Selon un sondage IFOP pour le magazine Elle, parmi les hommes de 18-24 ans, un sur quatre pense que "quand une femme dit non, elle veut dire oui". C'est dire combien les frontières entre le consentement, le harcèlement et l'agression sexuels sont encore très incomprises par de nombreux hommes.

Quand une femme dit non, c'est non : un homme sur quatre ne le comprend pas (IFOP)
Quand une femme dit non, c'est non : un homme sur quatre ne le comprend pas (IFOP) © Getty / DNY59

Le consentement toujours incompris  

Visiblement,la notion même de consentement leur en touche une sans faire bouger l’autre.

Attendu ensuite que, comme Nadine Trintignant la semaine dernière, vous êtes un certain nombre à penser encore qu’une victime qui porte plainte 44 ans après les faits, franchement, c’est quand même un peu louche. Et que, visiblement, vous n’avez pas entendu parler des mécanismes de la mémoire traumatique, une sorte de bombe à retardement dont je vous épargnerais ce matin les détails. 

Et que comme Catherine Millet, cette semaine, vous êtes peut-être encore quelques-uns à regretter qu’on ne vous mette pas plus souvent la main aux fesses dans les transports en commun… Et que donc, visiblement, vous confondez préliminaires libertins et agression sexuelle

Je me permettrais ce matin de penser, en toute amitié, qu’en matière de violences sexistes ou sexuelles, on est quand même un petit peu à la ramasse, dans ce pays… 

Or, il se trouve que nous sommes à deux jours d’une grande marche contre les violences sexuelles. À cinq jours de la conclusion du Grenelle sur les violences conjugales. Et que, le même jour, lundi donc, le monde entier commémorera la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes…

Bref, il est temps de se mettre une pile, non ?

Le Quiz du collectif "Nous toutes"

Allez, on va se faire un petit « viol pour les nuls », un Que Sais-Je de l’agression sexuelle, un « Quiz du sexisme »… Appelez ça comme vous voulez… C’est un mix de quiz diffusés sur les réseaux sociaux par le collectif "Nous Toutes", à l’origine de la mobilisation de samedi. Attention, tout le monde joue ! 

  • Combien de français estiment que l’espace public est l’endroit où l’on risque le plus d’être victime de viol : 36%, 51%, 63% ? 

Réponse : 51%. Toujours une majorité à se tauler. C’est assez pratique pour renvoyer les femmes à la maison, sauf que, c’est ballot, c’est là qu’elles sont le plus en danger, puisque la grande majorité des viols a lieu au domicile de la victime. 

  • En France, le viol au sein du couple est reconnu depuis : 1978, 1999, ou 2006 ?

Réponse : 2006. Depuis cette année là, le fait qu’il soit commis au sein du couple est considéré comme une circonstance aggravante. Le viol, lui, a beau être interdit depuis 1810 et le code Napoléon, il n’est considéré comme un crime que depuis 1980. C’est pas beaucoup, un ? C’est peut-être pour ça que ça a du mal à rentrer…

  • Un homme lui envoie des messages érotiques plusieurs fois par jour. Elle n’a jamais demandé à les recevoir. Harcèlement sexuel ou pas harcèlement ?

Réponse : Harcèlement. Des messages répétés, à connotation sexuelle, qui créent une situation intimidante, hostile ou offensante sont considérés comme du harcèlement sexuel. La peine encourue est de 2 ans de prison. Je dis ça, je dis rien. 

  • Il lui a mis une main aux fesses dans le bus : harcèlement ou pas harcèlement ? 

Réponse : Eeeeeh non, pas harcèlement. C’était la question piège. Désolée pour Catherine Millet, qui regrette d’en prendre moins, avec l’âge, mais comme il y a contact physique, ça s’appelle une agression. Et ça coûte plus cher. 5 à 10 ans de prison. 

  • Combien de français estiment qu’un homme a plus de mal à contrôler ses pulsions sexuelles qu’une femme ? 28%, 36%, 57%

Réponse : 57% à penser que la sexualité masculine serait un besoin irrépressible… Oh les petits chats… Mais non… Si vous n’éjaculez pas, vous ne mourrez pas. Cette idée là, cette peur là va évidemment avec son corollaire : si viol il y a, c’est que tentation et tentatrice il y a eu. Oui, 42% des français pensent toujours qu’il y a un peu moins viol si la victime a eu une attitude ambiguë voire provocante… Et par attitude provocante, entendez le simple port de minijupe. En France. En 2019. Si si.

  • Combien d’entre nous pensent que, contrairement aux hommes, les femmes ont besoin d’être amoureuses pour avoir un rapport sexuel : 24%, 42%, 64% ? 

Réponse : 64%. Hi hi, j’adorerais vous laisser croire ça, moi aussi… Mais non, en fait. On peut juste avoir envie de se faire culbuter, ou de culbuter. Désolée. 

  • Attention, dernière question : il lui a proposé d’aller prendre un verre après le boulot. Elle a accepté. Harcèlement ou pas harcèlement ? 

Réponse : Mais non… Vous avez flippé, un ? Ça s’appelle un date, un rencard et plus si affinités… Mutuelles et consenties… Elle est là la petite nuance un… En vrai, vous pourrez toujours draguer. Y'a que le viol qui est interdit. Mais ça, au fond, tout le monde le sait.

Allez vous avez tous gagné… le droit de venir manifester, samedi, à Paris… Vous trouverez toutes les infos nécessaires en deux clics, sur le web, avec ce mot clé : "Nous Toutes". 

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