Pour le tour du monde des droits des femmes et de la communauté LGBT, on parle de l'interdiction du port des lunettes en entreprise pour les Japonaises...pas assez sexy, apparemment. Meilleures nouvelles: la fin de la taxe-tampon en Allemagne, et les avancées de l'égalité hommes-femmes dans le monde du foot.

Joueuse de football
Joueuse de football © Getty / Amanda Mustard

Les lunettes déconseillées au travail pour les Japonaises...

On démarre avec les lunettes si vous voulez bien. Lunettes interdites, au Japon. Pour les femmes, sur leur lieu de travail. Alors, évidemment, rien dans la loi ne les proscrit – sont pas si fous. Mais en pratique, elles sont vivement déconseillées. Soit parce que ça donne l’air froid, soit parce que ça ne met pas en valeur le visage. Ça, c’est pour les arguments avancés par les entreprises… Arguments jugés d’autant moins convaincants que les hommes, eux, ont bien sûr le droit de porter des lunettes sans que personne ne les trouve inamicales ou inesthétiques… D’où ce hashtag, qui circule en ce moment sur les réseaux sociaux japonais, contre des codes vestimentaires jugés sexistes… Et c’est la deuxième fois en six mois… 

Vous vous souvenez, l’an dernier, ce mouvement de colère des Japonaises contre l’obligation de porter des talons hauts sur leur lieu de travail ? De là à se dire que le vent de révolte insufflé par MeToo est en réalité si puissant qu’il se soit mis à souffler aussi sur un pays pas radicalement féministe de prime abord… De là à penser qu’éventuellement il serait temps de commencer à concevoir qu’on puisse un jour, peut-être, nous lâcher un tantinet la grappe sur comment on s’habille ou pas, sur ce qu’on porte ou pas, sur ce qu’on choisit de voiler ou pas… Je sais pas vous, mais il y a comme un pas que j’ai très envie de franchir…

En Allemagne, la fin de la taxe-tampon

Oui, les tampons, considérés comme des produits de luxe, en Allemagne et au même titre que le caviar ou la truffe, taxés, donc comme eux, à hauteur de 19%, donc… Mais ça… Ça, c’était avant. Les féministes allemandes viennent d’enregistrer cette jolie victoire : les protections périodiques seront classées, Outre-Rhin, à compter du 31 décembre, dans la catégorie « produits de première nécessités », et donc taxés seulement, à hauteur de 7%. Ça paraît tomber sous le sens, sauf que l’élimination de ce qu’on appelle la « taxe tampon » est un combat planétaire, loin d’être gagné partout… Or, il est urgent, quand on sait que les femmes dépensent environ 3000 euros, sur toute une vie, pour acheter en moyenne 11 000 tampons ou serviettes hygiéniques. 

Et c’est pas comme si c’était un caprice, hein, d’avoir ses règles… Donc avoir accès à un minimum d’hygiène, ça s’appelle un droit… Sauf que ça représente aussi plusieurs milliards de recettes fiscales… D’où la difficulté à faire plier les politiques… En France, ça fait seulement quatre ans que les protections périodiques ne sont plus taxées qu’à 5,5%, comme n’importe quel autre produit de consommation... Bien, mais peu mieux faire disent les militantes, pointant du doigt des pays comme l’Australie, le Kenya, la Tanzanie ou le Canada : là-bas, sur ces produits là, on ne paye plus de TVA. Point.

Ça bouge dans le monde du football.

Admettons qu’on prenne la France comme point de repère dans l’espace et la coupe du monde féminine comme point de repère dans le temps… Ça donne, le 18 juin dernier, le JT de 13 heures, sur TF1. Voilà, voilà, voilà…

Depuis, les joueuses, dans le monde entier, ont explosé leur cote de popularité et les chaînes leurs records d’audience… Résultat des courses, en Australie - et c’est unique au monde - les joueuses de l’équipe nationale seront désormais payées autant que les hommes et, mieux, voyageront, comme eux, en classe affaire – faut croire qu’avant on les faisait voyager dans la soute à bagages. 

En Allemagne, les joueurs boycotteront dorénavant tous les pays où les femmes n’ont pas les mêmes droits que les hommes. Promesse, faite, cette semaine, par le président de la fédération allemande de foot, et nous, on se demande, quand même, du coup, où est-ce qu’il vont bien pouvoir aller jouer, mais bref... 

En Italie, la défenseuse Eléna Linari vient de faire son coming-out et c’est une première, pour une joueuse internationale… Donc oui, on n’a pas fini de mesurer l’impact de la coupe du monde sur une certaine évolution des mentalités dans le football… 

Quant à notre mètre-étalon, quant à la France… Eh ben nous, quand même, on a fini par se demander si beugler « enculé » dans les stades, c’était pas un tout petit peu homophobe. Alors certes, euh, on a toujours pas la réponse, mais on va dire que… Au moins, on s’est posé la question ?  

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