Les tabous de la sexualité et du genre sont remis en question, dans un monde patriarcal à priori hostile à la différence, dans le film "Madame" de Stéphane Reithauser

Vous vous êtes déjà demandé, comment tout ça a commencé, quand est-ce que ça s’est vraiment joué, et qui est-ce qui a décidé, que pour l’humanité entière, d’un bout à l’autre de la terre, y en aurait qu’un qu’aurait les clés du moteur, un seul qui saurait, et où aller, quand y aller, et qui aimer, comment baiser. Qui aurait le droit de travailler, qui aurait celui de la fermer. Il décide, toi, tu obéis. T’es pas comme lui, un homme, un vrai ? Courbe la tête, s’pèce de tapette, et sèche moi donc cette vilaine larme, c’est affreux, on dirait une femme. Allez montre moi que t’es un mec, fais voir tes poils, fais voir tes pecs, crachat par terre, main sur le cœur, génuflexion et dévotion : c’est lui notre maître étalon. 

Enfin pardon, parce que c’était, oui c’était comme ça jusqu’ici… Je sais pas vous, mais moi je me dis, quelque chose est en train de se passer et le colosse, de s’fissurer. Ca bouge, ça tangue, et ça secoue… C’est ça aussi, l’effet MeToo. Là ça explose, là ça tempête, au fond ça devait arriver. Les rois finissent décapité. Eh oh du calme, c’est une image, c’est juste pour dire que la marge, en a eu marre de se laisser faire, que l’autre moitié de l’humanité a demandé à exister. Il va falloir faire de la place, va falloir fendre la cuirasse, et puis apprendre à partager, et peut-être à réinventer, le sexe et la sexualité. C’est réjouissant, c’est excitant, bonne nouvelle on commence maintenant.

Invité 

Stéphane Riethauser est né en 1972 à Genève. Licencié en droit à l’Université de Genève. Enseignant, activiste gay, photographe, journaliste, traducteur et réalisateur.  il vient nous parler de son film Madame, actuellement en salle Saga familiale basée sur des images d’archives privées MADAME crée un dialogue entre une grand-mère au caractère flamboyant, et son petit-fils cinéaste Stéphane. Les tabous de la sexualité et du genre sont remis en question dans un monde patriarcal à priori hostile à cette différence

Observateurs 

Elliot Lepers  activiste féministe anti-raciste et écologiste nous parle de la chanteuse Angèle qui paye les pots cassé sur les réseaux sociaux pour son frère Roméo Elvis, accusé d’agression sexuelle

Isabelle Motrot Directrice de rédaction de Causette revient sur le parcours inspirant de l'actrice Diana Rigg, qui incarnait Emma Peel dans «Chapeau melon et Bottes de cuir». L’anti-potiche 

Diana Rigg s’est éteinte à 82 ans, jeudi. Pourquoi dans Pas son Genre ? Car pour la 1ère fois, (on est en 1965 ) Diana Rigg devient l’intrépide Emma Peel, formant un duo d’agents secrets décalé aux côtés de John Steed, incarné par Patrick Macnee.  Emma c’est Une des figures du Swinging London, l’égale de son partenaire, un personnage intelligent, avec un sens de l’humour, une modernité, délicieuse,  Et même ( ça c’est unique à l’époque) une force physique redoutable , courageuse, elle conduit sa Lotus et  fait de l’escrime.  Par ailleurs, elle est belle ( et une femme belle et intelligente et forte, c’est pas courant) et habillée par Pierre Cardin qui lui fabrique des  combinaison en cuir à la Catwoman et des petit jogging en lycra à zip tout à fait pop. Diana devient un sex-symbol et une icône des sixties. ça l’agace : « rabaissée, parce que j’étais tellement bien plus que cette simple image de femme sexy ». Dans la vie : Elle apprend que sa rémunération est minable,  « Au début je gagnais moins que le cadreur », MAIS elle obtient gain de cause.

Le Causette actuel sur la rentrée littéraire est en kiosque 

Hors série de Causette : l’école tradi est finie  Magazine n° 114 – Septembre 2020 

Programmation musicale
L'équipe
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.