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ministre © Radio France

En chinois, 臣 « chen ». Le caractère fait un peu penser à la lettre « E » majuscule. Mais comme tout pictogramme, sa version moderne est en réalité tirée d’un dessin primitif - en l’occurrence, le dessin d’un homme à la tête baissée, inclinée vers la poitrine, les mains au sol et les genoux pliés à terre. C’est en fait la position dans laquelle les ministres devaient se présenter devant leur souverain dans la Chine féodale. A quatre pattes par terre.

Et à vrai dire, on peut les comprendre. L’empereur de Chine était tout de même supposé être le « Fils du Ciel » - ça pose un homme tout de même ! Logique, donc, que l’empereur exige des hauts-fonctionnaires de son empire une dévotion absolue.

Et l’idée de cette dévotion absolue vient notamment de la pensée de Confucius, 6ème-5ème siècles avant Jésus-Christ. Alors qu’est-ce qu’il nous dit, ce bon Confucius – « Kongfuzi », en chinois - le maître Kong. Il parle beaucoup de soumission. « La soumission au souverain est la clé de la cohésion du pays , disait-il, comme la soumission au père celle de l’unité de la famille… » Alors je vous l’accorde, à première vue, on ne peut pas dire que ce soit très subversif, comme philosophie. Mais sa pensée est un petit peu plus subtile que ça.

Car si le ministre doit bien la dévotion au souverain, en retour, l’empereur doit faire preuve d’une vertu irréprochable. Et il revient justement à ses ministres, même s’ils sont toujours à quatre pattes par terre, de faire des remontrances à l’empereur s’il lui prend l’envie soudaine de massacrer son peuple, ou d’autres lubies du même acabit.

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