Cette semaine, pour le tour du monde du droit des femmes et de la communauté LGBT, des paroles fortes. Celles du Premier Ministre espagnol, qui veut interdire les thérapies de conversion. Et les mots de Michelle Williams sur l'importance du droit à l'avortement, alors qu'il est de plus en plus menacé aux Etats-Unis...

Un vent de changement souffle, depuis l'Espagne jusqu'à Hollywood. Une photo de Pedro Sánchez.
Un vent de changement souffle, depuis l'Espagne jusqu'à Hollywood. Une photo de Pedro Sánchez. © AFP / PIERRE-PHILIPPE MARCOU / AFP

Les thérapies de conversion bientôt interdites en Espagne ?

L’Espagne, pays décidément fascinant de paradoxes. Une base catholique très forte, une église puissante, une extrême-droite qui faisait il y a quelques mois son entrée au parlement et… Et des politiques volontaristes, toujours très progressistes, en matière de lutte contre les discriminations sexuelles et sexistes… Dernier exemple en date : le discours d’investiture de Pedro Sanchez, leader de la coalition au pouvoir. C’était en toute fin de semaine dernière, devant le Parlement. Il y parlait de thérapies de conversion.

Mal nommées, parce que bon, euh, on va peut-être pas revenir là-dessus dans le détail, mais, en gros, dans la mesure où l’orientation sexuelle n’est pas tout à fait ce qu’on appelle une religion, on voit pas bien comment (ou à quoi) on pourrait se convertir… Sauf que ses promoteurs, la plupart du temps issus de milieux fondamentalistes chrétiens, en sont convaincus et promettent de ramener les brebis LGBT égarées sur le droit chemin de l’hétérosexualité, à grands coups d’électrochocs et de séances d’exorcisme – tu parles d’une thérapie.

Aux Etats-Unis, 700 000 jeunes gays ou lesbiennes auraient eu à subir ces lavages de cerveaux d’une violence inouïe. En Europe, seule Malte les a, à ce jour, interdits. Mais l’Allemagne étudie actuellement une proposition de loi en ce sens. Et chez nous, en France, après trois mois de consultations, une mission parlementaire a rendu ses conclusions avant les fêtes : elle propose de créer une infraction spécifique dans le code pénal et une condamnation dans le code de santé publique. 

Michelle Williams après avoir reçu son Golden Globes pour "Fosse/verdon"
Michelle Williams après avoir reçu son Golden Globes pour "Fosse/verdon" © AFP / FREDERIC J. BROWN

Un vent de changement souffle sur Hollywood

Alors oui, y a comme un vent qui souffle, hein, là haut, sur la colline, depuis deux ans, depuis #MeToo. Comme un monde, qui s’effrite, doucement, sûrement… Et qui fait d’un ogre redouté, d’un prédateur redoutable, un petit vieillard en déambulateur - c’était Harvey Weinstein arrivant hier au tribunal…  

Qui fait que les femmes, elles, se mettent debout, prennent, sinon le pouvoir, au moins la caméra. Le nombre de réalisatrices de blockbuster a doublé, en un an, aux Etats Unis… On reste à 10 tous petits pour cent, mais le mouvement est en marche. Alors elles enfoncent le pied dans la porte. La parole, elles l’ont prises et ne la lâchent pas. Ecoutez l’actrice Michelle Williams, dimanche aux Golden Globes. Après avoir rappelé le droit des femmes à disposer de leur corps, elle enchaîne....

Pour mémoire, ce discours prend place à un moment où les mouvements anti-IVG ont repris une belle vigueur, ces derniers temps, aux Etats-Unis. Un à un, une dizaine d’Etats ont adopté des législations très restrictives sur l’avortement. Dernier en date, l’Ohio : ajoutant une clause, début décembre, à son projet de loi sur l’IVG, le congrès local exige maintenant des médecins qu’il fassent tout, mais tout hein, pour sauver la vie d’un fœtus. Il leur faudrait notamment réimplanter les embryons dans l’utérus de la mère, en cas de grossesse extra-utérine, sous peine d’être inculpés de meurtre. Les contrevenants risqueraient jusqu’à 15 ans de prison. Si si. On en est là. 

Et un chiffre, pour finir...

L’ONU mesure chaque année l’écart mondial entre les sexes. Quatre critères sont pris en compte : la santé, l’éducation, le travail et la politique. En 2019, les hommes et les femmes sont à 68% d’écart, soit un point de moins que l’an dernier. C’est bien, ça progresse. A vue de nez, si on continue comme ça, hommes et femmes finiront bien par être égaux en droits. Dans 99 ans. Allez, bonne année !

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