Chaque semaine, des nouvelles des femmes et des droits LGBT. Cette année, y aura-t-il un ou des couples de danseurs gays dans "Danse avec les Stars" ? Au Kenya, dans le Compté de Bomet, le triste destin de Jackline face à ses premières règles.. "Le Kit Me Too" ou la prévention en cas d'agression sexuelle chez soi...

Bientôt des couples homosexuels dans "Danse avec les Stars" ?
Bientôt des couples homosexuels dans "Danse avec les Stars" ? © Getty / Image Source

Danse avec les Stars et les normes de genre

Vous l’avez reconnu, ce générique télé ? Attendez, je vous aide… Des paillettes, des justaucorps, taillés en V, jusqu’au nombril, des pectoraux saillants, des tablettes, humm des tablettes abdominales… Et pour Mesdames, des talons de douze, des froufrous, des volants, c’est ? 

Danse avec les stars, évidemment… Un carton, sur TF1, depuis neuf ans. L’émission grâce à qui le Madison devient rock’n’roll, où le chachacha est punk, et où le jive… Existe. J’ai beau toucher un petit peu ma bille sur la piste de danse, je ne connaissais pas le jive. Bref, danse avec les Stars revient, ce week-end, inoxydable, inoxydée, avec cette touche de provoc' qui n’appartient qu’à elle, cette façon qu’elle a de résister, seule, aux vents, comme aux marées, aux pressions en tout genre et au lobby féministo-LGBT : dehors, vous faites ce que vous voulez, mais ici les hommes sont des hommes et ils dansent avec des femmes, ok ? Mieux : l’homme conduit, la femme se laisse guider, les vaches seront bien gardées les sexes bien rangés et les genres bien genrés. Quant à savoir si cette année, on aura, enfin, un couple de danseurs gays… La réponse est non, évidemment. La liste des candidats vient d’être dévoilée : a priori, c’est pas pour tout de suite tout de suite, hein… 

C’est pourtant une demande des fans, dans chaque pays où le concept est décliné. Chez nous, la question s’était déjà posée l’an dernier. La « ménagère n’est pas prête », aurait-on répliqué dans les bureau de TF1. Et quand on peut faire 10 millions de recettes publicitaires, la ménagère, eh ben on la brosse dans le sens du poil, si je puis me permettre. Alors des hommes qui enlacent des hommes et des femmes qui s’embrassent, même en rythme, vous n’y pensez pas. Aux Etats-Unis, non plus ça n’existe pas. ABC l’a dit : c’est un grand non. Mais sur la BBC, on commence à dire oui. Peut-être que oui, du bout des lèvres oui, mais presque oui. Le concept est né là bas, en fait, il y a quinze ans. Or, d’après les toutes premières fuites, à la rentrée, dans les médias il semblerait bien que la chaîne ne soit pas hostile à faire danser deux hommes ensemble. Voire deux femmes. On dit quoi : bienvenue en 2019 ? 

La honte des filles réglées au Kenya

On part ensuite au Kenya et, plus précisément, dans le Comté de Bomet, une région reculée à l’ouest du pays. C’est là que Jackline va à l’école. Elle a 14 ans, elle est sage, discrète, plutôt bonne élève. Pas du genre à attirer l’attention. Sauf que, ce jour là, elle a du sang sur son uniforme. Ses premières règles, elle savait pas. Tout le monde la regarde, tout le monde le voit. Et même la prof la montre du doigt. Elle l’insulte, elle l’humilie, lui dit t’es sale, rentre chez toi. Comme elle est sage, qu’elle est discrète, évidemment, elle. Reprend le chemin de la maison, raconte l’incident à sa mère et puis elle part vers la rivière. Elle dit qu’elle va chercher de l’eau. On la retrouve, un peu plus tard. Jackline s’est pendue à un arbre. Ses parents ne décolèrent pas, demandent des comptes, à l’Etat. Avec eux un groupe de famille qui veut le rappeler à la loi. Depuis deux ans, au Kenya, un cours d’éducation sexuelle est censé être dispensé dans les collèges, dans les lycées. L’idée c’est de prévenir, d’informer. Dans la foulée de distribuer des protections périodiques, et justement pour éviter ce genre d’humiliation publique. Ça c’est le texte, ça c’est la loi, la réalité au Kenya c’est que les filles sont privées d’école, chaque fois qu’elles sont réglées. Oui, ça fait une fois par mois. Et c’est beaucoup à l’arrivée. On dit quoi : discriminées ? 

Kit Me Too : le prélèvement maison, une fausse bonne idée ?

Et enfin, une fausse bonne idée a germé dans l’esprit d’une certaine Madison Campbell… Dans son appartement de Brooklyn, avec une copine, elle vient de mettre au point ce qu’elle appelle un Kit Me Too et qu’elle s’apprête à commercialiser. Des coton-tige, des éprouvettes, et hop là, voilà de quoi recueillir, chez soi, sur soi, des éléments de preuves post-agression sexuelle. C’est un peu du DoItYourself version médico légale, voyez… Tout part, comme souvent, d’une très bonne intention. Et d’une expérience douloureuse, pour le coup. Elle-même victime d’agression, Madison Campbell se souvient très bien qu’elle ne supportait plus le moindre contact physique et pas même d’un médecin. Nombreuses sont les victimes qui le craignent aussi et leur dépôt de plainte en est largement plus compliqué. 

Certes. Sauf qu’à l’arrivée, le Kit Me Too risque de n’avoir aucune valeur juridique. Le prélèvement de preuves nécessite un matériel spécifique, un savoir, des gestes techniques… C’est un truc de pro, quoi… Si tant est que les pros sachent vraiment le faire. Et aux Etats unis, comme ici, c’est encore loin d’être le cas. Les partisans de ce KitMeToo l’ont martelé : tant que vous ne débloquerez pas les fonds nécessaires pour former les professionnels à recueillir nos plaintes, au moins, ce kit a le mérite d’exister. Pas faux. Eh ben y a du boulot.

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