Cette semaine, de bonnes nouvelles dans notre tour du monde des droits des femmes : on parlera d'une pub Nike allemande où l'on voit Zeina Nassar, boxeuse et voilée... Et outre-Rhin, ça ne fait point scandale ! Mais aussi My Cup Condom, nouvelle protection contre la drogue du violeur, et le musée du vagin à Londres.

Zeina Nassar, boxeuse professionnelle allemande
Zeina Nassar, boxeuse professionnelle allemande © AFP / Arne Immanuel Bänsch / DPA / dpa Picture-Alliance

La vidéo de la semaine nous vient d’Allemagne. Signalée par notre consœur, Johanna Luyssen, correspondante à Berlin pour le journal Libération, elle est produite par Nike et l’équipementier sportif a décidé d’y mettre les moyens : les plans sont beaux, la lumière est léchée, la bande-son signée Bowie et le message en est presque politique… 

C’est une certaine idée du sport qu’on défend, plus ouvert, plus inclusif, plus féministe aussi. A l’écran défilent des joueuses de foot, un athlète paralympique, toutes les couleurs de peau. Et une certaine Zeina Nassar, boxeuse et voilée. Depuis le ring, elle échange un regard et quelques mots avec une spectatrice.  

« Personne ne nous donnera notre chance » « Mais nous pouvons les battre » « Pour toujours et pour l’éternité »...

Oui, bon, ok, chez Nike, on a rarement fait dans la sobriété, certes… N’empêche, c’est moins les mots qui frappent que le silence. Pas de tollé sur les réseaux sociaux, à la diffusion de la pub, pas de cris d’orfraie face à cette femme qui boxe en hijab. Pas de parlementaires qui, dans la foulée, interdisent le voile sur un ring… Non, non, ça glisse tout seul.

Le terme de « laïcité » ne recouvre pas tout à fait la même réalité des deux côtés du Rhin. 

En Allemagne, l’Eglise et l’Etat sont séparés mais le fait religieux, quel qu’il soit, garde toute sa place dans la vie publique - on continue, d’ailleurs, de l’enseigner à l’école. On peut éventuellement trouver ça un tout petit peu lourdingue, quand on est athée, mais disons qu’en toute logique, du coup, on peut porter le voile hors de la sphère privée sans que ça ne suscite la moindre réaction – à part aux néonazis de Pegida, mais disons qu’ils visent un public de niche. 

Du coup, pour la majorité des citoyens allemands, aucun problème à ce que Zeina Nassar prête son visage (et son voile) à une campagne de pub. La précédente, c’était pour les soixante-dix ans de la Constitution allemande. La boxeuse en incarnait l’article 4, selon lequel « le libre exercice du culte est garanti ». Comme quoi, tout est toujours une question d’interprétation. Comme quoi, la laïcité, c’est un concept élastique comme le plastique.

« My Cup Condom », la nouvelle parade anti-GHB

L'objet de la semaine est en plastique, donc. Et il s’appelle « My cup condom »… « Mon préservatif à coupe », littéralement. Comme dans « coupe de champagne ». L’objet donc : petit disque de plastique souple, vous l’ajusterez sur le sommet de votre verre, vous le percerez moyennant paille, et, sans vous mettre la tête dans le caniveau non plus, vous pourrez alors siroter tranquillement votre boisson sans crainte que la fête ne tourne très, très court… 

Après le vernis à ongle qui, trempé dans le verre, changeait de couleur s’il détectait une substance douteuse, c’est la dernière parade anti-GHB, trouvée cette fois, par deux étudiantes new-yorkaises. Ah ben oui, les violeurs, on fait moins les malins, quand on veut glisser sa petite poupoudre dans le verre et qu’elle reste coincée dans la popote… hein ?

Le tout premier musée du vagin a ouvert à Londres

Situé dans une ancienne étable du quartier branché de Camden, le « Vagina Museum » a ouvert ses portes la semaine dernière, entre une boutique de fripes et une autre de souvenirs… Vous y trouverez un parcours à la fois ludique et scientifique, sur des questions d’anatomie, d’hygiène et de santé publique. L’idée, c’est de lutter contre les tabous qui pèsent encore sur le sexe féminin… Pour info, par exemple, selon une étude produite en avril par la marque de protections périodiques Nana : six femmes sur dix ne savent pas où est leur vulve, et quatre sur dix la trouvent laide… 

Alors, pour ceux qui se pincent le nez en apprenant la nouvelle, sachez qu’un musée du Pénis existe déjà à Reykjavík. Et je veux bien que vous nous expliquiez en quoi un pénis est plus intéressant qu’un vagin, mais je doute que vous y arriviez. 

Quant à ceux qui se frotteraient les mains dans la perspective d’une virée grivoise pré-culbute... Comment vous dire ? On est plus sur du pédago-scientifique que sur du psycho-érotique. Tout au plus pourriez-vous repartir avec un pendentif « viva la vulva » en souvenir. 

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