Cette semaine, pour le tour du monde du droit des femmes et de la communauté LGBT : le mea culpa du chanteur Pharrell Williams, six ans après la sortie d'un tube machiste. Mais aussi celui que devraient faire les milliers d'internautes qui ont harcelé la chanteuse de k-pop Sulli, la menant à la dépression.

Capture d'écran du clip "Robin Thicke - Blurred Lines ft. T.I., Pharrell (Official Music Video)"
Capture d'écran du clip "Robin Thicke - Blurred Lines ft. T.I., Pharrell (Official Music Video)"

Pharrell Williams fait son mea culpa

Le mea culpa de la semaine, c'est celui du chanteur américain Pharrell Williams, machine à tubes planétaires qui, un beau jour de mars 2013, en duo avec Robin Thicke, commit le titre Blurred Lines. 

Nananananan, ouh ! Ça marche bien, hein ? Tellement bien que la chanson est restée cinq semaines n°1 des charts… Tout en déclenchant immédiatement la colère des associations féministes. En étant très vite classée, aussi, par The Guardian comme la chanson la plus controversée de la décennie… Et se retrouvant dans la foulée, interdite sur le campus de l’University College de Londres. 

Eh ben oui, mais si vous n’étiez pas, oui, vous, si occupée à bouger votre boule sur cette chanson, vous en entendriez peut-être les paroles … C’est l’histoire d’une très gentille fille, que les deux chanteurs « prennent », parce qu’ils « savent qu’elle le veut », même si elle ne le dit pas. Une conception du consentement toute personnelle, donc, qui, au passage ajoute une touche de glamour dont les violences conjugales se seraient bien passées. Six ans plus tard, Pharrell Williams lui même le reconnaît. Dans une interview au magazine GQ, il le dit :

Je n’avais pas mesuré à quel point ce morceau justifie le comportement de certains hommes. J’ai pris conscience, avec MeToo, de la culture machiste dans laquelle nous vivons.

Vous savez quoi, Pharrell ? Mieux vaut tard que jamais… Allez, sans rancune !

Il y en a d'autres qui pourraient à leur tour faire leur mea culpa. Et ils seraient des milliers....

Sulli, ex-star de la k-pop, s'est suicidée

Tous ceux qui, pendant des mois, ont insulté, menacé, trollé, harcelé Sulli, ex-star de la k-pop… La k-pop, pour ceux qui nous écoutent et qui auraient plus de quinze ans, c’est à la fois un mouvement musical parti de Corée du Sud mais qui compte ses fans par millions dans le monde entier. Et c’est une industrie du disque, aussi, qui génère chaque année des milliards de dollars. Ce qui veut dire, pour les chanteurs et les chanteuses, très jeunes, pour la plupart, une pression gigantesque… 

On ne compte plus, d’ailleurs, les  dépressions et les suicides parmi eux… Dont, sans doute, cette fameuse Sulli. En 2014, elle est au sommet de sa gloire, quand elle commence à s’écarter doucement mais sûrement de cet univers aussi pop que creux, pour s’engager, clairement, dans la cause des femmes. Ses prises de positions féministes sont publiques. Visiblement, elles gênent, elles dérangent, elles agacent… D’où une campagne de cyber-harcèlement, qui la conduit, doucement, sûrement aussi, à l’arrêt définitif de la chanson. On la disait déprimée, angoissée, subitement solitaire… La semaine dernière, son corps a été retrouvé, chez elle, par son manager. Un suicide, donc, vraisemblablement…  Et vous savez ce qu’on dit ? Le féminisme n’a jamais tué personne. Le machisme, lui, tue tous les jours. Et quand il ne tue pas, il viole.

L’histoire se passe en Croatie, dans un petit village de la côte Dalmate. Cinq hommes qui, pendant près d’un an, violent une gamine de quinze ans, et de manière répétée. Ils filment et ils menacent de poster la vidéo sur les réseaux sociaux… La gamine finit par en parler à l’école. Les suspects sont arrêtés, incarcérés, et puis libérés, alors que l’enquête, elle, se poursuit. Mouvement de révolte dans tout le pays… 

Tous les jours, des milliers de femmes sont descendues dans la rue protester contre la décision du juge. Elles ont bien fait : une semaine plus tard, les suspects étaient de nouveau derrière les barreaux… On dit quoi ? Bien fait ?

L’idée de génie de la semaine : un texte de loi pour interdire l’éducation à la sexualité à l’école

L’idée de génie de la semaine nous vient de Pologne, où les ultra-conservateurs au pouvoir viennent d’adopter, en première lecture, un texte de loi pour interdire l’éducation à la sexualité à l’école. Porté par une association catholique radicale, il prévoit en outre de punir tous ceux qui y contreviennent à des peines allant de trois à cinq ans de prison. Pourquoi ? Ah ben parce que, disent les artisans du texte, l’éducation à la sexualité ne sert à rien d’autre qu’à apprendre aux enfants à se masturber, à encourager l’homosexualité et à former des générations de dépravés, bien évidemment. On serait éventuellement tentés de leur rappeler que ça reste la meilleure façon d’éviter les grossesses non désirées, ou la propagation de MST chez les jeunes… Mais non. On va dire : Bravo, grâce à vous, les ados feront leur éducation sur le net, à coup de porno.

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