Aujourd'hui, on parle de la non-mixité mise en oeuvre dans le monde. Retour sur ces festivals, hôtels ou rames de métro qui accueillent exclusivement des femmes. Mais aussi un rappel sur les chiffres de l'esclavage, qui touche en majorité les femmes et les enfants.

40 millions.

On compte aujourd’hui 40 millions d’esclaves dans le monde, d’après le dernier rapport de l’OIT, l’Organisation Internationale du Travail. En première ligne, des femmes : 70% de ces esclaves dits modernes… Et 25% sont des enfants ou des adolescents. Travailleurs forcés en Corée du Nord, esclaves sexuels en Irak, victimes du crime organisé aux quatre coins de la planète, il n’y a pas un endroit du monde où les femmes et les mineurs échappent à la contrainte, la plus brutale, la plus violente qui soit. Je vous laisse méditer sur le concept de domination masculine, voire de violence de genre et je vous embarque, allez !

Dans ces lieux 100% réservés aux femmes

Et je vous emmène aux Baléares... Les Baléares et ses 23 degrés insolents, son soleil radieux, quand, de par la fenêtre de la régie, je vois pleuvoir mon désespoir. Les Baléares et ses lagons bleutés, ses criques ciselées et son hôtel 100% réservé aux femmes. 

Voilà, ça, c’est la petite vidéo de présentation de l’établissement Som Dona. On est palmiers, on est piscine, on est murs blancs… Et on est aussi sur du rose, hein, par ci par là. Ben oui, évidemment, c’est pour les filles. Alors on a aussi des tiroirs à bijoux, dans toutes les chambres, même si on se défend absolument, dixit le directeur de l’hôtel, de verser dans les stéréotypes… Il y a un marché, il y a une demande, ajoute-t-il, on ne fait que la satisfaire. 

Et c’est vrai que si c’est une première, en Espagne, on a vu se développer ces dernières années une petite tendance au tourisme non mixte… C’est une île entière, SuperShe, en Finlande… Un festival de musique, le Woman Fest, en Grande Bretagne. On a, aussi, des compagnies de taxi réservées aux femmes en Inde, en Nouvelle Zélande comme en Afrique du Sud. Ou bien encore des compartiments non mixtes dans le métro japonais et thaïlandais. 

D’ailleurs, chez nous aussi, la question se pose régulièrement, puisque, rappelons le, en France, 100% des femmes ont déjà été insultées, agressées, ou harcelées dans les transports en commun. La mesure, certes, pourrait avoir le mérite d’être efficace et assez radicale, le temps du trajet… Mais une fois sorties du wagon, on fait comment ? Des trottoirs non mixtes, des immeubles non mixtes, des appartements non mixtes et des toilettes… Ah non, pour le coup, je les veux bien non mixtes. Mais pour le reste… 

Suggestion. Je dis bien suggestion…

Et si on pariait plutôt sur notre intelligence et notre capacité à évoluer ? Si un effort d’éducation était réellement fait, dès la maternelle, mais poursuivi, ensuite, au collège, au lycée, au bureau, partout, avec le budget qu’il fallait, pour apprendre aux garçons à respecter les filles et aux filles, aussi, parfois à se défendre et à montrer les crocs ? 

A cette question, une école de Louiseville, au Québec, vient de répondre non. On a tout essayé, explique la direction, mais les filles et les garçons apprennent mal quand ils sont ensemble et les écarts de notes se creusent - les filles en tête, les garçons derrière. A titre expérimental, deux classes non mixtes ont donc été ouvertes, à la rentrée. Dans la salle des filles, poursuit le directeur, « on est un peu comme à l’église » : dans le silence et le recueillement, elles apprennent leur leçon, et font consciencieusement leurs exercices. Alors que les garçons, eux, c’est un peu, je cite, « comme une équipe de hockey ». Ils sont fougueux, ils ont de l’énergie à dépenser, il faut qu’ils puissent se défouler. Donc les maths, on les fait, avec eux, plutôt à l’extérieur, plutôt dans la cour de récré. Et on construit un skate parc, avec papier millimétré à la clé. C’est rigolo, hein ? Oui, c’est marrant : les garçons à l’air libre et les filles enfermées, sagement, à l’intérieur. Ça me rappelle quelque chose...

Non-mixité un jour, non-mixité toujours...

C’est la conclusion de l’université de Cornell. Les hommes ont une mauvaise influence sur les comportements alimentaires des femmes – et vice versa. Des cobayes des deux sexes ont été enfermés dans un restaurant italien – enfermés vivants, je précise – et invités à partager un repas. Résultat, les hommes ont tendance à manger plus. Beaucoup plus : 93% de pizza supplémentaire. Et tous invoquent le même motif : c’est pour impressionner Madame. Je suis grand, je suis fort et t’as vu la puissance de mon appareil digestif ?

Les femmes, elles, ne changent absolument pas leur quantité de nourriture, mais en sortent avec l’impression d’avoir trop mangé – de là à penser que le dîner en lui même les a gavées, il y a un pas que je ne franchirai pas… Mais les chercheurs eux, en concluent que peut-être, il faudrait éviter de manger avec une personne de l’autre sexe. 

On fait quoi, on les envoie aux Baléares ? 

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.