Le sexe a lui aussi subi les conséquences de la crise du Covid-19. La proportion des Français.e.s n’ayant pas eu de rapports sexuels est passée de 26 % à 44 % qu’ils soient célibataires ou en couple. Les appli de rencontre ont affiché quant à elles un record historique.

Sexe et confinement : une bonne entente ?
Sexe et confinement : une bonne entente ? © Getty / japatino

Oui, moi aussi, j’ai adoré me raconter ce que serait une vie avec moins de métro, moins de boulot et donc, forcément, un peu moins de dodo, et donc, logiquement, un peu plus de bête à deux dos. On a tous aimé l’idée qu’entre deux miches de pain faites maison, tout le monde allait en profiter pour se culbuter sur la gazinière. 

Pour rompre avec la morosité ambiante, "confinement" devait rimer avec rupture des ligaments, ou des préservatifs et, d’ailleurs, leur vente était en chute libre : -26% dès la fin du mois de mars et +37% de tests de grossesse écoulés. L’info, venue de l’observatoire Nielsen, a fait le tour des journaux et, déjà, on parlait de ce baby boom post-Covid comme de la meilleure réponse à ces mois de pandémie, déjà, on élaborait des théories en se disant que voilà, une fois de plus, l’humain, mu par une inoxydable pulsion de vie, disposait de ressources incroyables pour résister à tout, à l’adversité, à l’anxiété, et même au coton tige dans le nez. 

C’était la preuve éclatante qu’Eros triompherait toujours de Thanatos, et que le monde d’après, il était déjà là, avec tous ces petits embryons trop mignons qui du fond de l’utérus, le fabriquaient… Ou pas. C’est l’INED qui, d’abord, a douché nos espoirs, rappelant, chiffres à l’appui, qu'en période de crise et d’incertitude, on a plutôt tendance à appuyer sur pause, reporter à plus tard nos projets d’enfants. Et puis l’IFOP a enfoncé le clou, avec une enquête menée à l’issue du premier confinement. 

Le sexe a pu être une réponse, un antidote, et même un anti-stress pour 3 Français sur 10 environ.

En revanche, le nombre d’abstinents a presque été multiplié par deux : 

La proportion des Français n’ayant pas eu de rapports sexuels dans le mois précédent l’enquête est passée de 26 % à 44 %, qu’ils soient célibataires ou en couple.

Bénis soient les autres ? Pas forcément. Le taux de satisfaction sexuelle moyen – oui, on mesure ça, aussi - a perdu sept points entre le début et la fin du premier confinement. Et, ceci expliquant peut-être en partie cela, en juin dernier, 11 % des Français souhaitaient prendre des distances avec leur conjoint, quand 4 % voulaient surtout s’en séparer. De là à braquer dans l’autre sens, dans le sens d’un Thanatos triomphant toujours, et tragiquement de l’Eros euh… Non, on prête au COVID des pouvoirs qu’il n’a pas. Les couples n’ont pas muté en quelques semaines. 

Pour ceux qui allaient mal avant, la promiscuité a été le coup de grâce. Pour ceux qui allaient bien, c’était l’occasion d’aller encore mieux.

Un Français sur dix s’est même senti affectivement, amoureusement, sexuellement beaucoup plus proche de son partenaire. Surtout s’il est jeune. Au début de son histoire. Et sans enfant dans les parages pour crier "maman !" pile quand il ne faut pas. On aurait pu s’en douter, mais au festival de la galipette covidée, ce sont ces couples-là qui raflent tout. À l’inverse, ceux qui, libidinalement parlant, s’en sont le moins bien sortis sont les célibataires… qui se sont rués sur les applis de rencontres.

Les applis d'échanges et de rencontres ont explosé 

Applis, qui, elles, ont certainement rendu grâce au Dieu COVID : de nouveaux inscrits en pagaille, des temps de conversation qui s’allongent, grâce à des offres de bienvenue, des pack premium et des abonnements gold en veux tu en voilà. 

Le 29 Mars, Tinder, géant des applis de rencontre, affichait un record historique de fréquentation avec trois milliards de personnes connectées dans le monde.

Une semaine plus tôt, le français Meetic enregistrait sa deuxième plus forte période d’activité de l’année. Quand à Gleeden, le site de rencontre pour célibataires qui n’en sont pas, l’un des tous premiers sites de rencontres extra conjugales, alors non seulement son activité a fait un bond en mars de + 170% par rapport à l’année d’avant sur la même période. Mais, pire, 8 utilisateurs sur 10 ont déclenché la fonction « sortie de secours », fonction qui permet de se déconnecter très très vite, en secouant son téléphone, si jamais son conjoint confiné venait à se pointer dans la pièce. Voilà, je pense qu’on peut se quitter là-dessus et souhaiter à tous les amoureux un très bon confinement – surtout s’ils secouent leur téléphone.

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