Cette semaine, pour le tour du monde du droit des femmes et de la communauté LGBT, une convention masculiniste qui veut nous expliquer comment être femme, « sans tatouage ni dette » ! Mais aussi un candidat homosexuel à la présidentielle polonaise, une étude sur les représentations du pouvoir chez de jeunes enfants...

Capture écran de la chaîne YouTube 21 Studios
Capture écran de la chaîne YouTube 21 Studios © 21 Studios

Femmes, réjouissez-vous...

Pour vous, et pour toutes celles qui rêvent d’une expérience ultime, trois jours et trois nuits « miraculeuses », promis, début mai en Floride, avec des hommes 100% mâles, 100% virils, qui sauront faire, ou refaire de vous des femmes, des vraies… Ce rendez vous… Mesdames, remontez-moi ce pu-pull, c’est à votre mental qu’on s’adresse ici. 

Mental abîmé, disent les organisateurs de cette « 22 Convention ». Abîmé par des décennies de harcèlement féministe, une tyrannie qui nous a conduites, vous, moi, nous toutes, vers l’inexorable déclin de notre épanouissement personnel, à force de lutter contre les lois de la nature. 

Explosion du nombre de mères célibataires, disparition des bonheurs de la séduction : le bilan est certes douloureux mais tout n’est pas joué. Vous pouvez réapprendre à être une femme, « sans tatouage ni dettes » - selon la formule ici consacrée, les dettes faisant référence à ces prêts étudiants contractés par toutes ces sales petites ambitieuses qui rêvent d’avoir des diplômes, les connes ! Pardon. Mais bon...

Oubliez l’indépendance financière et la réussite professionnelle. 

Venez plutôt vous asseoir, comme sur la plaquette de la conférence, en robe blanche, au milieu des pâquerettes, et, chut, tendez l’oreille… Femme tu te tais, femme, tu écoutes : devant toi, pour toi, réjouis-toi. Va défiler à la tribune tout ce que les Etats-Unis comptent de masculinistes et de suprématistes blancs, pour te faire rentrer quelques fondamentaux dans ta petite tête de linotte. Comme dans cet atelier, par exemple où l’on rappelle que, oui, « le futur est toujours masculin »

Ben, je rêve où on dirait qu’il a peu-peur, malgré ses mu-muscles, le bonhomme ?

Depuis deux ans, depuis MeToo, ce type de discours pullule sur Internet, en librairie, et dans la vraie vie. Tout ce qui n’est ni blanc, ni hétéro, ni mâle est une menace à éradiquer, et vite. Remettre sur pied un monde qui semble sur le point de s’effondrer, voilà le mot d’ordre de ce qu’il est désormais convenu d’appeler la « manosphère ». Entendez : la communauté des hommes... Et « Make Women Great Again », c’est le slogan de cette convention, qui démarre en 2020 à grands coups de matraquage publicitaire et... de soldes, si si. L’entrée est à moitié prix, en ce moment. 

999 euros les trois jours de misogynie crasse, avouez, c’est cadeau ! 

En Pologne, un candidat homosexuel à la présidentielle

Il s’appelle Robert Biedroń, il est polonais, eurodéputé, à 44 ans, il est la première personnalité politique importante du pays à se dire ouvertement homosexuel et il vient d’être désigné candidat de la gauche à la présidentielle du printemps prochain. Cette nomination doit encore être entérinée officiellement dans les jours qui viennent, mais si elle se confirme, le principal opposant au très conservateur président sortant Andrzej Duda, ce sera lui. 

Et c’est un improbable virage à 180° qui se profile, dans un pays toujours plus catholique, sexiste, et homophobe. Au moment où le gouvernement veut autoriser, par exemple, les commerçants à refuser l’entrée de leur magasin à des personnes LGBT … Robert Biedroń, lui, prône la séparation de l’Eglise et de l’Etat, l’égalité des salaires entre les femmes et les hommes, et veut instaurer une union civile entre personnes du même sexe. On lui souhaite quoi : bon courage ? 

L'étude (déprimante) de la semaine

Publiée par la revue Sex Role, revue spécialisée dans les études de genre. Les chercheurs ont soumis en France, au Liban et en Norvège, 900 enfants de 3 à 6 ans à une batterie de tests pour mieux comprendre quelle représentation on pouvait avoir, à cet âge, de l’équilibre entre les hommes et les femmes. 

On leur soumettait notamment des dessins, représentant deux figurines asexuées : l’une en position de domination, bref, l’une faisant le chef, pour faire court, et l’autre obéissant. On leur demandait ensuite qui était la fille et qui était le garçon… Et les résultats sont assez nets : dans l’esprit d’un gamin de 4 ans, quelle que soit sa culture, scandinave ou méditerranéenne, c’est l’homme qui commande et la femme qui exécute. Je sais, ça fout les boules. Mais je vous quitterai quand même là-dessus.

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