatique, mise en place pour développer le foot féminin. Et où, bien entendu, on ne trouve… Aucune femme. Zéro. Ce qui s’appelle, au choix : aller dans le sens de l’histoire, ou avoir un certain sens de l’époque. 

Espagne : quand une candidate de télé-réalité découvre son viol en plein tournage

Des candidats qu’on enferme dans une maison et qu’on surveille 24H/sur 24, ses soirées arrosées – oui, on adore les filmer bourrés, parce qu’en général, ils ont pas beaucoup de tissu sur eux, ils ont l’air un peu débilet, et que du coup, ben, vous savez ce qu'il se passe, ça dérape et oh, c’est rigolo, parfois il y a même des viols à la télé. Si si. C’est ce qui est arrivé à une candidate de Gran Hermano, l’équivalent espagnol de Big Brother, l’ancêtre de ces émissions. Elle apparaît dans une de ses séquences phare, le confessionnal, où, enfermée dans une petite pièce, elle doit réagir à des images qui ont été tournées la veille. 

La jeune femme fond en larme, en direct : elle vient de découvrir, en même temps que le public espagnol, qu’elle a été violée, pendant une de ces fêtes, alors qu’elle avait perdu connaissance, par un des garçons de la villa. 

La vidéo est évidemment devenue virale, elle a fait scandale, le violeur a été expulsé, la candidate a porté plainte, et la société de production s’est excusée : « Ces images n’auraient jamais du être diffusées ». Euh, oui, d’accord, mais si on pouvait ajouter au passage que cette jeune femme n’aurait jamais du être violée, ce serait pas mal non plus. 

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