Cette semaine, une filiale d'Ali Baba prend fait et cause pour la communauté LGBT, dans une Chine encore peu inclusive. Et on parlera de violences domestiques au Royaume-Uni, d'une loi inquiétante sur les auteurs de viol en Turquie, et d'une Américaine renvoyée de son école pour avoir dégusté un gâteau arc-en-ciel...

Elle a fait des millions de vues en quelque jours… 

C’est une campagne pour une marque de produits alimentaires, diffusée par une filiale d’Ali Baba, à l’occasion du Nouvel An Chinois. Le fils de la famille présente son fiancé à ses parents. « Ni Hao Kevin ». Sens toi ici chez toi, merci beau-papa… Deux adolescentes gloussent, sur le canapé, mais à peine, vite taclées par la grand-mère. Tout le monde partage le repas du réveillon tranquillement… Pas si tranquilles, en revanche, tous les commentaires suscités par ces images.

Mais Ali Baba persiste et signe : « les fêtes de famille » , réplique le géant du commerce en ligne, « sont un moment de réunion et d’inclusion ». 

« La communauté LGBT doit être désormais visible et reconnue par le grand public », ajoute la filiale. 

Ce qui est encore très loin d’être le cas. Dans un pays où des décennies après la Révolution, le moindre signe d’intimité peut susciter encore la gêne, voire la réprobation, l’homosexualité, elle n’a été décriminalisée et supprimée de la liste des maladies mentales qu’au tournant des années 2000 – soit dix ans après l’OMS. 

Aujourd’hui, on est vraiment dans le : « pour vivre heureux, vivons cachés ». 

On ne compte plus les conférences LGBT interdites, les publicités censurées, les applications de rencontres gays ou lesbiennes suspendues… D’après le Beijing LGBT Center, en Chine, 50% des homosexuels ne l’ont pas dit à leur famille –ils sont 12% en France. Dans l’espace professionnel, c’est pire : en Chine, dans 70% des cas, on évite le coming-out au travail, contre 50% chez nous. 

Le fait est que, là bas, ils risquent encore gros : d’après la fédération des avocats chinois LGBT, sur 190 hôpitaux, privés ou publics, 112 pratiquent encore des thérapies médicales de guérison… Soit des séances d’électrochocs et d’hypnose pour « soigner les cobayes de leur homosexualité ». Et alors là, tout à coup, la pub d’Ali Baba prend une autre saveur, non ? 

Le chiffre de la semaine

1870, c’est le nombre de morts faits par les violences domestiques depuis les années 2000 au Royaume Uni, soit une centaine par an et principalement des femmes… Et c’est donc 15 fois plus que les victimes du terrorisme, sur la même période, relève le journal. 

Evidemment, précise-il, il ne s’agit pas de jouer victime contre victime, de nier un phénomène plus que l’autre, mais justement de bien comprendre qu’une femme qui meurt sous les coups de son conjoint, ça n’est pas un fait divers, encore moins un cas isolé dû aux affres et au mystère d’une intimité conjugale qu’on ne pourrait comprendre, mais bien un phénomène de société, ancien, massif, engendré, voire protégé par tout un système qui mérite d’être regardé pour ce qu’il est. 

C’est un appel d’urgence toutes les trente secondes, par exemple, rapporte la police britannique… Et à côté de ça, un budget dévolu à la lutte contre les violences faites aux femmes qui a, lui, baissé de moitié en 10 ans. 

Et dans la série : « on a vraiment pris conscience de la situation et on sait y apporter la réponse politique nécessaire », on file en Turquie.

En Turquie, un projet de loi suscite la colère des défenseurs des droits des femmes

Il devrait être présenté au Parlement dans les jours qui viennent, et pour résumer : tout homme qui serait accusé de viol sur mineure, pourrait éviter les poursuites judiciaires s’il épousait sa victime. Il existe des lois similaires dans divers endroits du monde… L’idée étant de protéger « l’honneur » des familles. En Turquie, disons que la loi viendrait au secours d’une pratique courante : l’âge du consentement y est fixé à 18 ans. Mais, malgré ça, près de 500 000 mineures auraient été mariées de force au cours de la dernière décennie. 

Et enfin un détour par Louisville, Kentucky

J’aurais pu vous laisser là dessus. Mais non. On va se quitter friendly. Et même gay friendly… Avec, très rapidement, un petit détour par Louisville, dans le Kentucky. Une mère publie une photo de sa fille sur les réseaux sociaux : elle porte un pull arc-en-ciel, mange une part de gâteau arc-en-ciel… Les couleurs du drapeau LGBT, donc.

Elle sourit, la photo circule et hop là, elle est virée, quelques jours plus tard, de son école privée, pour « violation du code de conduite ». Alors bon, vous me connaissez, j’adore les gâteaux, je suis gourmandise, je suis partage. Et je lui en ferais bien bouffer une part, moi, du gâteau, au directeur de l’école. Non, pas forcément par la bouche. 

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