Une femme trans va participer au concours Miss US, une première dans le pays. Sur la côte Est, une vieille femme japonaise a mis KO son agresseur raciste, tandis que la parole se libère chez les étudiantes au Royaume-Uni.

Capture d'écran du compte Instagram de Kataluna Enriquez
Capture d'écran du compte Instagram de Kataluna Enriquez

La femme de la semaine s’appelle Kataluna Enriquez. Rien qu’avec ce nom, on décolle déjà. De plus, elle est belle, très belle… La nouvelle Miss Silver State USA, c’est elle. Elle va pouvoir concourir au titre de Miss US avec ce titre. À 27 ans, à peine, elle rentre dans l’histoire puisqu’elle est, par ailleurs, ouvertement trans. 

Jamais une personne trans n’avait remporté un concours de beauté hétéro-généraliste aux États-Unis 

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Donc le monde bouge, donc les droits des minorités avancent, et ceux des femmes aussi – en général, cela marche ensemble. Mais c’est toute l’ambiguïté de cette période qui est la nôtre : on est capable de faire un pas en avant ET un pas en arrière simultanément. Oui, c’est une prouesse.

Un pas en avant, un pas en arrière...

Au cours de la même semaine, dans le même pays, la Cour suprême du Minnesota a rendu un jugement qui pourrait faire jurisprudence : un homme, accusé de viol, ne peut pas être condamné si la plaignante a volontairement bu trop d’alcool pour donner (ou pas) son consentement. 

La question est : comment fera-t-elle pour prouver qu’elle ne voulait pas boire au point d’être dans les vappes et qu’on l’aurait donc possiblement incitée à le faire, et donc potentiellement violée dans la foulée ? La réponse c’est qu’évidemment, elle ne pourra pas jamais le prouver. C’est parfait : les vaches seront bien gardées, et les violeurs bien protégés. 

5 800, le chiffre de la semaine

C’est le nombre de témoignages d’agressions sexuelles ou de viols déposés par des étudiants britanniques sur le site Everyone’s invited. Tout le monde est invité. Invité à partager, pour ne plus subir. À dire, pour que ces violences cessent. 

À l’origine de ce mouvement, une jeune femme, Soma Sara. Elle a 22 ans, elle est élève du prestigieux University College of London, et, en juin dernier, elle raconte en ligne son histoire. Histoire affreusement banale d’agression en milieu étudiant, sauf qu’elle décide dans la foulée de lancer ce site et d’appeler ses camarades à faire comme elle. Semaines après semaine, ce qu’on y lit, ce sont des filles qu’on a droguées, des jupes qu’on a arrachées, des mains qui se sont plaquées et plus si affinités… 

D'Édimbourg à Westminster, ce sont les établissements les plus cotés du Royaume Uni qui sont éclaboussés

Pour l’instant, les établissements font globalement la sourde oreille. Ou, s’ils réagissent, disons qu’ils le font assez mollement. Mais devant l’ampleur de la vague, la police britannique a décidé d’agir. Une enquête est désormais ouverte et à très grande échelle. Un lien direct pour porter plainte auprès des forces de l’ordre pourrait bientôt être disponible directement sur le site de Soma Sara.

Et ce vent de révolte, dans les grandes écoles, ne semble pas près de s’arrêter. Il a touché la France cet hiver avec le hashtag #SciencesPorc et il est en train de déferler sur l’Australie

Une femme âgée se défend d'une agression raciste à San Francisco

La vidéo, capturée dans les rues de San Francisco, dévoile une après-midi ensoleillée. Un homme, grand, blond, blanc, sur un brancard, la bouche en sang. Une femme, assez âgée, œil au beurre noir, une poche de glace sur le front, des cordes vocales solides. 

"Il m’a agressée, comme ça, il m’a frappée".  Voilà ce que Xiao Zhen Ze crie à la police. À 76 ans, elle vient de mettre KO, à coups de bâtons, celui qui avait eu la mauvaise idée de s’approcher d’elle. Steven Jenkins, lui, semble-t-il, n’en était pas à son coup d’essai. Un peu plus tôt, dans la journée, il avait agressé une autre personne âgée (oui, on est sur un homme de type courageux), tout aussi asiatique, sa première victime.

Et de fait, aux Etats-Unis, depuis le début de ce que Trump appelait le « virus chinois », les attaques contre les personnes issues de cette communauté se multiplient. Sauf que là, pas de bol, raté, mauvaise pioche, c’est l’agresseur qui finit sur un brancard. Quand on vous dit qu’il est fini, le vieux monde, aujourd’hui, quand on vous dit qu’il ne faut pas trop chauffer les meufs, aujourd’hui…

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