Pas son genre change de formule pendant le confinement et devient "Unique en son genre", une heure de récits de vie. Pour ce premier jour de reconfinement, Clément Grobotek, tatoueur vient raconter son parcours d'ancien escort boy et militaire.

Et approche-toi, regarde-moi, tu veux que je me tourne un peu vers toi ? Et si je me cambre, c’est mieux comme ça ? Non, non, dis-moi, ce que tu veux toi, tu sais que je suis là pour ça ? Oh non, je te jure, ça ne me dérange pas, avec moi le client est roi. Tu me regardes et ça me va, tu me désires, ça me fait sourire, et quand tu jouis, je me sens jolie. Alors demande-moi ce que tu veux, je suis qui tu veux, quand tu veux, ce que je veux, moi, je sais pas. Peut-être que je l’ai jamais su, c’est pour ça qu’j’me suis pas perdue, pour ça faudrait que je me sois trouvée, qu’j’ai eu l’impression d’exister, être quelqu’un, quelqu’un de bien, dis, tu veux pas être mon copain ? 

A force on est devenus amis. Toi tu aimais bien me parler, et moi j’aimais bien t’écouter. Ensemble on pouvait oublier, que nous c’était du tarifé. Toi tu payais, moi je partais, j’avais acheté ma liberté, je comptais bien en profiter, toi tu savais que je reviendrai. Y avait pas de raison d’arrêter, après tout les intermittences, du cul, font le sel de l’existence, du coup, nous on y prenait goût.

Alors je sais pas ce qu’il s’est passé. Un beau jour j’en ai eu assez. Je me suis levée, j’étais voûtée, à l’intérieur, j’étais ridée, blessée, éraflée, éreintée. Vingt ans c’est tôt pour être usé. Ce matin là, j’ai dit arrête. Sors toi de là, relève la tête. Je sais que t’as la gueule de bois. Mais ouvre les yeux, allez, mieux que ça. Regarde ce qui t’attend là bas, ça s’appelle la vie devant soi. 

Invité 

Clément Grobotek, tatoueur, il raconte son passé d'escort boy et de militaire dans "Moi, j'embrasse", édité chez Plon, en juin.

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