Cette semaine : Tour des Fiertés dans le monde... Et ironie : la Pride, symbole du combat LGBT, est réappropriée par des hétérosexuels se considérant comme une "majorité opprimée".

La première marche des fiertés LGBT à Sarajevo, Bosnie-Herzégovine, septembre 2019
La première marche des fiertés LGBT à Sarajevo, Bosnie-Herzégovine, septembre 2019 © Maxppp / Fehim Demir

Première marche des fiertés à Sarajevo...

Dimanche, deux-mille personnes ont défilé, poing levé et drapeau arc en ciel, dans les rues de la ville… Officiellement, la loi bosniaque interdit toute forme de discrimination fondée sur l’orientation sexuelle, mais les couples d’hommes, ou de femmes, n’ont pas le droit de se marier et ou d’avoir des enfants. La route est encore longue, donc, mais dans la mesure où la Bosnie était le dernier pays balkanique à ne pas avoir de Gay Pride, l’événement marque un point de bascule et ses opposants ne s’y sont pas trompés. Ils étaient cent-cinquante, environ, à vouloir stopper le cortège… Membres de partis politiques conservateurs, ou d’associations confessionnelles, ils ont prié pour que le déluge s’abatte sur les manifestants. Autant dire qu’il faisait très beau… Et que ça n’a pas marché. Même pas pu avancer d’un mètre, freinés dans ce bel élan d’enthousiasme homophobe par les policiers anti-émeutes déployés pour protéger la Pride. « Jamais nous n’avons vécu une telle humiliation », s’étranglait l’un des leaders de la contre-manifestation… Et moi je l’enverrais bien à Boston, tiens. 

... Et organisation d'une Straight Pride à Boston

Capitale du Massachussetts historiquement très ouverte sur la question de l’homosexualité… C’est pourtant là bas que s’est tenue, la semaine dernière et dans l’embarras général, la toute première Straight Pride, entendez : marche des fiertés hétérosexuelle. Tolérance pour tout le monde, pas seulement pour la communauté LGBT, c’était le mot d’ordre. Et les organisateurs de déployer l’argumentaire : « Nous nous battrons pour le droit des hétérosexuels du monde entier d’exprimer leur fierté sans craindre le jugement ni la haine. Les hétérosexuels sont une majorité opprimée.» 

C’est vrai que c’est chaud, d’être hétéro. Discriminés à l’embauche, moqués dans les cours de récré, insultés, voire castagnés en pleine rue, tout ça parce qu’ils voudraient pouvoir, tranquillement, aimer une personne qui ne soit pas du même sexe qu’eux. Mais ça, non, ben non, pas le droit, dans une ville, dans un pays, dans un monde, même, où l’écrasante majorité est homosexuelle, où les meilleurs postes, les meilleures places ne vous reviennent que si vous en acceptez les codes arc-en-ciel. Un peu comme pour les blancs, en France, victime d’un racisme odieux à cause de leur couleur de peau, voyez ? Non. Personnellement, je ne vois pas. Pas plus que le maire de Boston, d’ailleurs, qui n’a pas pu, juridiquement, empêcher cette Straight Pride, mais qui s’en est dit, à titre personnel, un tout petit peu gêné… A la fois, on ne les a pas loupés, ni dans la presse, ni sur les réseaux sociaux, où les manifestants ont été très largement critiqués. La palme du tweet revient à l’acteur Chris Evans, qui suggère de remplacer « marche des fiertés hétérosexuelle » par « marche des “nous essayons désespérément d’enfouir nos propres pensées gays en étant homophobes parce que personne ne nous a appris à gérer nos émotions quand nous étions petits” ». Un peu facile, ok.  Mais pas totalement faux non plus. 

La colère des Sud-Africaines contre les féminicides

Détour par l'Afrique du Sud et plus précisément, devant le Parlement du Cap, où s’étaient rassemblées des milliers de femmes en colère, jeudi dernier. Habillées en violet, couleur des mouvements féministes, ou en noir, couleur du deuil, évidemment, elles demandaient au gouvernement des réponses urgentes, face à des listes de victimes qui ne cessent de s’allonger : 30 féminicides pour le seul mois d’août. Et sur l’année, on compte 137 infractions sexuelles en moyenne, par jour, en Afrique du sud. Le président Ramaphosa a promis aux manifestantes de faire changer la loi pour que les violences sexuelles, sexistes, conjugales, ne restent pas des crimes impunis. C’est alors que l’émoi se propagea à toutes les villes du pays. Des milliers d’agresseurs, se sentant discriminés, bafoués, humiliés, sont descendus dans la rue, pour réclamer le droit de pouvoir violer au castagner peinard. Je déconne. 

Quand les fabricants de dentifrice britanniques boostent leurs ventes..

... Mais pas forcément pour des raisons d’hygiène dentaire. C’est plutôt de performance pénienne qu’il s’agit... Au moment où l’on se parle, des petits tutos rigolos pullulent sur les réseaux sociaux. On y apprend aux hommes à s’oindre le pénis de dentifrice afin de gagner trente minutes d’érection supplémentaire au lit. Le problème, c’est que ces vidéos totalisent des millions de vues. D’où l’inquiétude des médecins, d’où ce cri d’alarme très officiellement relayé par le Daily Mail cette semaine : « Warning, gentlemen….» L’étalage de pâte à dent sur verge fatiguée n’aidera jamais personne à bander. En revanche, comme tout produit chimique sur muqueuses fragiles, le risque de blessures et de brûlures n’est pas négligeable… Un peu comme  l’ail dans le vagin. Vous vous souvenez, Fabienne… Cet engouement subi qu’avaient eu les femmes, en Grande-Bretagne aussi, pour leur hygiène intime et pour la gousse d’ail... Là encore, la mode avait pris sur YouTube. Là aussi, les médecins s’étaient fendus d’un communiqué officiel… Eh ben voilà, comme quoi, l’égalité, ça s’attrape aussi dans les tutos rigolos.

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