Cette semaine, pour le tour du monde des droits des femmes et de la communauté LGBT, une pub de vêtements inclusive qui fait parler d'elle, un gynécologue qui visiblement n'aime pas les femmes, et un adage sur les mariages coûteux...

Capture d'écran de la publicité H&M
Capture d'écran de la publicité H&M

Oubliez le gris du ciel, l’horizon bouché de nos retraites et accessoirement les routes aussi. Oubliez le noir de la colère, le rouge de la grève, et vos semelles usées d’avoir bien trop marché. Quant à celui qui blâme sa femme pour avoir mal rempli sa déclaration de patrimoine, à sa place, oubliez le aussi. Mettez le de côté. Tout est calme, reposé, entendez les clochettes tintinnabuler.

Et je peux vous filer un peu de mon LSD. Bref, laissez-vous pénétrez par l’esprit de Noël. Avec Judy Garland en fond sonore, vous êtes en famille, à décorer le sapin. Vous êtes avec votre amoureux, marchant main dans la main. Avec ces filles qui, dans ce Lavomatic, s’échangent des regards brûlants. Et ces deux hommes, là, qui s’embrassent langoureusement… Et bonjour papi, bonjour mamie. Bienvenue dans la nouvelle campagne d’H&M qui, pour les fêtes, met tout le monde en paix – et tout le monde sur le même plan. Jeune, vieux, noir blanc, l’important c’est qu’on s’aime, homo, hétéro, qu’importe on est tous les mêmes… Ça fait un peu Yannick Noah, Bisounours et mou du genou dit comme ça… 

Mais ça n’est pas rien, cette pub. Le géant de l’habillement suédois marque clairement son engagement en faveur d’une société plus inclusive. Son soutien à la communauté LGBT n’est pas nouveau, cela dit. Ça lui vaut, à chaque fois, autant d’applaudissements de la part des principaux intéressés que de commentaires dégueulasses sur les réseaux sociaux... Le groupe a fini par les supprimer tant il y en avait, cette fois encore. Alors, à tous ceux qui sont choqués par deux filles dans un Lavomatic (ou ailleurs), on rappellera simplement que l’homosexualité n’est pas un crime, mais que l’homophobie, elle, reste, un délit - et qu’il serait peut-être temps de se laisser pénétrer… Par l’esprit de Noël, évidemment. 

Le champion de la semaine : Jeff Hoeyberghs, chirurgien... mais pas féministe

Il s’appelle Jeff Hoeyberghs, il est flamand, chirurgien, et il était l’invité d’une conférence organisée par une association étudiante, un tantinet conservatrice, à l’université de Gand. Devant un public quasiment acquis, il s’est sans doute senti chez lui… Son intervention, c’est un festival de sorties toutes plus sexistes les unes que les autres. Je vous en donne trois, allez, et la plus soft pour commencer : « Les scientifiques sont principalement des hommes, car, chez les femmes, il y a toujours leurs émotions qui interviennent ». Ah ben oui, tout ce qui est hormone, utérus, règles et compagnie, ça le connaît, le chirurgien…

Mais nous avons mieux : « On leur a donné des machines à laver, des lave-vaisselles, des femmes de ménage... tout. Jusqu'à ce qu'elles soient devenues inutiles ». Surtout quand elles sont scientifiques, je suppose… Si seulement, elles acceptaient, de temps en temps d’écarter les pattes. Mais non, c’est fini, ça, dixit le pro du spéculum, qui est aussi, visiblement, psycho-sociologue à ses heures perdues : « Les femmes veulent les privilèges de la protection masculine et de l'argent, mais elles ne veulent plus ouvrir les jambes ». Et c’est vrai, il a raison, on est quand même de sacrées connasses, quand on y pense. Enfin... si parfois, il nous arrivait de penser. 

En revanche, les caméras, elles, ont tourné, dans l’amphi. Le discours a été filmé et posté sur Facebook. 1200 signalements au recteur de l’université qui a dû s’excuser… Mais pas lui, pas Jeff Hoeyberghs, qui persiste et qui signe, face à une journaliste de la télévision flamande venue l’interviewer… 

Tout ça, c’est à cause de MeToo, affirme-t-il : « Le problème, c'est que les femmes veulent une égalité, mais veulent garder les privilèges offerts par les hommes sans leur devoir l'élégance traditionnelle des bonnes femmes, ce n'est pas possible. Si vous regardez par exemple combien d'impôts payent les hommes et de combien de dîners au restaurant bénéficient les femmes, l'addition est très élevée ». Un champion, on vous dit !

Plus cher ton mariage te coûtera, plus vite tu divorceras

C’est la conclusion d’une étude menée par des chercheurs de l’université de Singapour. Intitulée « Les diamants sont éternels et autres contes de fées », elle met une sacrée claque à nos lâchers de colombes et à nos envies de calèche. Vous passez la barre des 11 000 euros la cérémonie ? Vous avez 1,3 fois plus de risques de divorcer. Surtout si vous vous trouvez mutuellement moche. Oui, l’absence d’attirance physique semble être le deuxième facteur de risque pour que le mariage périclite. Alors oui, quand on aime, on compte et on se mate. Non, on ne vit pas d’amour, d’eau fraîche et de cécité. Vive l’esprit de Noël !

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