La lutte pour l'égalité continue en Wallonie et à Tunis. Mais la législation régresse dans l'état du Dakota aux États-Unis, où les femmes transgenres vont bientôt être interdites de sport féminin.

Cette semaine, on va commencer par parler chiffres. Et ils sont inédits : 17 000. C’est le nombre de personnes sondées dans une enquête  sur l’égalité femmes/hommes, réalisée dans la perspective d'un forum organisé en juin par l’ONU. Il en ressort que pour 80% d’entre elles,  l’égalité de genre est un sujet important – les esprits chafouins noteront que 20% des êtres humains sur cette planète n’en ont strictement rien à faire, mais baste, regardons en avant. 

Et devant, c’est un monde plus divers, plus paritaire, si tant est que les gouvernements se bougent un peu. Oui, pour les deux tiers des sondés, il est temps. Temps d’accélérer les efforts sur la question, avec des mesures ambitieuses, audacieuses, à prendre au niveau des Etats.

Pour la majorité des personnes interrogées, la priorité, c’est la lutte contre les violences sexistes et sexuelles 

Comme quoi, #MeToo a fini par infuser. Suivent, de près, l’égalité des salaires, la santé sexuelle et reproductive des femmes, et le soutien aux mouvements féministes, si si. 

La route est encore longue donc, mais les deux tiers des sondés estiment tout de même que de nets progrès ont été réalisés ces dernières années sur ce terrain. Que les droits des femmes ont vraiment avancé. Enfin, ça, c’est plutôt quand interroge les hommes. Étrangement, les femmes n’ont pas tout à fait le même avis sur la question.

La Wallonie accélère de le tempo dans la lutte pour l'égalité

Un plan global « Égalité femmes/hommes » vient d’y être adopté et il passe par :

  • L’augmentation des places d’hébergement pour les femmes victimes de violences conjugales
  • Le soutien aux femmes qui élèvent seules leurs enfants, avec notamment la prise en charge du coût de la garde, quand elles cherchent un emploi

Mais aussi : 

  • La féminisation des noms de rue
  • La visibilité des entreprises pilotées par des femmes

ou encore : 

  • La formation et la sensibilisation des médecins comme de leurs patientes aux maladies spécifiquement féminines et aux violences gynécologiques

En tout, le plan comporte 44 mesures, ambitieuses, concrètes, coordonnées. Comme quoi, parfois, une petite dose de volonté politique peut légèrement changer la donne. 

Des slogans féministes se joignent aux manifestations à Tunis 

La révolte y gronde et prend de l’ampleur contre la corruption des élites et pour plus de justice sociale. Ce week-end s’ajoutaient aux revendications des slogans féministes. La loi contre les violences faites aux femmes, adoptée en 2017, est loin d’être mise en pratique. Le retour des conservateurs au pouvoir en 2019 a clairement relégué la question des droits des femmes au second plan. Les figures féministes s’en trouvent évidemment fragilisées, pour ne pas dire inquiétées, voire écrouées sans motif valable. 

C’est le cas de la comédienne Rania Amdouni, dont le visage émaille le cortège. Photo brandie par les manifestants et libération immédiate demandée. Fin février, l’activiste voulait porter plainte pour cyber-harcèlement. Elle se rend au commissariat… et n’en sort plus : arrêtée dans un premier temps pour atteinte aux bonnes mœurs (Amdouni est aussi une militante LGBT), elle vient d’être condamnée à six mois de prison ferme pour outrage à un fonctionnaire de police. 

Au Dakota, les femmes transgenres interdites de sport féminin

Le Dakota emboîte le pas au Mississipi et à l’Idaho : bientôt, les filles et les femmes transgenres seront interdites de sport féminin. Ce sont des parents d’élèves qui, à l’origine, se sont inquiétés d’une "concurrence déloyale" (avec beaucoup de guillemets), entre des joueuses nées hommes et les autres – c’est beau, la dévotion parentale. Ils ont été reçus cinq sur cinq. Kirsti Noem, gouverneure du Dakota, annonçait hier sur Twitter qu’elle allait signer cette loi, voulant ainsi « célébrer la journée internationale de lutte pour les droits des femmes en défendant le sport féminin ». Euh… il aurait pas bon dos, le 8 mars, là ? 

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