En cette période pascale, tous ces hommes en robe chatouillent la moustache de Giulia Foïs... Leur grand chef, surtout. Qui dans son discours de Pâques a parlé de le guerre (c'est mal), de la mort des gens et des trafics d'enfants (mal aussi) - mais pas du lâcher de soutane qu'on observe du côté de Naples...

Le Pape François (4 avril 2018)
Le Pape François (4 avril 2018) © AFP / Massimo Valicchia / NurPhoto

Le Pape François avait sorti la robe de cérémonie, lundi : une ligne pure (pas un pli, tissu très bien repassé, sans doute par les nonnes, qui tout récemment, disaient qu’elles en avaient franchement marre de se taper toutes les tâches domestiques au Vatican, mais là n’est pas le sujet), ligne pure de la robe, donc, et un joli blanc cassé, parfaitement raccordé à la calotte papale (le contraire eut été culotté), pour monter sur la loggia de la Basilique Saint Pierre (oui, on dit aussi loggia, en architecture vaticane, et je suppose que la Chapelle Sixtine possède par ailleurs son roof top, mais là n’est pas la question), un joli blanc cassé, disais-je, et un sautoir du meilleur effet, avec la petite croix qui va bien au bout, travaillée, mais pas outée, pardon, outrée, mignonne mais pas flashy, il est comme ça Francky, la simplicité de bon goût, la sobriété dans les manières, pour prononcer sa traditionnelle bénédiction urbi et orbi (et dieu qu’elle était longue, cette phrase !) 

Et il a été bon, hein, croyez pas ! Tout ce qui est guerre, mort des gens et trafic d’enfant, bon, ça, il a dit stop. Pour tout le monde il veut des fruits. C’est une image : les fruits de la paix. Un peu comme les légumes de l’amour mais en sucré, voyez ? Quoiqu’il en soit, les fruits, il en veut pour l’Ukraine, pour la Syrie aussi, pour le Congo allez hop, c’est cadeau. Et c’est surtout marrant, mais pour Naples... Rien. Pourtant, à vol d’oiseau, c’est, je sais pas, deux heures à tout casser – et sans miracle, même vous, vous pouvez. Eh ben non, silence radio, alors que pour le coup, ça bruisse, là-bas, dans les couloirs du diocèse… Y a comme du lâcher de soutane dans l’air, vous savez. 

Du lâcher de soutane ? 

Alors c’est pas du « balance ton prêtre », mais pas loin. Celui qui balance dévore les unes des journaux italiens - et mange des chèvres, accessoirement : Mangiacapra, il s’appelle. Francesco, de son prénom. Sourire coquin, jolie barbichette de bouquetin, toujours bien taillée, œil bleu acier et cheveu lustré, il est l’un des escorts que la ville s’arrache. Peut-être plus pour longtemps…

Il vient de remettre à l’archevêque un dossier de 1200 pages, comportant les noms de 40 prêtres et séminaristes ayant eu recours à ses services. Rapport largement étayé de tous les SMS échangés avant et après la prise de rendez-vous, toutes les conversations coquines tenues sur WhatsApp, et ce, évidemment, sinon ce serait pas drôle, nourri d’un nombre non négligeable de selfesses et de dick pick

Selfesses ? Dick Pick ? Vous l’avez ? Bon. Photographies de parties intimes. Si si, soutane relevée et hop là !  

Le diocèse de Naples a immédiatement transmis le tout au Vatican, pour que, je cite « les autorités compétentes » (François, donc) prenne le temps d’étudier la question et d’y apporter la réponse adéquate. Attention, Mangiacapra précise : il s’agit d’homosexualité, pas de pédophilie. Non, mais par les temps qui courent, c’est vrai qu’il vaut mieux être clair. C’est donc un péché et pas un crime – il était avocat dans une première vie, il tient à une certaine rigueur juridique. Et ce qu’il veut, lui, c’est tout simplement œuvrer pour plus de transparence au sein de l’Eglise, avec, à terme, une sorte d’aggiornamento de la culbute gay, qui ferait, selon lui, du bien à tout le monde. Pas sûre sûre que le Vatican l’en remercie, mais en attendant cette fameuse « réponse adéquate » de Sa Sainteté, j’ai ma petite idée…

Guérir les homosexuels

Je ne suis pas forcément dans les petits papiers de l’Eglise - et encore moins aujourd’hui j’imagine - mais j’ai ouïe dire que du côté du diocèse de Bayonne, on organise des réunions pour « l’accompagnement des personnes homosexuelles », en appliquant peu ou prou les mêmes méthodes que les thérapies de conversion à la mode aux Etats-Unis. 

Ben oui, c’est pas un crime, l’homosexualité. 

Donc on punit pas, c’est le mangeur de chèvre qui l’a dit et il a raison. En revanche, c’est péché. Donc on lave, on guérit. Mais on ne juge pas, car « qui sommes nous pour juger », avait justement questionné le Pape François un jour où il se sentait particulièrement gay friendly… Sauf qu’en fait, ça marche pas, Bayonne. Ben non, les associations LGBT ont fait un tel barouf que la réunion a été reportée, mais… Ouf ! Y a pas qu’à Bayonne qu’on veut guérir les homosexuels. 

A Paris ça marche aussi. Tony Anatrella, ça vous parle ? Littéralement, « petite canne », en italien – décidément, j’ai un truc avec les bestioles, moi, ce matin… Tony Anatrella, surnommé "le psy de l’église", connu au moins autant pour ses condamnations très claires de l’homosexualité que pour les attouchements qu’il faisait subir aux jeunes adolescents venus le consulter en thérapie… Mais on ne juge pas… Non non. Enfin, si, en l’occurrence, on va le juger. 

Un procès canonique a été décidé il y a quelques semaines. Tony Anatrella sera-t-il excommunié ? En attendant l’issue de la procédure, le Vatican a tranché : les hosties sans gluten, ça, ça va pas être possible. Interdiction formelle, tout récemment rendue publique. Parce que, autant, les orgies, bon, à voir. Autant, la pédophilie, hum, c’est compliqué. Mais l’eucharistie, y a des règles de fabrication, faut pas exagérer. 

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