Patrick O'Connell, créateur du ruban rouge, symbole de la lutte contre le Sida, est décédé la semaine passée à l'âge de 67 ans. Tandis qu'un vent de féminisme souffle en Chine, la Croatie connaît une première : l'adoption d'enfants par un couple homosexuel.

On commence avec cette première judiciaire, en Croatie : on est dans un pays catholique et conservateur, où Mladen Kovic et Igo Segota ne pouvaient donc pas se marier. À défaut, les deux hommes ont conclu un "partenariat de vie", et puis ils ont voulu adopter des enfants. Hors de question : ils sont déboutés, une première fois. 

Sauf qu’ils se battent et au bout de 4 ans, obtiennent gain de cause : un tribunal de Zagreb vient de les autoriser à devenir famille d’accueil. Alors c’est rien, et c’est énorme. Rien, parce qu’ils ne sont que famille d’accueil, et ils sont bien les seuls, en Croatie. Mais justement, c’est une première et ça peut devenir énorme : cette décision de justice pourrait faire jurisprudence. À terme, la Croatie pourrait bien être le 15ème pays membre de l’UE à ouvrir l’adoption aux couples homosexuels. 

Une nouvelle qui aurait sans doute fait plaisir à Patrick O'Connell...

Là, comme ça, son nom ne vous dit peut-être rien. Pourtant, le 2 Juin 1991, on ne parlait que de lui. Les images des Tony Awards faisaient le tour du monde. Au revers de la veste, le maître de cérémonie, Jeremy Irons, portait un drôle de petit ruban rouge. Dans la salle, il y en avait un peu partout aussi, sur les smokings comme sur les robes… 

C’était le coup d’éclat, le coup de génie de Patrick O’Connell, pour rendre visible une maladie, le Sida, qui décime à ce moment là la communauté gay dans le monde entier, et dans le plus grand silence. Lui même l’avait contractée au milieu des années 1980. Il voit, autour de lui, ses copains tomber comme des mouches. "On n’avait plus le choix, il fallait faire quelque chose", expliqua-t-il un jour à la BBC. 

Ce "quelque chose", c’est d’abord une association, Visual Aids, et une série d’actions militantes, dont celle-ci, la plus belle, la plus forte : l’idée de ce petit morceau de tissu.

"Rouge comme le sang, rouge comme l’amour", disait Patrick O'Connell à l’époque

Conçu d'ailleurs sur le modèle du ruban jaune que les Américains portaient pour soutenir les soldats envoyés dans le golfe. Là, c’était les malades qu’on soutenait et pour la première fois. En 1991, O'Connell plie et découpe lui-même, avec des dizaines de camarades, des rubans rouges en série. Ils prennent leur téléphone, appellent tous ceux qu’ils connaissent et qui participeront aux Tony Awards. Ils leur demandent de porter le ruban. 

La suite, vous la connaissez : ça prend, ça marche, aujourd’hui encore, des millions de personnes l’épinglent, à travers le monde, le 1er décembre, lors de la journée mondiale de lutte contre le Sida. Patrick O’Connell, vient de mourir, des suites de sa maladie. Le ruban, lui, survit. On meurt toujours, on lutte encore. À vous de voir comment vous voulez vous raconter l’histoire. 

Et on termine avec le chiffre de la semaine…

20% des femmes, en Chine, sont malheureuses en ménage et regrettent de s’être mariées. Contre 7% des hommes… Pourquoi un tel décalage ? La charge domestique, très très inégale, est principalement pointée par les personnes interrogées. On est aussi dans un pays patriarcal, où la pression nataliste a par ailleurs succédé à la politique de l’enfant unique… 

Or, doucement, mais sûrement, un vent de féminisme se met à y souffler. C’est léger, une brisounette à tout casser, n’empêche que les chiffres s’envolent : elles n’étaient que 12% à se dire profondément insatisfaites de leur mariage en 2017. 

Depuis, le confinement est aussi passé par là. Amenant une explosion des violences conjugales, comme un peu partout dans le monde, et une forte hausse des divorces… Moi, c’est vrai, à vous raconter ça, je peux pas m’empêcher de me demander ce que donnerait une telle enquête si elle était menée en France. Allez, les amoureux, bonne soirée ! 

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