Cette semaine, une étude du PNUD pas très réjouissante et une éducation sexuelle très lacunaire en Pologne à travers le combat d’Anja Rubik. Mais aussi - bonne nouvelle - la gratuité des protections périodiques est arrivée en Ecosse.

D'après le PNUD, nous sommes 90 % à nourrir au moins un préjugé sexiste
D'après le PNUD, nous sommes 90 % à nourrir au moins un préjugé sexiste © Getty / Shana Novak

Voilà une petite pluie de chiffres qui devrait nous mettre en joie… ou pas

C’est une vaste étude menée par le PNUD (le programme des nations unies pour le développement), dans 75 pays, soit 80 % de la population mondiale. 

Tout pays et tous milieux confondus, hommes/femmes, nous sommes, sur cette jolie planète genrée, 90 % à nourrir au moins un préjugé sexiste

Préjugé qui se traduit dans les faits puisque les femmes représentent à peine 24 % des parlementaires, dans le monde, et 12% des grosses fortunes. Logique, puisque 40 % d’entre nous pensent qu’elles sont moins aptes à occuper des postes de pouvoir et que, d’ailleurs, les hommes devraient être prioritaires sur le marché de l’emploi – si ça n’était pas déjà le cas. 

Les femmes… Elles… Mériteraient bien une bonne baffe ! 

Si si pour 30 % des sondés, battre sa femme peut être, suivant les circonstances, considéré comme acceptable…

On dit quoi : on dit y a du boulot ? 

Certaines le font, ce boulot et plutôt pas mal d’ailleurs… Comme Anja Rubik 

Elle s’appelle Anja Rubik, elle a 36 ans, elle est polonaise et elle était, jusqu’en 2016, plus habituée aux couvertures de Vogue qu’à la contestation politique. Sauf que, cette année là, la Pologne vote une loi particulièrement restrictive en matière d’IVG – obligeant, par exemple, les femmes qui tombaient enceintes suite à un viol, à garder l’enfant… 

Je ne sais pas si vous vous souvenez des manifestations monstres que cela avait entraîné en Pologne… Anja Rubik en était. À ce moment là, elle s’y jette jusqu’au cou, avec son hashtag #sexedpl… Sex-Ed-Pl : c’est le phénomène viral du moment : des campagnes sur internet, des vidéos conçues avec Netflix, un livre devenu phénomène de librairie et une chaîne Youtube qui diffuse des vidéos comme celle-ci : 

On est dans un décor de chambre d’ado, avec ce qu’il faut de poster au mur et de guitare électrique dans un coin de la pièce. Deux canapés : une éducatrice sexuelle, un youtubeur et Anja Rubik elle-même

Ils parlent de masturbation, mais aussi de contraception, ou encore de prévention des maladies sexuellement transmissibles etc…

Chaque vidéo totalise des centaines de milliers de vues… Plébiscité par un public avide d’information… Dans un pays où le seul manuel d’éducation à la sexualité mis à disposition des écoliers s’appelle : « le chemin vers l’âge adulte, préparation à la vie de famille »… Manuel dans lequel ils liront que les filles ne pensent pas comme les garçons, et que c’est pour ça qu’elles sont mauvaises en maths ; que la masturbation est une pratique immature et l’homosexualité une maladie, ou bien encore que les règles sont « les larmes du vagin qui pleure parce qu’il n’a pas d’enfant »… Le tout, transmis, prioritairement par des prêtres et des religieuses : on est dans un pays ultra conservateur, où l’Église a encore la main mise sur l’intime, et où le privé, donc, ne l’est pas… 

Résultat des courses, le taux de grossesses non désirées, de syphilis, et de VIH explose, en ce moment… D’où le combat d’Anja Rubik, qui, rappelons-le, pourra bientôt être poursuivie pour pédophilie… Au nom de la protection des mineurs, les parlementaires s’apprêtent à voter une loi interdisant l’éducation à la sexualité avant 18 ans : tout contrevenant risque 3 ans de prison. On dit quoi : on dit c’est pas gagné 

Alors si, quand même, en Ecosse, c’est gagné ! 

Les protections périodiques seront désormais distribuées gratuitement dans les pharmacies où les clubs de jeunesse

Le Parlement autonome d’Ecosse vient de voter une loi en ce sens, loi totalement inédite dans le monde. Le texte doit encore être amendé, mais à priori, on est bien parti tant il a recueilli de soutiens : 112 députés ont voté pour, zéro contre, et il n’y a eu qu’une seule abstention. La mesure devrait coûter l’équivalent de 28 millions d’euros tous les ans, mais la députée Monica Lennon a réussi à emporter l’adhésion de ses petits camarades: ce sont des produits de base, c’est un droit élémentaire, pas une seule femme en Ecosse ne devrait avoir à vivre sans protection périodique, a-t-elle répété tout au long des débats. Alors on répond quoi ? Prenons en de la graine.

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