Une immersion trépidante de la première marche des fiertés en Seine-Saint-Denis en 2019

Alors je sais, tout avait l’air bien calibré, les hommes les femmes, de chaque côté, de la route, c’était balisé, c’était binaire, c’était pépère, c’était facile, et c’était clair, savoir où on mettait les pieds, l’un devant l’autre pour marcher y avait qu’à suivre l’itinéraire, tout droit, une autoroute cinq voies. On savait que le masculin l’emportait sur le féminin. C’était injuste, c’était comme ça. Et comme ça on devait s’aimer, une personne du sexe opposé. Les autres devaient tous se planquer. Baisser la tête, courber l’échine, c’est ça ou s’faire traiter de gouine. Remarquez pédé, ça marche aussi. On aime pas ça, dans ce monde là. Sortir du cadre, c’est pas joli… On le sait on l’a intégré, surtout ne pas se faire remarquer. Rentrer le ventre, retenir son souffle, et puis oublier de respirer. 

Sauf qu’un jour on a besoin d’air, ça devient plus que nécessaire, on continue ? On va crever. Crever de n’être pas qui on est. Crever de devoir ressembler à tous, de passer l’uniforme, se conformer à une norme, celle qui ferait de nous des hommes. Des mâles alpha, allez pousse toi, si t’en es pas tu mérites pas. 

Ceux là on relevé la tête. Celles la on renversé la table. Commencent à poser des questions : comment, et d’où, pourquoi au fond ? Le pouvoir de l’imagination, la puissance d’une génération, le vent de la contestation, veulent pas d’une Start Up Nation, alors c’est la révolution. 

Baptiste Etchegaray journaliste et documentariste, et Hakim  jeune producteur, sont nos invités. Ils sont co-réalisateurs du documentaire "La première marche". qui sort en salle le 14 octobre.
Les enjeux d’intersectionnalité et d’inclusivité des luttes sont clairement posés dans cette immersion trépidante de la première marche des fiertés en Seine-Saint-Denis en 2019

Laélia Veron, Maîtresse de Conférences en stylistique et langue française à l'université d'Orléans, revient sur ce qu'on appelle la "cancel culture", notamment après le renvoi de la militante féministe Alice Coffin de L’Institut Catholique de Paris où elle était professeure.

Christophe MARTET, Rédacteur en chef  Komitid.fr  nous parle du détournement par les gays du hashtag des Proud Boys suprémacistes blancs :   C’est le célèbre acteur gay de la série Star Trek, George Takei qui a lancé la mobilisation 

à suivre également sur Komitid https://www.komitid.fr/2020/10/09/la-revolution-feministe-ne-se-fera-pas-dans-la-subtilite/

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