Les choses bougent sur la planète LGBT : une production condamne ses fans homophobes, un journal allemand met des actrices et acteurs queer à l'honneur, et un instituteur indien reçoit un prix pour son action en faveur de la scolarisation des filles.

On commence par le scoop de la semaine : l’homme est fragile. Attention, qu’on soit clair, quand je dis « l’homme », c’est à prendre au sens universl : l’humain. Loin de moi l’idée de catégoriser l’individu de type hétéro cisgenre, au risque de me vautrer dans un amalgame hystéro-féministe… L’homme, donc, est fragile. La preuve par The world beyond

Vous connaissiez la série The Walkind Dead ? 10 saisons de lutte entre le bien et les gentils vivants, contre le mal et sa horde de zombies. The World Beyond en est en quelque sorte la suite, le dérivé. Tout commence avec la nouvelle génération, une bande jeunes née après la bataille, charge, à elle, de tout reconstruire. De bâtir un monde nouveau.

On l’entend à la subtilité de la bande son : vous aurez ce qu’il vous faut de sang qui gicle, de scalp qu’on arrache et de membres amputés, mais ça, l’homme fragile supporte. 

En revanche, le fait que dans cette nouvelle civilisation on trouve aussi deux hommes, Felix et Will, qui s’embrassent – pire, qui s’aiment ! -, ça, ce n’est pas possible. 

Déluge de commentaires haineux et homophobes sur les réseaux sociaux… 

La réponse fut cinglante, postée par le compte officiel de la série via Twitter : « _Bien qu'on vous encourage à regarder à l'intérieur de vous-mêmes et d'être plus acceptants, sachez qu'_il n'y a pas de place dans notre communauté de fans pour toute discrimination haineuse. Si les personnes LGBTQ+ à la télévision (ou où que ce soit) vous mettent mal à l'aise ou en colère, je vous prie de ne plus nous suivre ».

Voilà. C’est dit. Et des producteurs qui ne cherchent pas à plaire à tout le monde, c’est suffisamment rare pour être souligné.

L’étonnante une du quotidien allemand Süddeutsche Zeitung

185 visages. Des hommes, des femmes, gays, lesbiennes, bi, trans, queer, ou non binaires… La première page du quotidien allemand est un manifeste pour la visibilité LGBT. Et ceux qui le portent ne sont pas des anonymes, mais des actrices et des acteurs.

On aurait pu penser qu’à leur niveau de notoriété, ou bien qu’évoluant dans un milieu réputé plus ouvert, leur identité ou leur orientation sexuelle ne soit plus un problème, voire plus une question d’ailleurs. 

Faux : la plupart d’entre eux ne l’avait jamais dit publiquement, chacun craignant de nuire à sa carrière. Craintes justifiées aux dires de tout ceux qui se sont vu conseiller par leur agent, leur manager, un producteur, de se taire et de vivre cachés. Comme quoi, sur ce plan là, on sépare rarement l’homme ou la femme, de l’artiste, n’est-ce pas?

Samedi, c’était la journée internationale de lutte contre les mutilations génitales

200 millions de femmes et de filles sont excisées aujourd’hui dans le monde, réparties pour la plupart sur 3 continents et 31 pays. Pour moitié, elles vivent en Egypte, en Ethiopie ou en Indonésie. Et la majorité d’entre elles est mutilée avant l’âge de 15 ans.

L’étape d’après – et ça, c’est vraiment réjouissant – c’est le mariage. Plutôt jeunes, et plutôt forcées. 9000 gamines de 10 à 14 ans ont ainsi été mariées, en Iran, sur les 3 mois d’été 2020, soit 100 par jour. Conséquence directe, d’après les ONG, d’une loi augmentant les prêts accordés aux familles pour les mariages… 

Une autre loi, qui elle, voudrait interdire les mariages d’enfants et d’adolescents, est sans cesse retoquée au Parlement. Pour protéger les filles, tout repose donc sur la volonté de leur famille ou de leurs proches… 

En Inde, Ranjit-Sinh Disale reçoit le « Nobel de l’éducation »

Et parfois, quand même, ça arrive. C’est l’histoire de Ranjit-Sinh Disale, jeune instituteur qui débarque un jour dans cette toute petite école, d’un tout petit village près de Solapur, dans le sud de l’Inde. Les familles sont pauvres, elles savent rarement lire ou écrire : difficile dans ces conditions de pousser les enfants à apprendre et à s’émanciper. L’urgence, c’est la survie économique. Il faut des bras, il faut des dots... 

Mais Ranjit-Sinh Disale s’attaque à la montagne, propose par exemple des versions audios et vidéos des manuels scolaires, pour que chacun de ses élèves ait accès à l’éducation. Les garçons comme les filles. Et pour elles, il se bagarre plus fort encore, faisait campagne contre les mariages forcés. Aujourd’hui, ils ont été interdits dans le village. 

Ce qui a valu cette année, à Ranjit Sinh Disale le « Global Teacher Prize », prix qu’on surnomme le Nobel de l’éducation. Prix qu’il a partagé avec les neufs autres candidats, parce qu’en plus, il est sympa. 

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