Cette semaine, le procès des sœurs Khachaturyan, qui ont assassiné le père qui les torturait depuis des années, a provoqué une polémique sur les violences domestiques, dépénalisées dans le pays depuis 2017. Mais aussi le féminisme de surface au Super Bowl, le transfert à Perpignan d'un rugbyman homophobe...

Maria Khachaturyan, l'une des trois sœurs accusées du meurtre de leur père, à Moscou en juin 2019.
Maria Khachaturyan, l'une des trois sœurs accusées du meurtre de leur père, à Moscou en juin 2019. © AFP / Yuri KADOBNOV

Repérées par Cheek Magazine, elles sont trois, Krestina, Angelina et Maria Khachaturyan, elles sont russes et, en juillet 2018, elles ont tué leur père, à coup de couteau et de marteau. Leur père qui accessoirement, était aussi leur tortionnaire puisque depuis des années, voire depuis toujours, il les agressait, physiquement et sexuellement. Les proches, les voisins, les enseignants des filles avait bien tenté d’alerter les forces de l’ordre à plusieurs reprises, mais rien à faire. 

Tout juste, début décembre dernier, la justice leur a-t-elle reconnu des circonstances atténuantes. Les deux aînées, majeures au moment des faits, restent poursuivies pour « meurtre commis en groupe avec préméditation » et risquent 20 ans de prison. Le procès des trois sœurs, c’est en réalité parallèlement, le procès d’un pays qui refuse de reconnaître l’existence même des violences domestiques. Elles ont été dépénalisées, je vous le rappelle, en 2017, hors récidive et blessures graves. 

Une décision qui avait provoqué, on s’en doute, le tollé dans les milieux disons les moins conservateurs et les associations féministes. Celles-ci se sont donc saisies de l’affaire des sœurs Khachaturyan pour lancer une pétition contre l’impunité dont bénéficient aujourd’hui les auteurs de violences domestiques : à ce jour, 650 000 personnes ont signé, et réclament le vote d’une nouvelle loi pour protéger les victimes. 

Sauf qu’on est en Russie, et qu’en Russie, un proverbe dit "s’il te bat, c’est qu’il t’aime"… 

Qu’en Russie, on regarde d’un très mauvais œil le mouvement #MeToo, vu principalement comme une menace sur la stabilité des familles et de la société… Une contre-pétition circule donc, en ce moment même : signées par 200 organisations, notamment religieuses, elle s’insurge contre le vote d’une loi qui serait, je cite, "incompatible avec les valeurs morales et traditionnelles de la Russie". 

Un premier texte a été rendu public début décembre. Il devrait être examiné à la Douma dans les semaines qui viennent, au moment où Krestina, Angelina et Maria comparaîtront devant le tribunal. En attendant, elles sont assignées à résidence, sans possibilité de communiquer avec l’extérieur. Mais je suppose que ça aussi, c’est pour le bien des familles.

Pour la première fois, au Superbowl, deux stars latino assurent le show

C’est l’événement médiatique de l’année, aux États-Unis et il a eu lieu hier... L’hyper-show du SuperBowl, qui, sportivement parlant, représente la finale de la National Football League – le championnat de foot américain… Mais disons que l’intérêt de la chose se situe plutôt ailleurs, plutôt sur la scène, plutôt à la mi-temps, où on ne lésine ni sur les jeux de lumière, ni sur les jeux de jambe. Des super-méga star comme Madonna, Janet Jackson ou Beyoncé ont performé les années précédentes… 

Cette fois-ci, c’est la bomba latina Shakira, qui a fait le show. Toute en paillette, micro-short et déhanché qui fait boum avec les fesses et wow avec la tête…Choré ultra maîtrisée, corps puissant et délié : clairement, elle fait très, très bien le job. Bientôt, sur scène, c’est J-Lo qui la rejoint. Elles sont impressionnantes d’énergie, de technique aussi, elles sont diablement sexy… 

À 43 et 50 ans, c’est une bonne grosse claque pour tous ceux qui nous voudraient tapées, passée la quarantaine. C’est aussi la première fois que deux chanteuses d’origine latino s’offrent le Super Bowl… On aurait donc de quoi se réjouir : belle leçon de féminisme version 2020, plus glamour, plus bankable, plus télégénique que toutes les générations précédentes, mais puisqu’on parle de télé… Le Super Bowl, c’est aussi des records d’audience – 102 millions de téléspectateurs cette année – et donc des espaces publicitaires qui s’achètent à prix d’or… Et que nous disent les statistiques ? 

Le Geena Davis Institute, spécialisé sur les questions de genre, s’est saisi des 273 spots diffusés ces cinq dernières années au Super Bowl. Je vous le donne en mille : les hommes occupent 50% de temps d’antenne de plus que les femmes, 64% des rôles principaux, 71% des rôles parlants. 

Oui car, les femmes, ici, on les préfère plutôt muettes, plutôt jeunes et minces, pas vraiment très habillées et surtout, surtout, n’en ramant pas une. Alors que les hommes, eux, ils bossent évidemment, ils ont le pouvoir puisque, bien souvent, ils incarnent des personnages de leader, dans ces pubs. 

Alors bon, sans vouloir gâcher la fête, on va dire que l’arbre Shakira ne cache pas la forêt de sexisme ?

Un rugbyman homophobe exclu en Australie... Et accueilli en France

Le rugbyman Israel Folau, au moins aussi connu pour ses performances d’arrière vedette du XV australien que pour ses sorties homophobes… Fervent chrétien, il promettait régulièrement l’enfer aux homosexuels… La fédération australienne de rugby a donc fini par l’exclure. 

Sauf qu’il a trouvé refuge, quelque part – comme quoi Dieu est amour – et où ça ? En France… Je précise qu’aucun club du Top 14 n’en a voulu, mais le club de rugby à 13 de Perpignan vient de le signer. Sans doute parce que là-bas, au moins, on sait distinguer l’homme du sportif.

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