Aujourd'hui, le tour du monde du droit des femmes nous emmène à Washington, en marge du sommet pour le Climat. Et à quelques jours de la journée mondiale de l'IVG, une vingtaine de pays rappellent dans une déclaration leur opposition à l'avortement...

Journée mondiale des droits de la femme, mars 2019
Journée mondiale des droits de la femme, mars 2019 © AFP / LAURE BOYER / HANS LUCAS

Les chiffres de la semaine... 

Aujourd’hui, je vous en mets plusieurs pour le prix d’un : 19, d’abord. C’est le nombre de pays signataires d’une déclaration passée, hier, sous les radars de l’ONU. En marge du Sommet pour le climat, et portés par les Etats-Unis, ils sont donc une petite vingtaine à rappeler très officiellement leur opposition à l’avortement… L’IVG n’étant, selon eux, ni un droit ni fondamental, ni un droit international. 

A quelques jours de la journée mondiale de l’IVG, samedi 28 septembre, je me permettrai juste de rappeler une ou deux réalités fondamentales et internationales. Aujourd’hui, dans le monde, 40 % des femmes en âge de procréer n’ont pas le droit d’avorter ou le peuvent sous conditions très strictes. Résultat, 22 millions d’avortements clandestins, et donc à risque, sont pratiqués chaque année, selon l’OMS. Avortement illégaux, à la va-vite et à l’aiguille à tricoter qui provoquent, eux, 47 000 décès par an. Soit 128 femmes par jour. 

Et ces chiffres risquent encore d’augmenter tant le vent semble tourner contre l’IVG, ces derniers mois, un peu partout dans le monde. L’Argentine a dit non, non, et encore non, à chaque fois que la loi revenait devant le Sénat. Donald Trump lui, dit oui. En cas de viol et d’inceste uniquement. Merci beaucoup. La droite chrétienne lui emboîte le pas et dans un bel élan de solidarité, un à un, les états américains adoptent des législations de plus en plus restrictives sur le sujet. En France, aussi, les opposants à l’avortement sortent du bois en ce moment. Ils étaient 50 000 en janvier dernier, à Paris, émus, troublés, galvanisés par les violons de la poésie de la vie.

Quel est le point commun entre les signataires de cette déclaration à l’ONU, Donald Trump et le sénat argentin ? 

La testostérone. Ceux qu’on entend le plus vigoureusement s’opposer à l’avortement sont majoritairement des hommes. Qui, à priori, enfin, je m’avance peut-être un peu, vous me direz, mais tout de même je crois, qu’ils n’auront donc jamais à porter un enfant qu’il ne désirent pas ou ne peuvent pas élever. Pas plus qu’ils n’auront à se faire aspirer le cas échéant. 

D’où, tout à coup, cette furieuse envie de laisser une femme leur répondre. Une femme qui a tant fait pour la cause des femmes en général, pour celle de l’IVG, en particulier. Non, Fabienne, elle ne porte ni chignon, ni veste en tweed. Mais un brushing et des crop-top à faire pâlir d’envie toutes les années 90. Rachel, dans Friends, ça vous parle ? 

Dans un épisode de la série, elle est enceinte, et part en urgence à l’hôpital à cause de contractions subites. Ross, le père, en rit et lui explique que ça n’est pas grave, que la plupart des femmes en ont sans même s’en apercevoir. Et alors là, attention, dans l’extrait, y a du culte... "Pas d’utérus, pas d’opinion". En fait, c’est aussi simple que ça.

Les deux hommes de la semaine : les amants de Modène

Ils sont beaux, quoiqu’un peu vieux, un peu maigres, un peu poussiéreux, mais ils sont beaux parce qu’ils sont amoureux. Les amants de Modène, c’est comme ça qu’on les a surnommés lorsqu’on les a découverts, en 2009, dans une nécropole italienne datant du IV siècle. Pas très vivants, hein, les amants. Ce sont deux squelettes, en fait, qui se tiennent par la main et se regardent, les yeux dans les yeux, pardon, les trous dans les trous, c’est l’amour plus fort que la mort, c’est l’âme qui transcende le corps, c’est un chant d’amour ultime hurlé à la face d’un monde globalement anxiogène et cynique. Alors le monde a adoré. Alors les images des amants de Modène ont tourné, tourné, tourné. Mais là le monde vient de s’étrangler. Oui car… Ayant analysé leur émail dentaire, les chercheurs sont formels : les amants de Modène sont des hommes. Deux, hommes. L’un et l’autre. Ensemble. Qui se tiennent la main et se regardent, les trous dans les trous… Mais attention !  Les chercheurs, illico, de préciser : l’homosexualité étant une pratique interdite, ces deux hommes là n’auraient pu être enterrés ensemble s’ils avaient été amants. Ils ont, certes, une relation de proximité assez particulière, mais, précisent les chercheurs, on cherche encore laquelle. Allez, d’accord, on va se dire qu’on cherche encore.

Et pour finir, l'objet de la semaine...

Ou plutôt la cruche de la semaine. Et il y en a un paquet, si l’on en croit cette étude de match.com, l’équivalent britannique de notre Meetic… 6 femmes sur 10, lors d’un premier rendez vous avec un homme, jouent les idiotes pour ne pas effrayer leur potentiel amant et plus si stupidité. Si affinités, pardon. Et donc… On oublie la répartie, on se fait expliquer la vie et on est 1 sur cinq à vite, vite changer, de sujet si on sent l’homme, en face, en difficulté. Tout pourvu qu’il soit rassuré sur sa supériorité, sinon, chute de testicule assurée. Du moins le croient elles, du moins le craignent elles. De là à se dire, qu’à force, qu’elles parlent d’expérience... On en conclura que 1/les plus cruches sont, en vrai, les plus malignes. Et que 2/, le jour où vous voulez pécho de la débilette, vérifiez qu’elle le soit vraiment ! 

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