Pour le tour du monde hebdomadaire des droits des femmes et de la communauté LGBT, on parle de la discrimination pour port du hijab dans le sport, de la nouvelle maire lesbienne de Bogota, et du tacle à la jugulaire de l'humoriste Kelly Bachman à Harvey Weinstein lors de son spectacle de stand-up - auquel il assistait.

#LetNoorRun
#LetNoorRun © Getty / svetikd

Le hashtag de la semaine : #LetNoorRun

« Laissez Noor Courir ». C’est l’appel qui circule en ce moment sur les réseaux sociaux américains. Et Noor, c’est cette lycéenne de 16 ans qui vient de se voir disqualifiée d’une compétition sportive pour… port de hijab. Ça fait trois ans que la jeune athlète court, dans l’Etat de l’Ohio, avec un voile sur la tête sans que, jamais, ça n’ait posé de problème. Aux Etats-Unis, aucune loi n’interdit le voile, ni aucun signe religieux d’ailleurs, au nom de la liberté de croyance de chacun. 

Nour peut donc parfaitement le porter pour ce 5 000 mètres de cross country. Elle l’emporte haut la main, même, battant son propre record : la performance est belle. Mais la joie ne dure pas : à peine la ligne d’arrivée franchie, elle apprend que son chrono ne sera pas pris en compte. Elle aurait du, lui explique-t-on, obtenir au préalable une dérogation lui permettant de courir voilée. Surprise, choquée, Noor poste un message sur Facebook où elle dit sa colère, sa tristesse, ses interrogations : 

Pourquoi devrais-je sacrifier ma religion et une part de moi-même pour avoir le droit de pratiquer une activité qui me passionne ? 

Questionnement soutenu, relayé par un certain nombre de femmes politiques, dont Elisabeth Warren. "Les élèves musulmans ne devraient jamais être exclus des activités scolaires", vient de déclarer la sénatrice démocrate…  

Et je sais pas pour vous, mais tout à coup, il y a comme un drôle d’écho dans mon oreille…  Vous vous souvenez du tollé provoqué par Décathlon, en février dernier ? La marque avait voulu commercialiser, en France, un hijab conçu pour la course à pied. Scandale. Il est vite retiré de la vente. L’affaire fait du bruit, jusqu’aux Etats Unis, où on parle, à ce moment là, d’"obsession française" contre le voile… Il faut croire qu’en quelques mois l’obsession est devenue contagieuse. 

L'image de la semaine : Claudia Lopez est femme, lesbienne et maire de Bogota

Sous les flashs des photographes et les applaudissements de la foule, elles s’étreignent, elles s’embrassent, manifestement heureuses et amoureuses. La scène se passe à Bogota, dimanche soir. Plus qu’improbable, elle est historique et ce à plus d’un titre. D’abord, parce que la capitale colombienne, traditionnellement conservatrice vient tout juste de basculer à gauche. C’est la candidate écologiste Claudia Lopez qui remporte la mairie… Et oui, donc, c’est une femme, et c’est la première fois dans l’histoire de la ville. Sauf que cette femme, en plus, est lesbienne et ne s’en cache pas. 

D’où ce baiser fougueux donné, à l’issue du scrutin, le plus joyeusement et le plus naturellement du monde à sa compagne, Angelica Lozano. Avocate, militante LGBT, elle est elle-même, et depuis 2018, la première sénatrice colombienne ouvertement homosexuelle. Quand je vous dis qu’elle fera date, cette photo… 

Elle n’est pas sans rappeler, cela dit, une image datant de l’hiver dernier… On est à Chicago, souvenez vous, Lori Lightfoot, femme, noire, et homosexuelle, vient de remporter les clés de la ville. Elle aussi embrasse sa compagne à la tribune… Et leur photo, là encore, fait le tour des réseaux sociaux… Alors, je sais, deux mairies, mêmes importantes, ça nous fait pas la révolution arc-en-ciel. Le concours de testostérone, dans les lieux de pouvoir, ça marche encore et même très fort… Mais au milieu de tous ces mâles alpha qui se tirent la bourre à coup de « c’est moi qui ait la plus grosse » – mèche- et c’est toi qui a la femme la plus moche, disons que c’est le petit vent de fraîcheur fait du bien. 

Quand une humoriste américaine tacle Harvey Weinstein, le « Freddy Krueger de la salle »

Le tacle de la semaine, on le doit à une humoriste américaine, Kelly Bachman. Elle fait son numéro de stand up habituel, à l’Actor Studio, scène ouverte new-yorkaise… Comme le veut l’exercice, elle interpelle le public, s’amuse avec lui, joue, relance, improvise, charrie. 

Sauf que, balayant la salle du regard, elle s’arrête, net, devant cet homme, massif, ombrageux, petits yeux enfoncés dans un visage buriné … Si je vous dis : 93 plaintes pour agression, viol, ou harcèlement, vous me dites ? Harvey Weinstein évidemment… Qui pensait pouvoir passer une soirée pépouse entre amis, comme avant, à deux mois de son procès… Perdu !

Aïe aïe aïe, ça pique, Harvey ? Les temps changent… Quand on pense qu’il y a, quoi ? Même pas deux ans… Il aurait pu la violer peinard, cette petite grue… 

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