Baptiste Beaulieu, chroniqueur, romancier, médecin et poète. Il vient de faire paraitre "Celle qu’il Attendait" chez Fayard.

Le médecin Baptiste Beaulieu, septembre 2019
Le médecin Baptiste Beaulieu, septembre 2019 © Maxppp / PHOTOPQR / L'EST REPUBLICAIN

Baptiste Beaulieu est médecin, chroniqueur chez Ali Rebeihi avec "Alors voilà" qui est également le nom de son blogueJournal de soignées/soignantes réconciliées.

Auteur de Celle qu’Il Attendait, paru chez Fayard le 5 mai. Il travaille en ce moment sur l’adaptation de son roman "Toutes les Histoires d’amour du monde" sous le titre "Entre Les Lignes" aux éditions Rue de Sèvres.

Quand il avait 4 ans, le petit garçon a écrasé un lézard avec une pierre. C’était l’été, il était chez ses grands-parents. Le grand-père, qui avait fait la guerre – et tué des gens – n’en avait jamais guéri. Quand il a vu ce qu’il avait fait, il a vrillé : il a pris le corps du lézard, mort, et l’a obligé à le garder dans la main, et ce toute la journée. Depuis, le petit garçon se lave les mains, tout le temps. Aujourd’hui qu’il est grand, il se dit qu’il irait bien voir un psy.

En attendant, il est médecin. C’est pratique, médecin, pour se laver les mains : plus tu le fais, plus t’as l’air pro, moins t’as l’air fou, plus tu te sens propre.

Et puis de toutes façons, pour le psy, il n'a pas le temps. S’il en avait, du temps, il prendrait des cours de céramique. C’est son truc, en ce moment. Tourner la terre, ça calme les nerfs. Du coup, il s’est acheté un tour de potier. Le bonheur. Se centrer. Être présent à soi-même. Tout oublier. Et aller se laver les mains, ok. Mais c’est pas ça l’important. L’important, c’est de voir surgir une forme de l’informe, peut-être du sens dans le non sens, et puis y retourner. La petit garçon, devenu grand, a lu Zola, adolescent, et ça, il n’a pas oublié : 

Rien n’est jamais fini. Il suffit d’un bonheur pour que tout recommence

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