Enquêtes sur les violences conjugales subies par des femmes de gendarmes et de policiers. Et laissez moi vous entraîner au centre de cette piste de danse, où vous moi on a tous passé, une bonne partie de l’adolescence… Elle vient tout juste d’en sortir, 18 ans, devant, y a l’avenir…

Violences conjugales dans la police
Violences conjugales dans la police © Getty / martin-dm

Elle l’imagine en conte de fée, d’ailleurs le prince vient d’arriver. Il dit qu’il est amoureux d’elle, et qu’il la trouve tellement belle, c’est sûr c’est la femme de sa vie, et si tu fuis, ben, je te suis… Elle le repousse, elle l’éconduit : elle a quinze ans de moins que lui, c’est un bonhomme, il l’impressionne, et puis il porte un uniforme. Il est gendarme, ça a son charme, il la traite comme une princesse, une reine ou même une déesse … Comment pourrait-on résister ? Ses barrières finissent par tomber, là il va pouvoir l’enlever. Donne moi ta main et prend la mienne, et je t’emmène à la caserne, on ira vivre parmi les miens, oh tu verras, on sera bien. Des amis t’en as pas besoin, oublie les ils ne valent rien… Laisse moi te montrer le chemin, donne moi les clés de ton existence, résiste pas, fais moi confiance, je suis ton mec, là non, je suis quoi ? Mais dis le moi, non, pas si bas, prouve moi que tu m’aimes, et puis tais-toi. Surtout me pose pas problème, après tout ce que j’ai fait pour toi, attention tu vas le regretter, attention je vais tout péter… Voilà l’heure du premier coup de poing. Dans la mâchoire, ou dans les reins. Un jour c’est un trauma crânien, le couteau c’était le lendemain. Je t’ai fait du mal ? Ca me fait du bien. La princesse est au sol, clouée. Le prince au-dessus, à ricaner. Qu’est-ce que t’es moche, qu’est-ce que t’es grosse… Et puis arrête de chialer : tout ça c’était bien mérité, avoue avoue, t’a déconné. 

Il lui faudra bien des années, à la princesse, pour se sauver. Tourner la page du conte de fée, sortir du cauchemar éveillé. Et s’il y a un happy end, c’est à la force du poignet. Elle a finit par y arriver, pendant que d’autres ont dévissé. Battues à morts, violées, tuées, combien ne s’en sont pas relevées ?Pour nous parler de cette enquête:

Sophie Boutboul  Journaliste indépendante, membre du collectif Youpress mais aussi du collectif de journalistes pigistes en lutte pour de meilleures conditions de travail Ras La Plume; elle travaille sur les violences sexuelles, conjugales, intrafamiliales et sur les discriminations avec des enquêtes et de des reportages en France et à l’étranger pour Mediapart, Le Monde, Paris Match notamment.

Elle est avec Alizé Bernard la co-autrice du livre  Silence, on cogne que nous aurons au téléphone, ainsi qu'Esther* . Cette enquête sur les violences conjugales subies par des femmes de gendarmes et de policiers. » est parue chez Grasset fin 2019.

Des observateurs de l'actualité nous font part de leur sujet: 

Isabelle Motrot, Directrice de la rédaction Causette, revient sur l’enquête de la MGEN et de la Fondation des Femmes sur la ménopause. elle nous parle également de l’enquête Causette sur la pénibilité au travail

Elliot Lepers, Directeur de la publication de  lemouvement.ong, et directeur exécutif de l’ONG ~ le mouvement, qui mène des actions de mobilisation citoyenne  pour la justice sociale, l’égalité, l’écologie et l’anti-racisme. Il nous parle de l’affaire Mila ; pour lui ce n’est pas une affaire de religion mais une affaire de patriarcat, parce que avant tout elle a été cyber harcelée, et que c’est la place des femmes dans l’espace public qui est en jeu. 

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.