vert
vert © Radio France

Vert, en chinois, « qīng » (青). Il représente des plantes dans leur phase de développement. C’est presque une évocation du temps qui passe à lui tout seul. Dans sa partie inférieure, on a une sorte de rectangle non fermé qui fait penser à une base, c’est-à-dire des racines. Et au-dessus se trouve un trait vertical qui traverse trois traits horizontaux placés les uns au-dessus des autres, comme s’il s’en extirpait. Une évocation des jeunes pousses qui grandissent doucement, inexorablement, au fil du temps. D’ailleurs, comme dans beaucoup de civilisations, le vert est logiquement associé au matin, au printemps, ou encore à l’Est, où se lève le soleil… Si on le fait suivre du caractère « nián », l’année, on obtient la jeunesse, « qīngnián » (青年).

D’autant que le caractère « qīng » évoque un vert dont les tons sont particulièrement changeants. « Qīng », ça peut vouloir dire vert, mais aussi bleu, gris ou même noir. C’est à se le demander. Si on associe cette couleur verte, « qīng », au caractère du poisson, on obtient « « qīng yú » (青鱼)… Le poisson vert ? Eh non ! C’est la carpe noire. Pour parler d’un beau ciel bleu, on dit « « qīng tiān » (青天), c’est-à-dire « le ciel vert ». C’est à n’y rien comprendre.

Du coup, au fil de l’histoire, les lettrés chinois ont mis au point un autre caractère, « lü » (绿)… Il est graphiquement beaucoup moins loquace, mais au moins, il ne désigne, cette fois, que la couleur verte.

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