Chaque semaine des nouvelles des femmes et de la planète LGBT. On commence avec l’Autriche et avec une bonne nouvelle, ça nous changera.

On va appeler ça une bonne nouvelle, parce que sinon, vous allez me dire que je suis jamais contente. Or, c’est vrai, l’égalité femme-homme est devenu un sujet, ce qui, en soi, est une bonne nouvelle et je vous en mets une seconde parce que doucement, mais sûrement, elle avance, en ce moment. La preuve, donc, aujourd’hui, avec l’Autriche, où le congé paternité s’allonge : les pères peuvent désormais cesser de travailler pendant un mois pour s’occuper de leur nouveau né... Mieux, la mesure s’étend et concerne aussi les couples d’hommes comme les couples de femmes - youpi. Sur la durée du congé paternité, on est pas mal aussi… Certes, on est loin des deux mois votés en Espagne tout récemment… Mais c’est quand même mieux que chez nous, en France, où il n’est que de onze petits jours – et c’est connu, en onze jours, bébé fait ses nuits, tout va bien, tout est réglé tout est plié… Cela dit, c’est encore grand luxe, onze jours, quand on sait qu’en Suisse, le congé paternité n’existe pas. Non mais pas, Fabienne. Du tout. C’est à dire qu’en gros, ce qu’on demande aux pères, une fois la divine semence déposée et, à la rigueur, le brumisateur prestement actionné pendant l’accouchement, eh bien c’est… Rien. 0 jours. 0 couches. 0 biberons. Donc avec un mois, en Autriche, on peut dire qu’on est bien. 

Le vrai souci, c’est que ce congé paternité reste parfaitement facultatif. Contrairement au congé maternité qui, lui, est obligatoire… Toute la question était donc de savoir comment convaincre les pères de passer leur journée à récurer du vomi plutôt que de filer peinard au bureau… Eh ben tiens, on a trouvé, bingo ! On leur donne 700 euros. Oui, 700 euros, c’est l’indemnité maximale prévue par l’Autriche pour ce congé paternité. 

Euh, je voudrais pas avoir l’air de trop m’avancer, comme ça, mais à vu de pif, je ne connais pas des millions de couples qui vont se dire : allez, on reste en vase clos, tous les trois, pendant un mois, on perd en salaire, on dévisse en terme de niveau de vie, mais au moins, on est à 50/50, au moins, on est un couple égalitaire, au moins le père prend toute la place qui lui revient, parce qu’un enfant, quand même, c’est « un papa une maman ». Donc non, ça marche pas. « Un papa, une maman », c’est juste quand ça vous arrange … Et vous avez raison, Fabienne, je suis jamais contente. 

On poursuit avec le verdict de la semaine. 

C’est un juge, britannique, qui vient de refuser le statut de réfugié à un migrant. Homosexuel, venu d’un pays où l’homosexualité est encore considérée comme un crime - peine de prison, lapidation, ce que vous voulez - étrangement, il ne se sentait pas hyper tranquille chez lui. Donc il a fui en Grande Bretagne. Donc il a demandé l’asile. Et donc on le lui a refusé, au prétexte qu’il ne faisait pas suffisamment gay. Et le juge de préciser : vous ne risquez pas d’être inquiété, puisque vous n’avez pas de manières assez efféminées pour un gay. Et le juge d’ajouter : « Par exemple, bon, moi, j’ai déjà accordé le statut de réfugié à un homosexuel, comme vous, mais lui, ben il mettait du rouge à lèvres ». Ah ben oui. Forcément. T’as du rouge à lèvres, t’es gay, t’as tes papiers. 

Et on termine avec le hashtag de la semaine, qui nous ramène au thème de notre journée spéciale, sur France Inter… Les féminicides et les Grenelle sur les violences conjugales. 

#Uneminutedesilencepourelle Si vous êtes sur les réseaux sociaux, vous avez dû le voir circuler… Vous avez du les voir, ces visages qui vous fixent, droit dans les yeux… Vous avez peut-être vu passer ces vidéos… Ecoutez bien… Au son, ça donne ça :   

Cherchez pas, on n’entend rien, et en même temps, ça dit tout. Une minute de silence, ponctuée par des soupirs. De tristesse, de lassitude, je ne sais pas, sans doute les deux à la fois. Parce que parfois, les mots manquent… Parce que parfois, de longs silences sont plus efficaces que tous les grands discours… En tous cas, ça marche : le hashtag se répand à vitesse grand V, les vidéos se multiplient, en ce moment sur la toile et il y a fort à parier qu’il dépasse bientôt nos frontières… Mais en Turquie, en ce moment, c’est un cri, qui agite le pays. 

Celui d’une mère, poignardée dans un café par son ex mari et sous les yeux de sa fille. On est à Kirikkale, à 70 kilomètres à l’est d’Ankara. La scène a été filmée, postée sur les réseaux sociaux, des milliers de fois partager. On y voit, on y entend la gamine hurler : « Maman, ne meurs pas, s’il te plaît ». On y voit, on y entend la mère, s’étrangler : « Je ne veux pas mourir ». Elle est morte, pourtant, sur le trajet qui la menait à l’hôpital. Le père, arrêté, écroué, s’est justifié : « On parlait de la garde de la petite, elle m’a insulté, j’ai donné un coup de couteau ». Voilà. Logique. Un coup de couteau pour une insulte… L’affaire scandalise la Turquie, où l’on compte plus de 200 féminicides par an. En une journée, la vidéo est devenue virale. Sur Twitter, un déluge de colère. Des messages venus d’artistes artistes, d’intellectuels, de sportifs, des monsieur/madame tout le monde et des lambda. Tous reprenaient, tous disaient ce message là : « Arrêtez ça maintenant, nous ne nous habituerons pas ». Non, nous ne nous habituerons pas. 

L'équipe
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.