jasmin mieux
jasmin mieux © Radio France

Aujourd’hui, au Caire, plusieurs milliers de manifestants sont attendus place Tahrir pour demander des réformes qui tardent à arriver. Ce qui nous replonge dans ce printemps arabe qui a commencé avec la Révolution dite de Jasmin en Tunisie « Jasmin », ce sera le mot du jour.

Jasmin, en chinois, "mòlìhuā " : Trois caractères, le premier, « mò » (茉) est tiré du dessin d’une branche d’arbre 末). Il désigne l’extrémité, l’aboutissement. Le second caractère, « lì » (莉), est composé de deux dessin : celui d’un épi de céréale et celui d’un couteau. A partir de cette idée de moisson, « lì » (利) désigne le profit et, plus globalement, ce qui est favorable.

« Huā » (花) enfin, c’est la fleur ce qui fait du jasmin, « mòlìhuā » , la « fleur qui porte les aboutissements favorables ». Plutôt pas mal pour désigner une révolution !

D’autant que le sens caché du caractère de la fleur, en chinois, dépasse largement le cadre de la botanique. Dans la partie supérieure, on a certes un signe « cao » (艹) qui désigne l'herbe les plantes en général. Mais en dessous, on trouve un autre pictogramme, « hua » (化), qui évoque pour sa part l’idée de changements irréversibles.

Et comment dessiner un changement irréversible, en chinois ? Eh bien en répétant deux fois le signe de l’être humain, une première fois à l’endroit (亻), et une seconde fois à l’envers, la tête en bas. C’est une évocation du changement le plus irréversible : la mort.

Une fleur n’est qu’un passage permanent. Son destin, c’est de faner, de mourir, tout en transmettant des graines qui permettront la floraison printanière. D’où la représentation de la fleur comme un échange entre les vivants et les morts. Et, par extension, comme l’idée d’un changement irréversible. Ce qui au passage, colle aussi plutôt bien à l’idée de révolution.

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