Installez vous confortablement dans ces têtes à tous qu’on vous propose le vendredi tant que durera le confinement… On se balade évidemment sur cette drôle de planète du genre, oui, mais en duo, et toujours en bonne compagnie, avec Claude Askolovitch.

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Journaliste, essayiste, Claude Askolovitch  publie « A son ombre », chez Grasset…Récit de ces racines et de ces futurs… De ces amours et de ces deuils

Dieu créa l’homme à son image. Pas de pot, dommage, ça fait lourd dans un héritage. La femme, on le sait, elle est volage. Depuis des siècles, on l’a réglée, la question de sa destinée

Elle est fourbe et elle est rusée, elle est menteuse, elle est dangereuse, tentatrice, manipulatrice, c’est plus fort qu’elle, une castratrice. Son sort scellé, on l’a parquée, vissée, cloutée, mise aux arrêts, elle n’avait plus qu’à se libérer. Se bagarrer, s’interroger, se rebeller, interpeller. Dénoncer une condition, ça libère l’imagination. Refuser une identité, pour mieux affirmer qui on est. C’est sûr on s’en serait bien passées, ça s’est fait dans le sang, les larmes, mais enfin on a fait nos armes, parées pour toute adversité. C’est terrible mais que voulez vous, une liberté chèrement gagnée a toujours un peu plus de goût, elle est infiniment précieuse, quand elle reste un peu scandaleuse.

Pendant ce temps le masculin s’abreuvait de son importance, repus de sa propre existence, confortablement installé, sur un lit tressé de lauriers, son indolente virilité, convaincue d’être toute puissante, à jamais, pour l’éternité. L’homme était et c’était comme ça. Le monde lui tendait les bras. Y a qu’à se pencher pour ramasser. Du moins c’est qu’on lui a fait croire, pour l’endormir, une belle histoire, de princesses un peu éthérées, qui l’attendaient, pour exister. Le choc de la réalité, fut tel qu’il s’y cassa le nez. Il en resta un peu sonné, et titubant, égratigné. Ainsi donc rien n’était donné ? Même pas à lui, le mâle aimé ? A son tour il devait bosser, se bagarrer, interroger. Se rebeller, interpeller, et dénoncer sa condition. Et refuser ces injonctions, libérer l’imagination. Je sais c’est dur, c’est fatigant. Surtout quand c’est nouveau, troublant. Mais je te jure que ça vaut le coup, que la liberté a plus de goût.

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