Joe Biden semble tenir ses promesses de campagne : les LGBT+ étaient au cœur de son discours sur la nouvelle diplomatie américaine. Pendant ce temps, vagues d'indignations en Chine et au Japon suite à un fascicule éducatif sexiste et la sortie misogyne du président du comité d'organisation des JO de Tokyo.

Joe Biden, 47ᵉ vice-président des États-Unis
Joe Biden, 47ᵉ vice-président des États-Unis © AFP / Saul Loeb

Le président Biden ne déçoit pas ceux qui avaient cru au candidat Biden. Dès son tout premier discours de politique étrangère, le nouvel hôte de la Maison Blanche confirme ses promesses et marque un tournant très clair. 

L’Amérique est de retour, la diplomatie est de retour… Cela claque et s’assortit d’un discours qui peut mettre un peu de baume au cœur de ceux qui, pendant 4 ans, avec Donald Trump, se sont pris une avalanche de mesures transphobes et de décrets homophobes. Joe Biden a affirmé :

"Tous les êtres humains doivent être traités avec respect et dignité. Ils doivent pouvoir vivre sans avoir peur, peu importe qui ils sont et qui ils aiment

Alors je sais, ça fait un peu Bisounours, dit comme ça. Sauf que : 

  1. Joe Biden a demandé dans la foulée à toutes les agences américaines de l’étranger de lui fournir, dans les 180 jours, un plan d’action pour faire des questions LGBT+ une priorité de la diplomatie américaine

  2. Pour coordonner le tout, et renforcer encore l’attention sur le sujet, un émissaire spécial va être nommé

  3. Les demandeurs d’asile LGBT+ ont reçu la promesse d’être désormais protégés par les Etats Unis. 

Promesse qui prend tout son sens quand on se souvient que dans 69 pays au monde, l’homosexualité est encore réprimée. Et que dans 11 d’entre eux, elle est même passible de la peine de mort. 

La Chine inquiète d’une pluie…

… de testicules. Trop de femmes qui ont pris trop de pouvoir, et trop de mères qui élèvent trop de garçons dans des valeurs trop féminines, ça nous donne une génération de Chinois émasculés, un pays en mal de héros, de vrais.

Cela, ce n’est pas nouveau, c’est un refrain qu’on entend souvent à Pékin. Mais là, ça se traduit par un fascicule édité par le ministère de l’éducation et dont le titre ne laisse pas franchement place au doute : « Propositions pour prévenir la féminisation des adolescents ». 

Et cela passe par exemple par la promotion du foot dans les collèges et les lycées, ou par le recrutement de profs mâles, et pourquoi pas par la création de classes entières réservées aux garçons… Shanghai l’a fait : des sections spécifiques où les élèves apprennent la boxe, le bricolage – la vie, quoi. L’été, ils passent par des camps militaires, et vous me reprendrez bien un petit peu de masculin toxique au passage, c’est vrai qu’on en manquait. Bref, rien de très surprenant du côté des autorités chinoises. 

Sauf que cette fois le monde a bougé, jusqu’en Chine où certains discours suscitent maintenant une levée de boucliers sur les réseaux sociaux. Ce fut le cas de cette notice, dont on a vilipendé le sexisme. Déluge de commentaires pour en appeler à la fin de ces stéréotypes de genre… "Les garçons sont des êtres humains", écrit quelqu'un. Ils ont aussi le droit de pleurer". Ah bon ? Et depuis quand ? 

La révolution féministe a-t-elle enfin lieu au Japon ?

Je résume, pour ceux qui auraient raté les épisodes précédents : Yoshiro Mori, président du comité d’organisation des JO de Tokyo déclare, la semaine dernière, que les réunions des instances sportives sont interminables, parce que les femmes prennent trop la parole et trop longtemps. A 84 ans, le bougre n’en est pas à sa première sortie sexiste. 

Sauf que là, ça ne passe pas. Colère dans la rue et sur les réseaux sociaux. Mori finit par démissionner. Et beaucoup y voient l’entrée dans une nouvelle ère pour l’un des pays les plus patriarcaux au monde : classé au 121e rang mondial sur les questions d’égalité femmes/hommes, le Japon est aussi le pays où 70% des femmes cessent de travailler quand elles deviennent mères. 

Dans ce contexte, on a senti des frémissements de colère, régulièrement, depuis le début du mouvement MeToo. Mais bizarrement, au Japon, c’est toujours et très vite retombé. 

Toute la question sera donc de savoir par qui Yoshiro Mori sera remplacé. Si son double prend le relais, alors rien n’aura changé. Mais si c’est un jeune, une femme, ou une jeune femme, alors oui, cette fois, on pourra vraiment le dire : une page aura été tournée. 

A suivre, donc…

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