L'Arabie Saoudite est en pleine opération séduction à l’égard de la communauté internationale. Toute la com’ est axée là-dessus : modernité, ouverture et bienveillance envers les femmes... Sauf que, c’est vraiment ballot, mais ça tombe PILE au moment où Loujain Al Hatloul entame une grève de la faim.

Ça bouge du côté de l’Arabie Saoudite… Enfin, on aimerait bien. Le prince héritier Mohamed Ben Salman aimerait bien. Dans une dizaine de jours, Ryad va présider le sommet du G20, et le pays est en pleine opération séduction à l’égard de la communauté internationale. Toute la com’ est axée là-dessus : modernité, ouverture et bienveillance envers les femmes – si si. Sauf que, c’est vraiment ballot, mais ça tombe PILE au moment où Loujain Al Hatloul entame une grève de la faim. Son nom ne vous dit peut-être rien, mais pour résumer, cette jeune trentenaire était devenue une figure du féminisme saoudien, avec ce qu’il fallait d’intelligence, d’audace et d’humour… Un peu trop, au goût des autorités qui la font, depuis deux ans, croupir dans une prison de haute sécurité, sans le moindre jugement et à l’isolement, la plupart du temps. Alertées par des ONG, Amnesty en tête, ONU femmes et les maires de plusieurs grandes villes, dont Londres, Paris, ou New York, ont fait part de leur plus vive inquiétude. Au moment où on se parle, des lettres ouvertes et des pétitions circulent un peu partout dans le monde… Avec l’espoir que cela finisse par payer… 

Car oui, c’est parfois le cas. L’avocate iranienne Nasrin Sotoudeh, co-lauréate du prix Sakharov, vient d’obtenir une libération provisoire – sorte de permission de sortie temporaire, mais qui ne change rien sur le fond du dossier. Le fond, c’est une condamnation, en 2019, à 12 ans de prison pour avoir défendu une jeune femme qui refusait de porter le voile. Depuis, la mobilisation internationale n’avait pas faiblit… Mais pas suffit. Fin août, Nasrin Sotoudeh entamait donc elle aussi une grève de la faim. 45 jours plus tard, elle était transférée d’urgence à l’hôpital, dans un état de santé préoccupant. Et si je vous dis que dans ce contexte, des jeunes iraniennes continuent de sortir dans la rue sans le voile, tandis que les saoudiennes, elles, restent actives sur les réseaux sociaux, c’est qu’on est au-delà du courage.

Au Japon, on est en-deça de la tempête, mais au-delà d’un frémissement féministe. Le Japon est une société très patriarcale, on le sait, où la déferlante MeToo a, depuis 3 ans, parfois ruisselé sans faire bouger grand chose il est vrai… Mais là, c’est plutôt le COVID, qui réveille la colère des femmes… Depuis le début de la pandémie, les hommes sont plus souvent au foyer, les relations sexuelles plus fréquentes, qu’elles soient consenties ou non d’ailleurs… Les centres d’appels sont submergés par l’inquiétude de celles qui, craignant d’être enceintes, demandent la pilule du lendemain. Or celle ci, au Japon, ne peut être délivrée que dans le cabinet d’un gynéco ou à l’hôpital, aux urgences. Par ailleurs sans aucun respect de l’anonymat puisqu’il faut au contraire y laisser noir sur blanc son identité complète. Pire, elle coûte 50 à 160 euros non remboursables. Face à la mobilisation des japonaises, le gouvernement s’est dit prêt à envisager une pilule du lendemain accessible en pharmacie, à condition qu’elle soit prise sur place, devant le pharmacien. Et l’intimité… Oh, ça va.  

On termine avec une très bonne nouvelle pour les fans… Ou les femmes ? Les deux. On en sait un peu plus sur le 4ème volet de la saga Thor… On avait laissé le super héros bedonnant, défaitiste, et légèrement alcoolique… Dans ce Love and Thunder, il ne va pas beaucoup mieux, mais on s’en fout parce que c’est Jane Foster, son amoureuse, qui a le marteau, et donc le premier rôle. Elle n’est plus « Madame Thor », elle est une super héroïne, avec des super pouvoirs. Chose d’autant plus réjouissante que Jane Foster est toujours incarnée par Nathalie Portman, actrice qui, dès la toute première marche des femmes sous la présidence Trump, avait été l’une des plus actives dans les luttes féministes aux Etats Unis. Tout un symbole, donc, dont Portman s’empare avec joie. Bon, elle préférerait être Thor, quand même. Et elle a pas… tort. Et ça, c’était ma bonne vanne de la semaine.

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