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theatre © Radio France

Hier soir s’est ouvert la 65ème édition du Festival d’Avignon. Le mot du jour est donc théâtre.

Théâtre, en chinois, « xìjù »(戲劇 pour la version traditionnelle, 戏剧 pour la version simplifiée) . Deux caractères. Le second, « ju » (劇), c’est le drame. Un caractère composé de trois signes : à droite, on a l’idée du couteau (刀), ou de l’épée, qui laisse penser à une confrontation ; et à gauche, deux signes qui s’entremêlent, celui du tigre (虍) et celui du cochon (豕).

L’autre caractère qui forme le mot théâtre, c’est « xi » (戲), qui veut dire jouer, s’amuser. Il est sans doute lié à la transformation du théâtre en art de cour à part entière. Du coup, dans le caractère « xi », on a le signe d’une hallebarde, (戈) qui rappelle l’idée de la confrontation – plus martiale, cette fois. On retrouve aussi le pictogramme du tigre, comme un reliquat. Et le troisième élément, ce n’est cette fois pas un cochon mais un légume (豆) !

Au XXème siècle va finalement être importé d’Occident le « huaju » (话剧) - « Hua » (话), c’est la parole.

Les choses vont radicalement changer dans les années 60, avec le Révolution culturelle. C’est l’époque où l’épouse de Mao, Jiang Qing, décide de prendre en main la politique culturelle du pays. Toute forme théâtrale, en fait, est éliminée, à l’exception des « yàngbǎnxì » (样板戏) - « xi », le théâtre et « yàngbǎn », le modèle, le standard – un modèle édicté par Madame Mao elle-même, à savoir des comédies musicales kitschissimes saturées de valeureux prolétaires qui brandissent leur petit livre rouge à chaque réplique.

Aujourd'hui, l'art dramatique en Chine est heureusement beaucoup plus libre, même si la censure du Parti veille.

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