Cette semaine, pour le tour du monde des femmes et de la communauté LGBT, une campagne Renault parle d'amour entre deux femmes... mais surtout d'amour, en fait. Et aussi, la dépénalisation de l'avortement en Belgique, et un procès pour des seins plâtrés, aux Etats-Unis...

Capture d'écran : https://www.youtube.com/watch?v=MrNCVAqbCD0
Capture d'écran : https://www.youtube.com/watch?v=MrNCVAqbCD0

La campagne de la semaine, on la doit à Renault-Royaume Uni qui, pour les 30 ans de sa Clio, s’offre une jolie reprise d’Oasis, « Wonderwall » au piano-voix

C’est l’histoire de deux gamines, l’une française, l’autre anglaise, qui se rencontrent lors d’un échange scolaire… Elles deviennent d’abord amies, et puis, amantes, à l’adolescence. Le premier baiser a lieu, évidemment, dans une Clio, avec ce qu’il faut de pluie battant sur le pare brise et de maladresse amoureuse dans les gestes. 

Il y a, aussi, ce qu’il faut de douleur et de tristesse pour gagner en tension dramatique… Douleur (et cris) quand le père de l’une des deux découvre les lettres qu’elles se sont écrites. Douleur (muette) de celle qui assiste au mariage – hétéro – de l’autre… Mais comme l’amour triomphe toujours de l’adversité – et des cons – nos deux héroïnes finissent par se retrouver. Le dernier plan est sur elles, au volant. A l’arrière de la voiture, leur fille.... Et en fait, c’est tout simplement joli. Tout simplement bien vu : ces deux femmes s’aiment, point. Le fait qu’elles soient lesbiennes n’est pas le sujet. 

La campagne a été immédiatement saluée sur les réseaux sociaux et par la plupart des médias LGBT. Certains se demandant : à quand une pub équivalente en France ? Comment vous dire ? Je voudrais pas vous décevoir, mais le même Renault, pour la Twingo, chez nous, il y a deux ans, a produit ceci. « Sublimez vos ongles et votre voiture »… Comme quoi, y a encore un petit peu de boulot…

En Belgique, l’avortement devrait bientôt être totalement dépénalisé

Oui, car pour l’heure, les médecins ou les patientes qui contreviennent aux dispositions légales encadrant l’IVG risquent bel et bien des sanctions pénales… Ça, ça disparaîtrait. Une révision de la loi actuelle est en cours d’examen. Elle prévoirait aussi d’autoriser les femmes à avorter jusqu’à 18 semaines de grossesse… 6 semaines de plus que la plupart des pays européens, donc. 

Cela dit, c’est loin d’être fait. Au Parlement, disons côté droit, ça passe assez mal… Les débats risques d’être longs et houleux, avec le risque de déboucher sur un texte « chèvre-choutiste » - oui, c’est comme ça qu’on dit au Luxembourg… Si j’en crois ce papier du Luxembourg Wort, où j’ai chopé l’info… Comme quoi, voyez, avec moi, vous apprenez, des trucs.

L'image de la semaine : quand une paire de seins plâtrés fait scandale aux Etats-Unis

Fermez les yeux, imaginez… Une paire de seins, du plâtre dessus. Derrière, porteuse de la poitrine, Tilly Buchanan, jeune femme de 27 ans, habitante de la banlieue de Salt Lake City, aux Etats Unis. Devant les seins, trois gamins parfaitement ahuris. Normal, ce sont les seins de leur belle-mère, on peut pas dire qu’ils aient l’habitude de les croiser tous les jours. Sauf que là, elle bricolait dans le garage de la maison, avec leur père. Comme ils sont recouverts de plâtre, ils se mettent torse nu. Un geste assez inoffensif, en réalité, sauf pour les fétichistes de la truelle, mais pour le coup, c’était pas le cas. 

N’empêche, la mère des enfants a vent de l’histoire et ça ne lui plaît pas du tout. Elle saisi les autorités... La jeune Tilly se retrouve poursuivie pour « indécence devant un enfant ». Dans le très conservateur Etat de l’Utah, c’est un délit passible d’un an de prison... Et Tilly risque de se retrouver inscrite pour dix ans au fichier des délinquants sexuels. Le père ? Oh ben rien, non, le père, pas de problème. 

Parce que Tilly Buchanan est une femme, son torse nu est considéré comme intrinsèquement pornographique et pervers. Tandis que le torse nu de son mari est considéré comme symbole de force et de fierté. Tilly Buchanan n’est poursuivie qu’à cause de son sexe.

Ça n’est pas de moi, c’est de son avocat. Cela dit, l’argument n’est pas nouveau, chez les féministes. Bien au contraire. Depuis une dizaine d’années, on a vu fleurir ou resurgir la revendication de pouvoir se promener poitrine découverte, comme les hommes, au sein de l’espace public. En Suède, par exemple, depuis 2007… Ça s’appelle le Go Topless Day, ou Free The Nipple aux Etats Unis, le Front des Seins Nus au Danemark… Avec les Femen, on franchit un cap supplémentaire : le sein nu n’est plus l’objet de la revendication, mais l’arme d’un combat beaucoup plus global. Et voilà comment on affiche une différence anatomique, pour demander le droit à une indifférence de traitement… Vous avez une semaine pour réfléchir.

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