fantome
fantome © Radio France

Aujourd’hui sort dans plus d’un millier de salles en France le dernier volet d’Harry Potter. En chinois, il s’appelle Hālì Bōtè (哈利·波特). L’occasion de s’intéresser au mot fantôme.

Fantôme : En chinois, guǐshén (鬼神). Deux caractères qui désignent chacun les esprits, mais selon deux acceptions différentes. Le premier, guǐ (鬼), décline le dessin d’une forme humaine qui flotte dans l’air. Ce fantôme-là, c’est une sorte de démon. Ce terrifiant « guǐ », c’est aussi un peu l’expression de nos propres démons à nous. Par exemple, le mot « jiǔguǐ » (酒鬼) désigne l’ivrogne - littéralement le fantôme de l’alcool. De même si l’on adjoint à ce « guǐ » le caractère « sè », qui désigne les charmes féminins et par extension la luxure, on a le « sèguǐ » (色鬼), c’est-à-dire le satyre, le débauché, le maniaque sexuel.

Le deuxième caractère, shén (神), désigne un esprit beaucoup plus engageant… En réalité, bien plus qu’un fantôme, il désigne tout ce qui concerne le religieux, dans un sens animiste ou chamanique.

A gauche, le radical « 礻 » est une variante du caractère « shì » (示), soit un « T » majuscule, avec deux petits traits verticaux de chaque côté et un troisième au-dessus… Le T, c’est en fait le dessin d’un autel. Les deux traits de chaque côté, des offrandes liquides que l’on déversait pour les esprits de la terre. Et le trait du dessus, c’est la fumée des plats chauds que l’on offrait aux esprits du ciel.

La partie droite de ce caractère, prononcée « shēn » (申), est un dérivé du dessin de la foudre… Parce que qui dit foudre dit arrivée de la pluie. La pluie que l’esprit du ciel veut bien déverser sur les champs, histoire de reverdir les plaines et préparer de bonnes récoltes pour les humbles humains que nous sommes.

Durant le mois des fantômes, sont relâchés des enfers les gūhúnyěguǐ (孤魂野鬼) – littéralement les « esprits orphelins » et les « fantômes sauvages » - c’est-à-dire les malheureux esprits qui ne reçoivent pas de culte de la part de leurs descendants, et ceux qui ne sont pas en paix parce qu’ils ont mal agit durant leur vie. Du coup, au milieu du mois des fantômes, on organise des « grands pǔdù » (普度)… pǔ, qui veut dire général, et dù, la considération. Il s’agit de grands banquets rituels organisés dans les temples pour satisfaire ces fantômes égarés. Cette année, le grand Pudu, c’est le 14 août au soir.

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