Pour le tour hebdomadaire du droit des femmes et de la communauté LGBT, on parle d'interdire le mot "salope", à Boston, ou encore des emojis inclusifs lancés par Apple. Et aussi, l'engagement de l'Union Européenne contre le sexisme... où des progrès restent à faire.

L'Europe s'engage contre le sexisme.
L'Europe s'engage contre le sexisme. © Getty / Laura Zulian Photography

Le gros mot de la semaine, c'est...

Salope. Terme qu’un élu démocrate de Boston veut pouvoir interdire et sanctionner d’une amende de 150 dollars, plus six mois de prison en cas de récidive. On dit bitch, en anglais, mais, dans les deux langues, sans vouloir être parano, ça n’est pas tout à fait un compliment. Lui dénonce le sexisme du vocabulaire. Ses adversaires républicains sont vent debout au nom de la sacro-sainte liberté d’expression américaine. Un peu comme quand, chez nous, on entend qu’à force, on ne pourra plus rien dire. Ni « salope » dans la rue, ni « enculé » dans les stades. 

Alors que bon, ça va, on se détend, c’est de l’humour les bitches, c’est du potache, les enculés… C’est fou, comme c’est toujours aux mêmes qu’on demande d’avoir de l’humour, hein… Vous en connaissez, vous, une injure qui cible spécifiquement les hommes, hétéros, blancs ? Eh ben non. Normal, y en a pas. Ce qui n’est pas nommé n’existe pas. Donc l’homme, hétéro, blanc, on touche pas, on se moque pas, on n’attaque pas. Que ce soit rigolo, ou pas. 

De nouveaux emojis, plus inclusifs, font leur apparition

On va parler emojis. Vous savez, ces petits symboles qui ponctuent nos SMS et qui ont intégré depuis longtemps nos textos, comme un langage à part entière… Eh bien, dans sa dernière mise à jour pour iPhone, Apple a intégré toute une série de caractères qui vont permettre de rendre compte d’une société plus inclusive et plus ouverte. Apparaissent notamment des couples mixtes et des couples homosexuels. Le handicap y a désormais droit de cité aussi, avec des symboles comme le fauteuil ou la canne blanche. Ça y est, la petite goutte de sang pour évoquer les menstruations existe et ça, c’était une revendication féministe… Que les règles ne soient plus un tabou. On a aussi, dans cette nouvelle version, un emoji oignon et un emoji huître, mais bon, ça, c’est pas vraiment mon sujet. 

L’Europe s’engage clairement contre le sexisme et ça, c’est beau

Canon. Surtout quand on sait de quoi on parle et c’était pas gagné… Ça fait seulement quelques mois que les 47 pays membres du Conseil de l’Europe sont d’accord sur ce qu’est le « sexisme ». Une définition commune a été adoptée au printemps dernier. C’est le minimum, évidemment, si on veut pouvoir lutter contre de manière coordonnée. 

Mais ça ne fait pas tout, loin de là. D’où, entre autres, une petite vidéo mise en ligne il y a quelques semaines sur le site de l’institution. Comme quoi, parfois, mieux vaut tout reprendre à la base de la base de la base. Agréable ou gracieux… C’est joli, c’est bien dit, à l’image c’est graphique, c’est rythmé, c’est léché…  Mais la réalité est nettement moins rutilante en Europe. 

L’égalité des genres progresse, mais à la vitesse d’un escargot.

C’est la conclusion d’un rapport très officiel sur le sujet. Enquêtant auprès des 28, l’Institut Européen de l’égalité entre les femmes et les hommes a brassé un nombre impressionnant d’indicateurs et il en ressort un très net : « peut bien mieux faire ». La différence de salaires ? 20% de moins, en moyenne, pour les femmes. 36% quand elles se mettent à vivre en couple. Et elles perdent encore 20% de revenu cinq ans après la naissance du premier enfant. Ce, notamment parce que 80% des Européennes s’attellent aux tâches domestiques tous les jours, contre 34% des hommes. Pour la plupart, note le rapport, maternité rime avec renoncement à l’emploi, faute de solution de garde valable.

En 2019, 1 Européenne sur 5 a subi des violences sexuelles ou sexistes au travail

Quant à celles qui travaillent… Ça, c’est un sondage IFOP conduit simultanément en France, au Royaume-Uni, en Italie, en Espagne et en Allemagne. Elles sont une sur cinq à avoir subi, au cours de l’année écoulée, au moins une forme de violence sexuelle ou sexiste au bureau. Ça va du regard concupiscent au harcèlement caractérisé - et d’ailleurs, j’en profite pour en glisser un mot à l’IFOP : en fait, quand vous parlez de rapport sexuel contraint, ça s’appelle un viol, hein... Quitte à être à peu près au clair sur les définitions. Bref. 

Sur la parité en politique... Ah ben non, j’arrête. Ça fait trois heures que je travaille gratos

Faut pas exagérer non plus. Compte tenu des écarts salariaux entre les femmes et les hommes, à partir du 5 novembre, à 16h47, chaque année, on travaille gratuitement, vous et moi. Alors, c’est peut-être ni agréable, ni gracieux, mais oui, j’arrête là.  

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