D’après la dernière enquête IFOP sur la sexualité des françaises, 1 femme sur 4 n’a pas joui lors de son dernier rapport ; 2 femmes sur 3 simulent ; 20 à 30 % d’entre elles seulement peuvent avoir des orgasmes par stimulation vaginale uniquement et 1 sur 2 souhaitent pratiquer d'autres gestes que la simple pénétration.

Une étude a été menée par l'IFOP sur la sexualité des françaises et leur rapport à l'orgasme
Une étude a été menée par l'IFOP sur la sexualité des françaises et leur rapport à l'orgasme © Getty / Arman Zhenikeyev

Une pensée pour celles qui nous écoutent… Une pensée pleine de sororité et de concupiscence. Cela nous fait… un léger problème avec la pénétration. 

Attention : pas pour les hommes, à première vue, einh… Eux, 9 fois sur 10, ils ont joui lors de leur dernier rapport et ce, moyennant quelques allers et retours péniens, après quoi… Basta. 

Sa majesté le pénis 

L’éjaculation masculine signe la fin du rapport sexuel, comme la pénétration en marquait le début. Pilier de la chambre à coucher, pivot d’un imaginaire un brin étriqué, totem de la virilité, le Saint Pénis concentre, à lui tout seul, l’alpha et l’omega de notre sexualité. Quand l’homme sexe, l’homme chasse, l’homme attrape, prend, possède, bref, conquiert une terre, vierge, si possible, et il l’explore, en long, en large, en travers, instinct de propriétaire, il la maîtrise, il la contrôle, omettant rarement de la quitter sans l’avoir, au préalable, ensemencée, la préservant ainsi d’une désolante stérilité. 

Reconnaissante et dévouée, la femme, elle… accueille, recueille, reçoit, attend - et compte les moulures au plafond accessoirement...

Plein d'autres moyens existent pour faire du sexe autrement 

C’est marrant, parce qu’à priori, on a aussi des mains, des langues, des doigts. C’est drôle parce qu’avec, on pourrait titiller, chatouiller, effleurer, mordiller, suçoter, décoller, même, quand c’est bien fait. Et ça arrive, d’ailleurs, parfois. Mais ça compte pas. Pas en soi. Nécessaire à la lubrification du réceptacle et à l’érection du piston, les préliminaires auraient une utilité toute mécanique et finalement accessoire, sortes de préalables aussi utiles qu’anecdotiques pour connaître les joies du sexe, le vrai, le costaud, le qui pénètre, le qui croit, le qui multiplie : je bande donc je suis, je baise donc je me reproduis. 

Sauf que… C’est fini, tout ça, non ? Au risque de paraître audacieuse, j’ai l’impression que d’aucuns copulent hors mariage, que d’autres se marient hors église et sacrement, et que tous forniquent parfois sans faire d’enfants, juste pour le plaisir –  et je savais qu’un jour j’arriverai à citer Herbert Léonard dans cette chronique, hiha. 

En tous cas, avec la contraception, la sexualité s’est dissociée de la reproduction. Reproduction qui, elle, l’ingrate, est à son tour en train de se détacher de la sexualité, PMA oblige. 

De là à se dire qu’on pourrait, dans tous les cas, se passer de pénétration… Eh ben techniquement, oui, enfin, on aimerait bien. Pas pour toujours, juste de temps en temps, essayer de faire du sexe autrement… 

Dans ce sondage IFOP, elles sont 1 sur 2 à souhaiter donner plus de place à d’autres gestes que la pénétration. Et, en pratique, elles sont de plus en plus nombreuses à le faire… Seules

En un demi siècle, les adeptes de l’onanisme – ou du "Do It Your Self Sex", si vous préférez – ont été multipliées par quatre. De vous à moi, franchement, avec un bijou pareil entre les mains, on les comprend : 

Le clitoris est l’organe le plus sensible qu’on puisse trouver chez l’être humain. 8000 terminaisons nerveuses – contre 4000 pour le gland… Je sais, ça fait envie. 

Envie de se dire qu’on pourrait même se passer d’un pénis ? 

Aïe. Figurez vous que certaines le font aussi. Il y a des femmes, qui aiment les femmes, qui font l’amour avec elles, et qui adorent ça. Au point, d’ailleurs, de se passer complètement des hommes dans leur vie quotidienne. Elles ne l’attendent pas, elles ne le cherchent pas, elles sont bien comme ça. Je sais, c’est un peu insolent. Comme une offense à sa majesté la bite que notre vision hétéro normée, voire phallocentrée des choses aurait un tout petit peu de mal à digérer. 

Oui, mais va peut-être falloir lâcher du lest, donner du mou – même si je sais que dès que je dis « mou », vous commencez tous à flipper. Du calme. 

Ça peut paraître intéressant à une époque où les femmes demandent un peu plus d’échange et d’équilibre entre les sexes, d’élargir un chouille le répertoire, de renouveler les pratiques, au-delà du simple culbuto, voyez ?

Vous devriez. Si, vous avez tout intérêt à le faire… à partir du moment où le Saint Pénis n’est plus seul à porter l’entière responsabilité du coït, alors il a la paix. Il peut faiblir, il peut débander, il peut avoir ses états d’âmes et les problèmes de taille, wallah c’est réglé. 

Quant à la pénétration, si vous l’adorez… on peut la garder. Simplement, parfois, c’est vous qu’on pourrait pénétrer. Et c’est bizarre, parce que qu’au moment où j’ai dit « vous qu’on pourrait pénétrer », j’ai senti pas mal d’oreilles se fermer. 

C’est dommage, j’aurais pu leur parler du plaisir prostatique. Il paraît qu’il est gigantesque !

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