Notre homme est un peu habité, un poil perché, encore qu’il soit nul en athlé. Qui sait peut-être qu’à une autre époque, on lui aurait mis des fers aux pieds.

Quand il a une plage de libre, il apprend le coréen.

Quand il veut trouver le calme en lui, il prend un balai, un chiffon, il fait le ménage. Une certaine notion de la détente. Mais c’est plus fort que lui. Ca remonte à loin, cette manie. Une fois il était petit. Il a voulu nettoyer le pare-brise de la voiture de ses parents. Fallait faire vite, on était en retard pour l’école. Et ça, non, il aime pas. Alors il s’énerve, alors il s’agite, il prend ce qui lui tombe sous la main. Pas de chiffon, non, un caillou. Et il appuie bien sur la vitre, à gauche, à droite, en haut, en bas, ça raye je sais, mais ça nettoie. Il était pas dans son assiette, faut dire, c’est ce qu’on appelle une sale journée : le petit venait de perdre son doudou, hippo sans nom, oui mais une âme, et une grande âme d’hippopotame… 

Sans lui, le gamin était perdu. Sans lui, rien n’était bienvenu.

Un passant qui passait, le petit garçon l’a engueulé. Le passant en passant, avait jeté nonchalamment un mégot sans même regarder… Tsss… Il déteste l’incivilité. Le garçon est un peu justicier, et parfois même brûlée. Qui sait peut-être vous l’apercevrez, sur le trottoir, gesticuler… Notre homme est un peu habité, un poil perché, encore qu’il soit nul en athlé. Perché, athlé. Hmmm, vous l’avez ? On enchaîne. Ah oui, tiens, des chaînes, qui sait peut être qu’à une autre époque, on lui aurait mis des fers aux pieds. « Certains disent qu’on est des monstres, des fous à électrocuter, d’autres pensent qu’on est les plus belles choses de ce monde ». Et ça, c’est sa phrase préférée.

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