#BalanceTonPorc aura au moins eu le mérite de soulever le couvercle et de suggérer de nombreux sujet pour Giulia Foïs. Enfin, jusque là. Parce que depuis quelques jours : rien. La journaliste s'est donc penchée sur les sondages et infos laissés dans sa boîte mail professionnelle…

Ceci est une aubergine...
Ceci est une aubergine... © Getty / Giorgia Misani / EyeEm

Depuis le 14 octobre, on n’a qu’à se pencher pour ramasser les sujets : et une couverture de magazine à vomir par-ci et une tribune indécente par là, des déclarations en toc et des révélations choc. 

Enfin jusque là. Parce que depuis quelques jours : rien. Pas de Bertrand Cantat pour se plaindre sur cette « pluie de coups » qui s’abat sur lui ; pas de Gérald Darmanin qui porte plainte pour dénonciation calomnieuse ; pas le plus petit Tariq Ramadan qui serait très très, mais alors très très malade. Et toujours pas de condamnation pour Harvey Weinstein

Bref, c’est la dèche. 

D’où le retour aux fondamentaux de ma bonne vieille boîte mail professionnelle, là où, normalement, je suis censée être avertie de tout sondage, enquête, publication pouvant concerner de près ou de loin mon terrain de jeu favori. 

Et ça donne ? 

Un mâle. Un rhinocéros mâle blanc. Il est mort. Fatalité ou espoir ? M’interpelle l’expéditeur. Ne peut dire. 

Mail suivant. Les jeunes et les obsèques. « Sondage inédit » dans lequel j’apprends que 23% des personnes interrogées ont déjà choisi la bande son de leurs funérailles. Super. Mais qu’est-ce que je peux bien en avoir à… Attendez. 

Troisième mail, il est pour vous, Ali : « vient de paraître : méditer, c’est se rebeller ! » / « Découvrez la méditation sous un angle punk, libre et actif ». Hum… Pour la crête au milieu du crâne, y a peut-être encore du boulot, mais pour le reste, on est bons. Je vous le transfère. 

Quand à moi, ça y est, je l’ai, mon mail. Je le tiens, mon sujet. « Les Français sont-ils chauds dans leur cuisine ? ». 

Si si, un jour, un institut de sondage s’est vraiment dit : « tiens, je vais appeler des gens et leur demander s’ils ont déjà fait l’amour pendant qu’ils préparaient un repas ». Et la palme à ceux qui se sont arrêtés pile au moment où la petite peau du lait qui bout commençait à se former. Enfin bref, la réponse est ??? Tout le monde partouze dans la cuisine, surtout au moment du petit déjeuner. 

Je déconne. C’est dommage, parce que ça, ça te l’aurait explosée, la famille Ricoré, ça te l’aurait fait, le beau sujet, à base de libido matinale, de mic mac familial et de café instantané… Mais non. Non. 

Déception, Ali : 40% des Français ont parfois fait l’amour dans la cuisine, pendant la préparation du repas. Ok. Et d’autres ont parfois fait l’amour dans leur cabane à outils, je suppose, alors qu’ils s’apprêtaient à tondre la pelouse, ou sur le lave-linge, option essorage plus plus activée pendant qu’ils faisaient une machine. Et donc ? Donc toujours pas de sujet, mais l’envie, tout de même, de tirer ce fil…

Les liens entre l’érotisme et la gourmandise… 

Là, je me dis que, oui, forcément, il y aura matière à chronique. Je tape « sexe et cuisine » dans Google. Et là… Premier lien, vers le site d’Amazon, avec ce titre : « Sexe, couteau et ustensile de cuisine ». Wow ! Les barons du commerce en ligne auraient-il une propension au SM hardcore que je ne soupçonnais pas ? Pas sûre… 

Entre le set de 10 pailles en forme de pénis, et la « poire à lavement douche / système rectal », j’ai surtout le sentiment de m’égarer. J’ai par ailleurs supposé que l’article de Fooding, « La cuisine a-t-elle un sexe ? », n’allait pas m’informer de découvertes biologico-anatomico-Lapeyre-y-en-a-pas-deux suffisamment déroutantes pour me donner de quoi faire. 

Quant au très prometteur « Caprice donne tout dans la cuisine, sexe gratuit, tu kif », bon, je l’ai même pas ouvert. Je sais, des fois, je suis un peu coincée de la casserole. 

En revanche… En revanche Ali, on dit merci qui ? Merci Psychologies. Ben oui, revue de référence, ici, s’il en est… Article qui tombe à pic au point où j’en suis : « La cuisine, alliée de votre libido »… Tiens, tiens… Et pourquoi ? Eh ben parce que (je lis, je cite) : 

une bonne libido, c’est… avant tout un foie et des reins qui fonctionnent bien. 

La mienne était à deux doigts de se carapater, mais la suite m’a bien plu : 

le secret de la vitalité amoureuse, ce sont les légumes. 

Regardant mes courgettes avec une affection toute nouvelle, j’ai alors tapé « sex toy + légumes » dans Google. 

sex toy + légumes

Oui, journaliste, c’est un métier, que voulez vous. Et là, vous n’imaginez pas ce que j’ai trouvé…

Une aubergine. En silicone. Violette aux ¾, verte sur la pointe. 12 centimètres de haut, 3 centimètres de diamètre, un peu plus petite donc, que celles de mon primeur, mais… Mais 10 modes de vibrations différents. Oui car, Ali, cette aubergine n’en est pas une. Non, non, non. « Amoureuse de légumes ? Le sex toy aubergine est fait pour vous ! » Ça m’entraîne très loin, cette recherche… 

Amoureuse de légumes, le titre me donne envie de lire l’article : « Si vous êtes une accro des émojis [les smileys, petits signes graphiques qui ponctuent nos SMS], vous êtes bien placée pour savoir que certains fruits et légumes ne servent pas uniquement à demander à votre chéri de passer aux courses. En ligne de mire, la pêche et l'aubergine sont en général utilisées du côté sexe de la force. » What ??? Mais alors toutes les fois où j’en ai reçus ?? Aïe, je sais même plus ce que j’ai répondu… 

Oh non, c’est trop bête, je l’avais, mon sujet… Mais c’est trop tard, là, non ? Si. 

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