Cette semaine, pour le tour du monde des droits des femmes et de la communauté LGBT : une parole qui se libère dans le sport belge, un dessin dégradant de Greta Thunberg, mais aussi un clip beau, qui fait du bien.

Cynthia Nixon dans le clip "Be a Lady They Said" (capture d'écran du clip)
Cynthia Nixon dans le clip "Be a Lady They Said" (capture d'écran du clip)

Le clip de la semaine : « Be a Lady, they said »

Voilà qui fait du bien. Déjà parce qu’on a le plaisir d'y retrouver l’actrice Cynthia Nixon, LA Miranda de Sex And The City - qui depuis, a eu le bon goût, en plus de nous avoir fait nos soirées télé, de s’investir en politique, comme démocrate et dans la lutte pour les droits LGBT comme dans les combats féministes… En toute logique, elle est au cœur de cette campagne coup de poing , lancée par le magazine britannique Girls Girls Girls… « Be a lady, they said » ou comment résumer magistralement en trois minutes toutes les injonctions, même les plus contradictoires, qui pèsent sur la moitié de l’humanité. 

Le clip totalise 3 millions de vues  et honnêtement, on comprend pourquoi : en plus du reste, l’image est très, très belle. 

En Belgique, des voix s'élèvent pour dénoncer harcèlement et abus...

... Et plus précisément la deuxième division de cyclisme. L’Union Cycliste Internationale vient d’ouvrir l’enquête et, éléments après éléments, je ne sais pas si ça donne le tournis ou si ça désespère, tant le scénario semble devoir se répéter, à l’infini. Tous les ingrédients sont là : des victimes (deux connues, à ce jour) plutôt jeunes, voire mineures, isolées, géographiquement (elles sont américaines), fragilisées par leur carrière de championne en devenir, parce que donc, enfermées dans des centres d’entraînements, sous la coupe d’une équipe encadrante à qui elles n’osent pas tenir tête… 

Voilà donc les cibles idéales pour des agresseurs que le courage n’a jamais caractérisé. Eux sont préparateurs physiques ou entraîneurs, ils ont le pouvoir, ils en profitent. Pour demander, par exemple, des photos de nu et si tu me les envoies pas, c’est que t’as pas confiance en moi, et que ta place, ici, tu ne la mérites pas. Et viens donc que je te masse et oups, c’est ballot, mes mains qui remontent jusque dans ton vagin, mais chut, dis rien, si tu veux pas d’emmerdes. Et là des menaces, et là des pressions, des intimidations, depuis deux ans, depuis MeToo, on commence à connaître le déroulé par cœur. 

En revanche, ça, c’est plutôt rare : ces deux jeunes femmes ont eu le courage d’alerter assez rapidement leur fédération, qui, elle, cela dit, nous la fait très classique, hein : un petit avertissement, une petite mutation, mais pas de sanction, pas de licenciement et encore moins de vagues. Ce qui compte, c’est que personne ne sache. Sauf qu’en vrai, tout le monde sait. 

Oui, on le sait, qu’on aura plus vite fait en comptant le nombre de femmes dont le non-consentement a toujours été respecté, à qui, donc, il n’est rien arrivé de cet ordre là… Plus vite aussi en comptant le nombre de milieux professionnels qui auraient été totalement épargnés par ce type d’affaire – je vais spoiler : il n’y en pas, zéro, aucun… On irait plus vite, enfin, en comptant le nombre d’hommes de pouvoir qui jamais, jamais, jamais, n’en ont abusé. Mais visiblement, y en a que ça ne dérange toujours pas… A moins qu’ils aient passé les deux dernières années dans une grotte sans 4G…

Un dessin met en scène Greta Thunberg victime d'une agression sexuelle...

Cette image, partie d’Alberta, met en ce moment le feu aux réseaux sociaux canadiens. On y voit une jeune femme, nue, de dos. Elle a de longues tresses, et deux mains d’hommes qui tirent dessus, pour la forcer à se cambrer. 

Oui oui, c’est bien d’une agression sexuelle qu’il s’agit et la victime ressemble très étrangement à Greta Thunberg. Forcément, les compagnies pétrolières n’adorent pas l’icône de la nouvelle génération écolo. Or, quoiqu’elle s’en défende, tout semble indiquer que c’est l’une d’entre elles à qui l’on doit cette image… 

Image qui nous offre donc un double bingo : on crie vive la pédophilie, et vive le réchauffement climatique ! Ah non vraiment, on les a, nos champions de la semaine. 

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.